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Tour d'Espagne

Avant le Tour de France, Pauline Ferrand-Prévot veut envoyer un message fort sur la Vuelta

Etienne Goursaud

Publié le

Avant le Tour de France, Pauline Ferrand-Prévot veut envoyer un message fort sur la Vuelta
Photo Icon Sport

TOUR D’ESPAGNE FEMMES 2026 – Pauline Ferrand-Prévot sera une des grandes favorites sur les routes espagnoles. Qu’attendre de la Français à trois mois du Tour de France ?

Fini les classiques, place aux Grands Tours ! On change de registre et de braquet, avec la montagne en ligne de mire. Il faudra vite s’adapter, avec un départ de la Vuelta dès ce dimanche 3 mai !

En l’absence de Demi Vollering (FDJ United – SUEZ), double tenante du titre mais partie chasser le rose du Tour d’Italie, tous les regards seront focalisés sur Pauline Ferrand-Prévot (Visma | Lease a Bike). Et pas seulement les Français. La vainqueure du Tour de France 2025 sera la principale favorite sur les routes espagnoles.

Sur les routes de la Grande Boucle, elle avait écrasé la concurrence dans le col de la Madeleine, théâtre de sa prise de pouvoir, avant de confirmer le lendemain à Châtel. Il y avait elle et les autres ! De quoi espérer une victoire facile en Espagne ? Ce serait faire injure à la concurrence.

Un début de saison correct mais sans coup d’éclat

Contrairement à 2025, Pauline Ferrand-Prévot aborde la Vuelta avec bien moins de jours de course : cinq contre onze. Dont une course à étapes en début de saison, sur les routes de l’UAE Tour Women. Elle a également renoncé au Trofeo Alfredo Binda, à Milan-San Remo et à l’Amstel Gold Race. En revanche, elle s’est alignée sur La Flèche Wallonne, contrairement à 2025 (7ème).

Comptablement, sans être mauvais, son début de saison n’est pas à la hauteur de celui de 2025. La malchance l’a frappée sur les Strade Bianche, éliminée sur pépin mécanique, elle n’a pas pu rééditer sa performance de l’an passé (3ème). Sur le Tour des Flandres, elle enchaîne une seconde place consécutive. Mais cette fois-ci nettement dominée par Demi Vollering. Muée en coéquipière d’une Marianne Vos tombée sur l’os Franziska Koch, elle a perdu son titre sur Paris-Roubaix, mais monte une nouvelle fois sur le podium (3ème).



Les classiques ardennaises ont montré ses limites en punch, déjà entrevues sur le Tour de France. 7ème de La Flèche Wallonne, elle n’a pas pesé sur Liège-Bastogne-Liège (22ème). On retient de ce début de saison qu’elle n’a parfois pas été si loin, mais n’a jamais pu trouver l’ouverture.



L’effet de surprise de son retour sur route est désormais passé et la championne olympique 2024 en VTT est surveillée comme le lait sur le feu. Ajoutez-y une Demi Vollering plus forte que jamais et vous obtenez un début de saison en clair-obscur.

Pauline Ferrand-Prévot a une revanche à prendre sur la Vuelta

Bonne nouvelle pour Pauline Ferrand-Prévot, la Néerlandaise ne sera pas présente en Espagne. De quoi ouvrir des portes pour la Tricolore, qui aura peut-être des envies de revanche sur les routes espagnoles. En 2025, présente sur la Vuelta, elle a rapidement abandonné, non partante sur la 5ème étape après avoir perdu du temps lors de la 4ème étape. Son programme édulcoré devrait lui apporter la fraîcheur qui lui a manqué en 2025.

En revanche, cette fraîcheur implique un manque de repères en haute montagne. Elle n’a effectué aucune ascension en compétition en 2026. Contrairement à 2025, où elle avait grimpé Jebel Hafeet, sur l’UAE Tour Women. Des références, nul doute que la Française doit en avoir à l’entraînement, notamment sur des efforts de 20 à 30 minutes.

La Française devra dompter deux montées aux pourcentages à deux chiffres

Un Tour d’Espagne femmes 2026 qui ne va pas manquer de sel, avec une arrivée au mythique Angliru, l’un des cols réputés les plus durs d’Europe. Des pentes sèches sur un col long, la dernière interrogation, peut-être, autour de la Française. Sur le Tour de France, elle a affronté et vaincu les mythiques cols de la Madeleine et de Joux-Plane.

Deux monstres sacrés du Tour de France, mais dont les pentes n’atteignent pas les 24 %, maximum de l’Angliru. Si elle a montré des limites sur les pentes courtes et raides du Mur de Huy et de la côte de la Redoute, sur un col plus long, comment la Française peut-elle digérer cette spécificité ? On n’aura la réponse que le 9 mai.

La Vuelta ne se résume pas qu’à l’Angliru. Il faudra se sortir du piège des premières étapes. On pense à la deuxième étape entre Lobios et San Cibrao das Viñas : 110 kilomètres et un toboggan sans discontinuer. La course ne se gagnera pas là, mais peut se perdre. Avec ses limites sur les efforts de punch, la Française pourrait être attaquée dès le 4 mai. La 4ème étape sera également délicate.

Si l’on évoque l’Angliru, la première arrivée au sommet pourrait être encore plus délicate pour la Française. Los Praeres, c’est moins de 4 km à 13 % de moyenne, dont deux passages à plus de 20 %. Entre 15 et 18 minutes d’effort. On s’éloigne de l’effort de punch, mais sans être totalement dans le registre de la haute montagne. Une montée prévue la veille de l’Angliru.

Le Tour de France dans un coin de la tête

Si le Tour d’Espagne est un premier gros test pour la Française, le Tour de France reste l’objectif majeur. Le doublé Tour d’Espagne – Tour de France, aucune coureuse ne l’a réussi depuis que la Vuelta a basculé au mois de mai. Demi Vollering s’y est cassé les dents à trois reprises : 2ème de la Vuelta 2023 avant de remporter le Tour, puis double vainqueure de la Vuelta avant d’échouer à la 2ème place de la Grande Boucle.

L’histoire récente a montré que le Tour d’Espagne restait un bon passage pour le Tour de France. Kasia Niewiadoma y était arrivée en préparation avant de remporter le Tour en 2024. Dans quel état d’esprit est la Tricolore ? En VTT, on sait qu’elle s’est souvent servie des manches du monde pour peaufiner sa forme en vue des Mondiaux et des Jeux olympiques, rarement aussi tranchante que lors de son objectif majeur.

De là à envisager la Vuelta comme un simple passage ? Peut-être, mais Pauline Ferrand-Prévot aura sans doute des envies de passer l’examen avec les félicitations du jury et de devenir la première Française à remporter le Tour d’Espagne.

 

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