La trop courte histoire de Pape Diouf à l’OM
En ce 1er avril 2020, le football français est endeuillé par la disparition d’un grand président de l’Olympique de Marseille. Victime du Covid-19, Pape Diouf est décédé à l’âge de 68 ans. Il aura dirigé l’OM de 2005 à 2009, laissant une empreinte forte sur le club phocéen et ses supporters.
Un connaisseur au caractère OM
Selon José Anigo, ancien directeur sportif de l’OM, « Hormis Tapie, c’était le président qui connaissait le mieux le foot ». Et quand on est président de l’Olympique de Marseille, il vaut mieux avoir les reins solides dans cette ville qui respire le football et l’OM. Pape Diouf aimait l’OM, plus que tout. Sa ville, ses supporters aussi. Ses larmes lors de l’accident de ses supporters, et la mort tragique d’Imad et Lahcen en direction du Havre en 2008 ont marqué les esprits. Quand on vit quelque chose de fantastique, on ne peut pas se retenir.

Lors d’un déplacement au Havre en 2008, les supporters de l’OM seront victimes d’un terrible accident sur l’autoroute – AFP
Plusieurs fois, pendant ses années de présidence, Pape Diouf aura montré sa force de caractère. Digne d’un président de l’OM. Sa gestion de l’affaire « Santos » lors de l’affrontement avec les forces de l’ordre dans les tribunes à Madrid, lors du match de Ligue des Champions face à l’Atletico Madrid en 2008. Son opposition avec Lyon et Jean-Michel Aulas sur les cas Ribéry et Ben Arfa, lorsqu’il est monté au créneau contre ses joueurs un soir de mars 2008, lors de l’élimination de la Coupe UEFA face au Zénith (« les vizirs et nababs »). Car oui, en plus d’un fort caractère, Pape Diouf savait communiquer. Il nous inspirait avec un français exceptionnel, maniant les mots à la perfection. C’était ça aussi, Pape Diouf.
Les minots au Parc des Princes !
Et bien sûr, comment ne pas penser à ce coup de trafalgar lors de la saison 2005/2006, où Pape Diouf, en protestation contre le quota de places réservées aux supporters marseillais et la sécurité sur place non assurée, décide d’envoyer la réserve au Parc des Princes face au PSG pour le Clasico ! Du jamais vu sur le match le plus important de la saison dans l’histoire du football français. Nous avons tous cette image en tête à la fin de la rencontre des « minots » marseillais fêtant le 0-0 comme une victoire. Tour de force réussi par ce grand président, sans aucun doute.

Exploit des « minots » marseillais le 5 mars 2006 au Parc des Princes, un 0-0 synonyme de victoire – AFP
Parti au mauvais moment
Côté sportif, le président marseillais n’aura rien gagné sur la Canebière. Enfin si, quand même. Il aura largement préparé le terrain à Didier Deschamps, qu’il a recruté, pour remporter le titre de champion de France de 2010. Lorsque Pape Diouf a récupéré l’OM, le club était en mauvaise posture financière. Durant son passage, le président marseillais devra faire avec les moyens du bord. Tout en répondant sportivement aux exigences fortes du public marseillais. De la mise sur un plateau de Drogba (avant d’être président, en tant qu’agent), à Ribéry en passant par Nasri et Djibril Cissé, Mandanda, Cana, Valbuena, Pagis, Hilton, Maoulida, Cheyrou, Taiwo entre autres. Pape Diouf aura réussi à consolider un effectif avec un budget limité.
Que dire du magicien belge Eric Gerets, encore adulé aujourd’hui dans la ville phocéenne. Enfin, Pape Diouf est le dernier président de l’OM à avoir envoyé son club 3 fois de suite en Ligue des Champions. Quand on voit les difficultés olympiennes depuis, ce n’est pas rien. Pape restera à jamais dans le cœur des Marseillais comme l’un des grands artisans de l’histoire du club.

Le recrutement de Didier Deschamps au poste d’entraîneur de l’OM aura été le dernier gros coup du président Diouf – AFP


