NBA 2025/2026 : À quand la sortie du ventre mou pour les Chicago Bulls ?
SAISON NBA 2025/2026 – La NBA s’apprête à reprendre, les fans ressortent les maillots et les espoirs renaissent. Sauf peut-être à Chicago, où le brouillard reste épais autour d’un projet qu’on ne parvient plus à déchiffrer. Une franchise iconique, mais sans boussole, qui peine à choisir entre relance et reconstruction. Alors, où vont vraiment les Bulls ?
Il fut un temps où Chicago incarnait la domination absolue. Le taureau rouge était le symbole d’une ère dorée, celle de Michael Jordan, Scottie Pippen, Phil Jackson, ou encore Dennis Rodman, l’une des pages majeures de l’histoire du ballon orange. Mais plus de vingt-cinq ans après la fin de la dynastie, les Bulls peinent toujours à retrouver un véritable souffle. Il y a bien eu Derrick Rose, l’enfant de Chicago, plus jeune MVP de l’histoire de la NBA, qui a fait vibrer sa ville sous le maillot des Bulls. Son maillot sera d’ailleurs retiré et suspendu au plafond du United Center le 24 janvier 2026, à l’occasion de la rencontre face aux Boston Celtics.
January 24, 2026 🌹
Join us for Derrick Rose Jersey Retirement Night when we officially add No. 1 to the United Center rafters. pic.twitter.com/WvuNMEwWkn
— Chicago Bulls (@chicagobulls) August 21, 2025
Mais depuis plusieurs années, les fans des Bulls ont le droit au fameux ventre mou de la ligue. Ni assez faible pour repartir à zéro par une reconstruction via la draft, ni assez fort pour inquiéter les cadors de la conférence est. Chicago vit une éternelle saison d’entre-deux. Alors que d’autres franchises ont choisi de tout raser pour mieux reconstruire, les Bulls semblent figés dans une posture conservatrice, coincés entre respectabilité et résignation. Combien de temps encore Chicago acceptera-t-il cette stagnation ? Quelle voie permettra enfin de sortir de ce ventre mou qui étouffe l’espoir ?
Des projets qui n’ont jamais pris… et qui bloquent aujourd’hui.
Le constat est clair : depuis la saison 2010-2011, celle où les Bulls s’étaient inclinés en finale de conférence face au Miami Heat, saison qui avait valu à Derrick Rose le titre de plus jeune MVP de l’histoire, les fans de Chicago n’ont plus vraiment connu de saison « frisson ». La période Noah – Gasol – Butler a offert quelques espoirs, avec deux passages au deuxième tour des playoffs, sans jamais franchir le cap. Puis est venue, en 2017, la tentative de reconstruction autour de Zach LaVine, après le trade de Jimmy Butler. Là encore, le projet n’a jamais décollé. Cinq saisons sans playoffs ont suivi, symptomatiques d’une franchise à la recherche d’un objectif clair.

Après la période Covid, Chicago a tenté un nouveau virage, bâtir autour de Lonzo Ball, entouré de DeMar DeRozan et Nikola Vučević aux côtés de LaVine. L’idée semblait prometteuse, et pendant quelques mois en 2022, les Bulls ont effectivement tutoyé le haut de la conférence. Mais la bulle a vite éclaté, manque de défense, hiérarchie floue, blessures à répétition, et surtout celle, dramatique, de Lonzo Ball. Touché au genou, le meneur a enchaîné les rechutes, manquant quasiment deux saisons entières avant de rejoindre récemment les Cleveland Cavaliers. Résultat, sur les trois dernières années, Chicago a échoué à trois reprises en play-in, toujours face au même bourreau, le Miami Heat. Comme un symbole, puisque c’est déjà Miami qui, en 2011, avait brisé le rêve de finale NBA du jeune Derrick Rose.
Une éclaircie en fin de saison passée
Depuis deux saisons, Chicago navigue autour des 40 victoires, l’exacte définition du ventre mou. Trop de talent pour viser les premiers choix de Draft, pas assez pour se mêler à la lutte des grandes équipes. C’est sans doute le syndrome le plus frustrant pour une équipe en NBA, la stagnation. Ni désastre, ni miracle, juste une succession de saisons moyennes. Lonzo Ball devait pourtant être la clé du projet. Par sa vision du jeu, sa défense et sa gestion du tempo, il incarnait le liant parfait d’un effectif talentueux, mais souvent désordonné. Sa grave blessure au genou a tout figé, sans lui, la circulation de balle s’est délité, la défense s’est fragilisée. Lonzo Ball est devenu le miroir parfait de ces Bulls, prometteurs, mais une équipe incomplète.
