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Ferrand-Prévot, Niewiadoma… Qui sont les favorites du Tour d’Espagne femmes 2026 ?

Etienne Goursaud

Publié le

Ferrand-Prévot, Niewiadoma - Qui sont les favorites du Tour d'Espagne femmes 2026
Photo Icon Sport

TOUR D’ESPAGNE FEMMES 2026 – Focus sur les favorites de la Vuelta, avec la participation de Pauline Ferrand-Prévot.

Pauline Ferrand-Prévot, la favorite numéro 1 du Tour d’Espagne femmes ?

Vainqueure sortante du Tour de France 2025, Pauline Ferrand-Prévot (Team Visma | Lease a Bike) aborde le Tour d’Espagne dans le costume de favorite numéro 1, en l’absence de Demi Vollering, double tenante du titre, qui tentera de conquérir le Tour d’Italie.

De son propre aveu, après une campagne de classiques ardennaises un poil en dedans (7ème de la Flèche Wallonne et 22ème de Liège-Bastogne-Liège), la Française se définit comme une grimpeuse pure, taillée pour les efforts longs. L’an passé, dans le col de la Madeleine, elle avait fait exploser tout le monde. Sur la Vuelta, même si le mythique Angliru sera le juge de paix de la dernière étape, il n’y aura pas d’efforts aussi longs. Elle devra faire la différence sur les pentes raides de Los Praeres (moins de 20 minutes d’effort) et de l’Angliru (environ 50 minutes d’effort), tout en évitant les pièges des étapes punchy en début de Vuelta, où la course peut se perdre.

Elle pourra compter sur Marianne Vos sur ces étapes piégeuses, elle qui lui avait sauvé la mise au tout début de la dernière étape du Tour, quand « PFP » avait été piégée. Et sur Marion Bunel en haute montagne, même si la jeune Tricolore est transparente en ce début de saison.

Kasia Niewiadoma, toujours en préparation ou enfin la Vuelta comme objectif majeur ?

Kasia Niewiadoma (CANYON//SRAM zondacrypto), sur le papier, c’est la challenger numéro 1, voire la co-favorite de la Vuelta avec Pauline Ferrand-Prévot. Sur le papier seulement, car la question va encore se poser : comment la Polonaise abordera-t-elle cette Vuelta ? En trois participations, elle n’a jamais fait mieux que 10ème. Cette course a été à chaque fois vue comme une préparation pour le Tour de France, dont elle est toujours montée sur le podium et qu’elle a gagné en 2024.

En forme lors des classiques ardennaises (2ème de l’Amstel Gold Race, 4ème de La Flèche Wallonne et 3ème de Liège-Bastogne-Liège), la Polonaise arrive avec de solides garanties sur ce terrain. En revanche, en haute montagne, elle avait affiché des limites dans Jebel Hafeet. Mise KO par Elisa Longo Borghini, après avoir voulu suivre la championne d’Italie, elle n’a terminé que 5ème du classement général. La Vuelta et ses deux ascensions aux pourcentages effrayants ne toléreront pas de jour sans.

Anna van der Breggen, candidate importante ou favorite du Tour d’Espagne femmes ?

Il y a une coureuse qu’il ne faudra surtout pas sous-estimer, c’est Anna van der Breggen (Team SD Worx – Protime). La Néerlandaise n’a plus le punch d’antan, mais a réalisé de très belles Ardennaises. Si elle n’est que 4ème de Liège-Bastogne-Liège, c’était sans doute la 2ème plus forte derrière Demi Vollering, impressionnante de puissance dans la côte de la Roche-aux-Faucons pour boucher près de 30 secondes sur Kasia Niewiadoma et contrer par la suite.





Pour le coup, les ascensions longues peuvent lui convenir. L’an passé, elle avait décroché en Espagne son premier succès depuis son retour professionnel, avant de prendre la 3ème place du classement général. Sa formation, avec Valentina Cavallar, Nienke Vinke (9ème l’an passé de la Vuelta) ou même Lotte Kopecky, paraît la plus solide sur le papier, surtout en haute montagne, pour accompagner la Néerlandaise de 36 ans. Ancienne meilleure équipe du monde, la Team SD Worx – Protime n’a plus son lustre de 2023 et 2024. Mais la culture de la gagne est encore bien présente chez les Néerlandaises.

