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Edito

Édito : nouveaux sports, durabilité, universalité… nous avons imaginé les JO 2030 à partir d’une polémique née sur les réseaux sociaux

Victor Clot-Amiot

Publié le

Édito nouveaux sports, durabilité, universalité, nous avons imaginé les JO 2030 à partir d'une polémique née sur les réseaux sociaux
Photo Icon Sport

JO D’HIVER – À quatre ans des Jeux Olympiques dans les Alpes françaises, Dicodusport a imaginé un format plus universel tout en répondant à une polémique apparue sur les réseaux sociaux.

Les Jeux Olympiques de Milan-Cortina se sont achevés ce dimanche et ceux des Alpes françaises pointent déjà le bout de leur nez. Pendant quinze jours, les réseaux sociaux ont été le théâtre d’expressions multiples sur ce qui a fonctionné… et, plus souvent encore, sur ce qui aurait dysfonctionné. Du moins en théorie. Chez Dicodusport, une conviction s’est imposée face à certaines critiques très françaises que nous avons vu fleurir çà et là.

Sans nous contenter de livrer un simple avis, nous avons réfléchi à un modèle susceptible de renforcer le caractère universel des Jeux Olympiques, en grande partie compatible avec la Charte olympique et la politique du CIO. Nous avons ainsi veillé à ne pas modifier le nombre total de participants (hors sports additionnels), à ne pas ajouter de disciplines nécessitant d’importants chantiers, à maintenir l’équilibre entre les hommes et les femmes et à permettre à de nouvelles nations de briller aux Jeux Olympiques. Cette réflexion est née d’une fausse polémique.

La fausse polémique du patinage de vitesse et du short-track

C’est un débat qui revient comme un marronnier tous les quatre ans : « ce n’est pas normal que les Pays-Bas soient sur le podium du classement des médailles grâce à un seul sport ». Unpopular opinion : soyons clairs, il s’agit d’une critique infondée, souvent formulée par des pseudo-spécialistes recrutés en CDD le temps de quinze jours. Si les Néerlandais ont effectivement surperformé cette année en short-track, faut-il rappeler que leur domination sur l’anneau de glace est moins écrasante qu’il y a dix ans ? Les Bataves ont certes décroché 11 des 36 médailles en jeu cette année, mais on reste loin des 23 médailles (sur 35) remportées en 2014. Surtout, deux éléments sont trop souvent oubliés :

  • Premièrement : le patinage de vitesse et le short-track sont deux disciplines distinctes. En France, la première est rattachée à la Fédération Française de Roller et Skateboard, tandis que la seconde dépend de la Fédération Française des Sports de Glace. Le patinage de vitesse se dispute sur un anneau de glace de 400 m, en contre-la-montre, quand le short-track se déroule sur une piste de 111 mètres, en confrontation directe, avec des patins et des logiques de course différents.
  • Deuxièmement : sans le biathlon, la France pointerait à peine aux portes du top 15 du classement des médailles. A-t-on entendu pour autant une demande massive de réforme du biathlon ?

Alterner certaines distances ?

Quel est le problème de voir une nation exceller dans une discipline ? La Norvège domine le ski de fond, l’Allemagne brille en bobsleigh et en luge, la France performe en biathlon. Est-ce réellement problématique ? Qu’est-ce qui empêche la France d’investir dans le patinage de vitesse et de construire un anneau de glace ? Bonne question. En revanche, on imagine mal les Néerlandais ériger des montagnes pour espérer rivaliser en ski alpin.

Aux Pays-Bas, le patinage de vitesse est un art de vivre. Qui sommes-nous pour en juger ? Ils excellent dans leur spécialité, comme l’Ouzbékistan excelle dans les sports de combat et les arts martiaux aux Jeux d’été (24 de leurs 26 médailles en 2016 et 2024). Au-delà de la performance sportive, il s’agit d’un ancrage culturel fort.





Une remarque a toutefois retenu mon attention sur les réseaux sociaux. Elle évoquait la possibilité pour un athlète de tripler les distances (comme en biathlon, en ski de fond ou en ski freestyle), en raison de la proximité des formats — surtout en short-track. Demandez en revanche à un patineur de doubler 500 m et 10 000 m sur l’anneau… — et suggérait d’alterner certaines distances tous les quatre ans.

L’idée mérite d’être étudiée si elle permet de libérer des quotas pour introduire de nouvelles disciplines. En réalité, son impact serait limité, mais pourquoi pas si cela peut apaiser une polémique largement artificielle. Reste que l’ISU ne manquerait pas de réagir et d’exiger des ajustements dans d’autres disciplines. Dès lors, nous avons imaginé à quoi pourraient ressembler les Jeux Olympiques de 2030 avec quelques modifications ciblées sur les quotas afin d’ouvrir la porte à de nouvelles épreuves.