BREAKING: The Chicago Bulls are trading Lonzo Ball to the Cleveland Cavaliers for Isaac Okoro, sources tell ESPN. pic.twitter.com/W0FTrRhe7y
— Shams Charania (@ShamsCharania) June 28, 2025
La saison dernière s’est terminée sur un bilan de 39 victoires pour 43 défaites, une 9ème place à l’est et une nouvelle désillusion en play-in, encore une fois face au Miami Heat. Pourtant, tout n’a pas été morose. Après une première moitié de saison poussive, Chicago a affiché un tout autre visage après la trade deadline, un jeu plus fluide, plus rapide, incarné par la montée en puissance de Coby White (élu joueur du mois de mars) et l’apport de Josh Giddey. Le collectif a semblé enfin trouver une identité, rythme élevé, adresse extérieure, tirs en première intention. Une éclaircie qui a ravivé, un temps, l’enthousiasme des fans. Mais cette embellie pourrait n’avoir été qu’un feu de paille. Peut-être le simple effet d’une équipe libérée, sans véritable pression de résultat. Les limites sont vite revenues, le match couperet à domicile face au Heat l’a rappelé cruellement. Plus expérimenté, Miami a su étouffer l’énergie de Chicago et exposer ses failles, notamment son manque de maturité collective.
Et maintenant, on fait quoi ?
Après s’être séparé de Zach LaVine, DeMar DeRozan et plus récemment de Lonzo Ball, on pouvait s’attendre à un été mouvementé du côté de Chicago. Finalement, le chantier n’a jamais vraiment eu lieu. Très peu de mouvements, si ce n’est la prolongation de Josh Giddey, révélation de la deuxième partie de saison. Une décision logique, mais qui donne paradoxalement l’impression d’un mercato d’équipe sortie d’une saison réussi, alors que les Bulls sortent encore d’un exercice globalement décevant.

Aucun nouveau souffle non plus du côté des cadres, Nikola Vučević n’a pas été prolongé (et est free agent dans un an), et Coby White, pourtant moteur du renouveau printanier, n’a pas encore signé d’extension. Lui aussi pourrait tester le marché l’été prochain. L’avenir paraît donc flou. À noter l’arrivée du rookie français Noa Essengue, qui pourrait grappiller quelques minutes dans la rotation, en concurrence avec Matas Buzelis et Patrick Williams sur le poste 4, voire sur le poste 3 en cas de blessure.
Côté staff, Billy Donovan a été prolongé, récompensé pour la bonne dynamique de fin de saison. Les Bulls semblent donc miser sur la continuité, s’appuyer sur le duo Giddey – White, maintenir le tempo rapide et le jeu en mouvement aperçu ces derniers mois. Okoro, nouvelle recrue, pourrait apporter de la défense et du liant dans la transition, mais dans une équipe déjà fragile défensivement, son impact risque de pas être suffisant.
Un projet sans visibilité, entre prudence et peur du vide
Le problème, c’est qu’on ne sait pas où va cette équipe. Entre les joueurs éligibles à une extension, ceux en fin de contrat et un effectif sans hiérarchie claire, le projet Bulls manque cruellement de lisibilité. Que restera-t-il de ce groupe au 1er mars, date limite des transferts ? Tanker pourrait paraître logique. L’effectif n’est pas vieux, mais il n’a pas non plus le potentiel d’une équipe du top 4. Pourtant, tout indique que le front office ne veut pas de ce scénario. Les signes sont là, Vučević n’a pas été échangé, Coby White est toujours là, Patrick Williams aussi. Bref, aucune rupture nette, aucune direction franche.
COBY WHITE DROPS A CAREER-HIGH 44 PTS!
🔥 16-28 FGM | 7-15 3PM | W 🔥 pic.twitter.com/WM33lUvIsL
— NBA (@NBA) March 7, 2025
La Draft 2026 s’annonce très relevée, avec plusieurs prospects à fort potentiel. C’est peut-être l’année idéale pour plonger, si tant est qu’on ait le courage de le faire. Artūras Karnišovas et Marc Eversley continuent d’afficher le même discours : « rester compétitifs ». Une approche prudente, presque conservatrice, qui empêche toute vraie refondation. Mais cette volonté de stabilité devient un piège, Chicago s’enlise dans la moyenne, cette zone où l’on gagne trop pour reconstruire, mais pas assez pour rêver. D’autres franchises ont osé. Oklahoma ou Houston ont accepté de tout casser pour rebâtir une identité. Trois ans plus tard, elles ont retrouvé un cap, une cohérence. Chicago, lui, reste dans l’attente. Prisonnier d’un entre-deux qui n’a plus rien de stratégique, juste confortable. Et si le véritable risque, aujourd’hui, n’était plus de perdre, mais de continuer à ne pas vraiment exister ?
Repartir à zéro ? C’est risqué. Continuer comme aujourd’hui ? C’est l’assurance d’une lente érosion. La vraie question, au fond, n’est plus « à quand la sortie du ventre mou ? », mais bien « auront-ils enfin le courage d’y renoncer ? » Il n’est pas trop tard pour franchir ce pas. Coby White, qui n’a pas souhaité prolonger et vise un gros contrat en 2026, pourrait signer une saison pleine de statistiques avant de tester le marché. Nikola Vučević, lui, garde encore une certaine valeur d’échange. Les leviers existent, à condition d’oser les actionner. Car Chicago n’est pas une franchise comme les autres. C’est une ville mythique, avec une fanbase immense, un emblème de la NBA. Les Bulls peuvent redevenir une destination attractive, mais cela passe d’abord par un projet clair, une identité assumée. Le ventre mou n’est pas une fatalité. C’est une transition. Encore faut-il savoir dans quelle direction on veut en sortir.