Une lutte pour le Top 10 très ouverte

Derrière « PFP », des Tricolores dans le flou

Derrière les trois noms cités, la bagarre pour le Top 10, ou mieux, sera très ouverte ! Du côté des Tricolores, l’ambition de placer trois femmes dans les 10 premières du classement général est encore possible. Derrière PFP, Cédrine Kerbaol (EF Education-Oaty), 4ème en 2025, Juliette Berthet et Évita Muzic (FDJ United – SUEZ), 5ème et 10ème en 2025, sont de nouveau présentes en 2026.

Mais les trois Tricolores arrivent en Espagne avec une forme plus qu’incertaine. Cédrine Kerbaol n’a pas réalisé un très bon début de saison, avec une 7ème place du général du Tour de la communauté de Valence pour son seul Top 10 de l’année. Elle est passée à côté de Liège-Bastogne-Liège (24ème) et peine à franchir le dernier cap qui la sépare des cadors du peloton. Gênée par un virus respiratoire, Évita Muzic n’a pas pesé en ce début d’année 2026. La meilleure carte sera peut-être sa coéquipière Juliette Berthet, qui semble monter en puissance et qui sort d’une 9ème place sur Liège-Bastogne-Liège, où elle a été une coéquipière modèle.

Capable de coups d’éclat, on attend davantage Maeva Squiban (UAE Team ADQ) dans un rôle de chasseuse d’étapes. Néanmoins, elle sort d’une jolie 12ème place à Liège, après avoir pesé sur la course.

Des puncheuses qui peuvent se révéler en montagne

Il y a aussi des interrogations autour de coureuses puncheuses et de leur niveau en haute montagne. En premier lieu, Paula Blasi (UAE Team ADQ). Deuxième reine des Ardennaises derrière Demi Vollering, et vainqueure de l’Amstel Gold Race, elle a franchi un cap clair en 2026. Mais elle n’a pas de vraies références en haute montagne, malgré sa 6ème place sur le Tour de l’Avenir 2025.

Néanmoins, lors du Tour de Romandie, elle a pris la 6ème place au sommet de La Tzoumaz (12 km à 8 %), devant Juliette Berthet, par exemple. Vu le cap franchi, attention à cette jeune Espagnole qui vole sur le macadam ! Et qui aura des libertés dans son équipe.

Mêmes interrogations autour de Noemi Rüegg (EF Education-Oatly) et Monica Trinca Colonel (Liv Jayco AlUla), qui font partie des meilleures puncheuses du monde, mais avec des références plus limitées en haute montagne. Deux coureuses assez jeunes (25 et 26 ans), qui peuvent profiter de la startlist ouverte pour viser très haut dans le classement général.

Gare également à Karlijn Swinkels (UAE Team ADQ), 5ème de l’UAE Tour 2025. Vainqueure du Trofeo Alfredo Binda au mois de mars, elle a été d’une solidité sans faille sur les classiques, mais son niveau en montagne en 2026 peut susciter des interrogations.

Des interrogations sur d’autres coureuses

Eleonora Ciabocco (Team Picnic-Post NL) avait pris la 6ème place de l’UAE Tour. Mais elle n’a plus couru depuis le 15 mars et son abandon sur le Trofeo Alfredo Binda. Quel sera l’état de forme de l’un des espoirs du cyclisme italien ? Même question pour Gaia Realini (Lidl-Trek), à la peine depuis plus de deux saisons. Celle qui était parmi les meilleures grimpeuses du monde en 2023 et 2024 réalise un début de saison totalement anonyme.

La Transalpine peine à se remettre de ses pépins physiques. Lore De Schepper (AG Insurance – Soudal Team) fait également partie de cette relève qui aura des libertés en Espagne. 18ème de La Flèche Wallonne et de Liège-Bastogne-Liège, elle évoluera au sein d’une équipe dans laquelle Urška Žigart est capable du meilleur comme du pire.

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