Quels nouveaux sports en 2030 ?

La Charte olympique est explicite : « seuls les sports qui se pratiquent sur la neige ou sur la glace sont considérés comme sports d’hiver […]. Sauf autre accord avec le COJO correspondant, les nombres approximatifs suivants s’appliqueront : concernant les Jeux Olympiques d’hiver, 2 900 athlètes ». En tenant compte des exigences de développement durable, du caractère universel des Jeux et de la volonté du CIO de fidéliser un public plus jeune, voici à quoi pourrait ressembler une édition 2030 revisitée.

Avant d’ajouter des disciplines, il convient d’abord de rogner dans celles existantes :

  • Réduire la limite à 22 joueurs par équipe en hockey sur glace (25 actuellement chez les hommes, 23 chez les femmes), quitte à autoriser des remplaçants médicaux. Économie : 42 athlètes.
  • Retirer un quota en biathlon pour les trois premiers CNO et ceux classés à partir de la 20e place. Économie : 18 athlètes.
  • Limiter les épreuves de bobsleigh, luge et skeleton à 20 équipages (22 en bob à deux masculin). Économie : 38 athlètes en bob, 0 en luge, 10 en skeleton.
  • En ski alpin, adopter un système de quotas plus transparent basé sur la présence dans le top 30 mondial sur deux saisons et limiter à 10 quotas maximum par CNO (11 actuellement). Objectif : passer de 306 à 280 engagés.
  • En combiné nordique, passer de 35 à 24 athlètes pour permettre l’introduction du combiné féminin sans supprimer la discipline. Économie : 11 athlètes.

Économie totale : 145 athlètes.

On peut ensuite envisager l’ajout de nouvelles disciplines :

Combiné nordique féminin : priorité absolue. Il s’agit aujourd’hui de la seule discipline non mixte du programme hivernal. 24 athlètes, deux épreuves.

Télémark : discipline spectaculaire rattachée à la FIS. 32 athlètes (16 hommes, 16 femmes), 5 épreuves.

Freeride : institutionnalisé depuis le rachat du World Tour par la FIS en 2023. 64 athlètes, 4 épreuves.

Ski alpinisme : en plus des épreuves prévues en 2026, ajout d’une verticale ou d’un individuel. 24 athlètes supplémentaires.

Total : 144 athlètes, soit un retour quasi à l’équilibre.

Sports additionnels envisageables :

Le cross-country

Argument clé : l’universalité. La discipline se dispute l’hiver mais nécessiterait une modification de la Charte olympique. 60 athlètes, 3 épreuves.

Le cyclo-cross

Même logique que pour le cross-country, avec une universalité moindre. 48 athlètes, 3 épreuves.

L’escalade sur glace

Dans la continuité de l’escalade aux Jeux d’été. Discipline déjà pratiquée par des athlètes iraniens, mongols ou liechtensteinois au plus haut niveau. 56 athlètes, 4 épreuves.

Le ski de vitesse

Avec Vars comme site potentiel, déjà hôte régulier des Mondiaux. 20 athlètes, 1 épreuve.

Ajout total : 184 athlètes

Le hockey 3×3, malgré son attrait, impliquerait un nombre trop important de participants (208 aux Jeux Olympiques de la Jeunesse 2024).

Des Jeux plus durables, plus universels et tournés vers la jeunesse

Au total : 3 083 athlètes au lieu de 2 900, 138 épreuves contre 116 actuellement. Un programme élargi, favorisant l’émergence de nouvelles nations (Espagne, Iran, Mongolie, Liechtenstein, Irlande, nations africaines…). En 2026, 93 délégations étaient présentes en Italie, loin des 206 nations représentées aux Jeux Olympiques de Paris 2024.

Cette projection répond également aux enjeux environnementaux. Les disciplines proposées privilégient des sites naturels existants, sans constructions lourdes : Vars pour le ski de vitesse, Les Contamines ou La Plagne pour le télémark. La concentration des épreuves à La Plagne renforcerait la cohérence logistique, la station accueillant déjà bobsleigh, luge et skeleton.

Aucune construction permanente ne serait nécessaire. Seule une structure provisoire, comme en 2024, serait requise pour l’escalade sur glace. La place Masséna à Nice pourrait servir de site central, la ville accueillant également curling, hockey sur glace et cérémonies. En cas d’ajout du hockey 3×3, la patinoire de Méribel, construite pour les Jeux de 1992 (2 500 places), serait une option crédible. Alors, qu’en pensez-vous ?

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