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Biathlon

La question qui fâche : Lombardot doit-il remplacer Jacquelin sur le relais masculin des JO 2026 ?

Flo Ostermann

Publié le

La question qui fâche Lombardot doit-il remplacer Jacquelin sur le relais masculin des JO 2026
Photo Icon Sport

Oscar Lombardot ou Émilien Jacquelin ? Le relais masculin français face à un choix clé avant les JO 2026. Analyse et débat.

Il y a des débats que l’on préfère repousser. Par confort. Par fidélité. Par respect aussi. Et puis il y a ceux qui finissent par s’imposer d’eux-mêmes, à force de faits, de signaux faibles et de petites alertes ignorées trop longtemps. La place d’Émilien Jacquelin sur le relais masculin français en fait désormais partie.

Car derrière l’euphorie de la victoire tricolore à Ruhpolding ce jeudi, une évidence dérangeante s’est glissée dans le paysage : l’équipe de France a gagné sans lui. Mieux encore, elle a gagné avec sérieux, maîtrise et sang-froid. Tout ce que l’on demande à un relayeur sur une course olympique. Et celui qui a incarné ces vertus jeudi s’appelle Oscar Lombardot.

Jacquelin, un talent immense, mais un passif collectif qui interroge

Personne ne remettra en cause le palmarès ni la valeur intrinsèque d’Émilien Jacquelin. Double champion du monde de la poursuite, leader charismatique, capable de coups d’éclat spectaculaires, il reste l’un des biathlètes français les plus talentueux de sa génération. Mais le relais n’est pas une épreuve comme les autres. Il ne pardonne pas l’irrégularité. Il amplifie la moindre faille mentale ou technique.

Or, ces dernières saisons, le passif de Jacquelin sur les relais s’est chargé de zones d’ombre. Des tirs sous tension, des pioches qui s’enchaînent, parfois des tours de pénalité qui plombent le collectif. Trop souvent, le deuxième relayeur français est devenu un point de crispation plutôt qu’un maillon rassurant. À Oberhof, la semaine passée, son passage cauchemardesque a laissé des traces. Pas forcément au classement, la France ayant pris la deuxième place, mais surtout dans les têtes.

Bien sûr, chaque contre-performance s’explique : fatigue, maladie, souci matériel, contexte particulier. Mais à l’approche des Jeux Olympiques, les explications ne suffisent plus. Le relais olympique ne récompense ni le statut ni le passé. Il sacre les plus fiables à l’instant T.



Lombardot, la fiabilité sans bruit, mais avec des résultats

À Ruhpolding, Oscar Lombardot n’a pas fait de vague. Et c’est précisément ce qui a frappé. Aligné de dernière minute suite au forfait de Jacquelin, il a livré un relais propre, appliqué, sans trembler au tir, exactement ce que le collectif attendait. Pas un exploit individuel, mais une performance collective réussie. Le tout sans discours grandiloquent à l’issue de la course.



Ce n’est pas la première fois que Lombardot répond présent lorsqu’on fait appel à lui. La saison dernière, sur le relais masculin victorieux de Nove Mesto, en République tchèque, il n’avait eu recours à aucune pioche. À chaque titularisation, le constat est le même : un biathlète concentré, discipliné, respectueux du cadre, capable d’absorber la pression sans s’y perdre. Là où Jacquelin fonctionne souvent à l’instinct et à l’émotion, Lombardot incarne une forme de froideur rassurante sur ce format collectif.

Dans un relais olympique, cette qualité vaut de l’or. Parce que l’enjeu n’est pas de briller seul, mais de ne pas faire perdre les autres.

Faut-il oser bousculer la hiérarchie ?

La question dérange parce qu’elle touche à l’affectif. Jacquelin est un visage du biathlon français, un champion aimé, parfois clivant, souvent spectaculaire. Le sortir du relais serait un signal fort, presque brutal. Comme ce fut le cas lors des Mondiaux de Lenzerheide l’an dernier, lorsqu’il avait été mis sur la touche au profit d’Émilien Claude. Mais le sport de haut niveau ne vit pas de symboles. Il vit de décisions.

À un mois du relais des Jeux de Milan-Cortina, l’équipe de France n’a plus le luxe d’expérimenter dans l’urgence. Elle doit construire un relais capable de résister à la pression maximale. Et aujourd’hui, les faits plaident pour Lombardot : constance, sérieux, fiabilité au tir, intégration parfaite au collectif.

Cela ne signifie pas condamner Jacquelin. Cela signifie accepter une réalité inconfortable : le relais masculin français semble plus solide sans lui, du moins dans sa configuration actuelle.

Lucidité plutôt que loyauté aveugle

Ce débat n’est ni un procès ni une prise de position définitive. C’est un appel à la lucidité. Soutenir les biathlètes français, ce n’est pas protéger ses champions de toute remise en question. C’est au contraire exiger le meilleur cadre possible pour aller chercher l’or olympique.

Si Oscar Lombardot continue d’apporter des garanties quand Émilien Jacquelin continue d’enlever de la sérénité au collectif, alors la question ne sera plus polémique. Elle sera simplement sportive. Et dans le sport de haut niveau, le sérieux finit toujours par s’imposer face au prestige. Cela, le staff des Bleus, Simon Fourcade en tête, semble l’avoir bien compris.

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2 Commentaires

2 Commentaires

  1. Avatar

    Jean-Luc

    17 janvier 2026 à 14h32

    Emilien Jacquelin est un très bon biathlète mais la régularité ne fait pas partie de ses qualités, à l’instar d’un Ponsiluoma ou d’une Tandrevold. Sur un bon jour il sera supérieur à Oscar mais sur un mauvais jour il lui sera inférieur. Reste à savoir si le pari vaut le coup ou pas. C’est le job de l’encadrement.

  2. Avatar

    Bernard Michaud

    17 janvier 2026 à 13h38

    Emilien Jacquelin n’est plus un bon biathlète depuis 3 à 4 ans, il a été le luky luke du biathlon français mais s’est transformé en looser prétentieux. Ce type, capricieux et caractériel, n’à plus sa place en équipe de France et ce serait une faute professionnelle de l’encadrement de le favoriser par copinage.
    La France a de la chance d’avoir de jeunes remplaçants de talent il faut leur faire confiance avant qu’ils ne changent de nationalités sportives. Il en va de même pour Quentin et Justine mais eux méritent qu’on leur laisse une chance pour leurs derniers JO.

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