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Tour d'Espagne

Petra Stiasny dompte l’Angliru, Paula Blasi sacrée sur la Vuelta féminine, le podium pour Marion Bunel

Etienne Goursaud

Publié le

Petra Stiasny dompte l'Angliru, Paula Blasi sacrée sur la Vuelta féminine, le podium pour Marion Bunel
Photo Team SD Worx - Protime

VUELTA FÉMININE 2026 – Paula Blasi remporte le général à l’issue d’une montée de l’Angliru domptée par Petra Stiasny. Marion Bunel monte sur le podium du général.

Elle franchit les étapes à pas de géant ! Première participation en Grand Tour et déjà une victoire au classement général ! Paula Blasi (UAE Team ADQ) entre dans l’histoire du cyclisme espagnol, devenant la deuxième Ibérique à remporter un Grand Tour. La première sur ses terres !

Après sa révélation lors de sa victoire sur l’Amstel Gold Race, la coureuse de 23 ans confirme ses immenses progrès en haute montagne, avec une 2e place au sommet de l’Angliru, après sa 2ème place à Los Praeres la veille. L’histoire retiendra aussi qu’une Française de 21 ans est montée sur son premier podium en Grand Tour. 3e du général, Marion Bunel (Team Visma | Lease a Bike) est passée d’espoir à confirmation sur les routes espagnoles.

Ashleigh Moolman-Pasio reprend virtuellement le maillot, un trio se forme ensuite

Ashleigh Moolman-Pasio (AG Insurance-Soudal Team) profite de la première ascension, placée en début d’étape, pour reprendre virtuellement le maillot de meilleure grimpeuse. Mais pour l’emblématique Sud-Africaine, le plus dur arrive. Elle ne compte que 17 points. Elle le sait, elle devait marquer d’autres points. Malheureusement pour elle, elle va manquer l’échappée du jour. Elle tentera de contrer, mais en vain. Elle vient de manquer sa chance de monter sur le podium final. Même si elle parviendra à marquer des points en franchissant les deux autres difficultés en 4e position.

Une échappée initiée par les sœurs Markus, qui ont attaqué après cette difficulté. Femke (Team SD Worx-Protime) et Riejanne (Lidl-Trek) se sont retrouvées à l’avant, accompagnées de Liane Lippert (Movistar), qui a fait le jump quelques kilomètres plus loin. C’est quand l’Allemande a fait la jonction que le trio a pu enfin prendre du champ. Longtemps 20 secondes devant le peloton, cette échappée a pu bénéficier du bon de sortie ! L’avance est alors montée à plus de quatre minutes.

Premier écrémage dans le Tenebredo

Sans surprise, l’écrémage a eu lieu avant même l’Angliru. Avec l’Alto de Tenebredo et son dernier kilomètre à 14 %. Un sommet placé à 35 kilomètres de l’arrivée. Au sommet, l’échappée n’avait plus que 1:10 d’avance, tandis que le peloton n’était composé que d’une quarantaine d’éléments. Avant que l’écart ne remonte logiquement dans la transition vers l’Alto de l’Angliru. Un peloton qui a grossi de nouveau. Prêt pour l’ultime bagarre, prêt à déclencher l’enfer dans un des cols les plus durs d’Europe.



Franziska Koch (FDJ United – SUEZ), qui n’a qu’un mince espoir de ramener le maillot vert, a mis un point d’honneur à battre Lotte Kopecky (Team SD Worx – Protime), la porteuse du maillot vert. La Belge n’a sans doute pas appuyé à fond sur les pédales, sachant que l’Allemande devait entrer dans le Top 10 au sommet de l’Angliru pour tenter de déposséder l’ancienne championne du monde de son maillot. Neuf points séparaient alors les deux femmes. Néanmoins, la bagarre pour ce maillot aura été intense jusqu’au bout.



Les premières pentes font la sélection

Liane Lippert, sans surprise, aura été la dernière à résister à l’avant, reprise à 5 km du but. Sans grande surprise, il n’y a pas eu d’attaques dans la partie « facile » de cette ascension. Le peloton a imprimé son rythme, porté par la formation Uno-X Mobility. Première victime de ce rythme, Pauline Ferrand-Prévot, qui a joué l’équipière pour Marion Bunel. La lauréate du Tour de France a laissé filer ! Elle terminera l’étape très loin !

Dans les forts pourcentages, Gaia Realini (Lidl-Trek) est la première à déclencher les hostilités. Dans le Top 10 de la 6e étape, la jeune Italienne retrouve enfin des couleurs sur cette Vuelta. Une accélération fatale à Monica Trinca Colonel et Cédrine Kerbaol. Finalement, c’est presque naturellement que six femmes se sont dégagées. Paula Blasi, Juliette Berthet, Marion Bunel, Valentina Cavallar, Anna van der Breggen et la surprise Petra Stiasny. La Suissesse, qui n’avait pas été tant à son aise sur Los Praeres (15e), imprime le tempo et fait mal à toutes les meilleures de la Vuelta. Valentina Cavallar cède à 4,5 km du but. Mais l’Autrichienne, victime d’une grosse blessure en 2025, s’est rassurée dans un rôle de coéquipière pour « VDB ».

Marion Bunel provoque la perte d’Anna van der Breggen, Petra Stiasny prive Paula Blasi du doublé

Marion Bunel attaque et montre les premières limites de la porteuse du maillot rouge. Anna van der Breggen perd la roue de la Française. Elle perd également la roue de Paula Blasi et de Juliette Berthet ! On la pensait si forte après sa prise de pouvoir la veille, elle perdra le maillot, mais sauvera sa 2e place au terme d’un gros final. Tout l’inverse de Paula Blasi, qui déborde Marion Bunel et qui dépose la jeune Tricolore.

L’Espagnole est décidément la révélation de cette année 2026. Mais la Française vient chercher sa résurrection après une année compliquée. Elle devient la première Tricolore à monter sur le podium de la version moderne de la Vuelta, sous format d’une course à étapes d’une semaine.

Paula Blasi est loin de cette considération. Elle file vers son rêve et son premier Grand Tour dès sa première participation. Devenant la première Espagnole à remporter un Grand Tour depuis Joane Somarriba, vainqueure du Tour d’Italie. C’était il y a 26 ans. Paula Blasi n’était même pas née. En revanche, elle n’a pas fait coup double, les derniers hectomètres de l’Angliru ayant été plus pénibles.

L’Espagnole a dû composer avec le retour de la sensation Petra Stiasny, qui double Paula Blasi à 2 kilomètres du but. Cette dernière ne parviendra pas à prendre la roue. Une divine surprise pour la pure grimpeuse suisse, qu’on n’attendait pas à pareille fête ! Elle remporte de loin la plus grande victoire de sa carrière. À seulement 24 ans.

Juliette Berthet peut se réjouir de sa Vuelta tout en nourrissant des regrets. Sans sa roue bloquée lors de la 3e étape, elle aurait terminé à la 4e place du classement général. Mais elle acte son retour au plus haut niveau en haute montagne, avec la 3e place au sommet de l’Angliru. Elle sera finalement 5e du général.

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