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Tour de France : pourquoi les coureurs français ne sont que rarement dans la course au maillot vert ?

Nicolas Grasser

Publié le

Pourquoi les français ne remportent jamais le maillot vert sur le Tour de France 
Photo Icon Sport

TOUR DE FRANCE 2026 – Seulement 10 Français ont remporté le maillot vert depuis sa création en 1947, et pas seulement des sprinteurs. Pourquoi les Bleus ne sont-ils que rarement dans la course ?

Les 3 premiers sprints massifs du Tour de France 2026 ont eu lieu et il ne vous aura pas échappé que les Français ne sont pas à la fête. Anthony Turgis, 9ᵉ à Pau, Dorian Godon, 8e à Bordeaux, et Clément Russo, 8e à Bergerac ont fait de leur mieux. Ils ont même fait une bonne performance, compte tenu du fait qu’ils ne sont pas sprinteurs…

Ce n’est pas une surprise toutefois, aucun sprinteur français n’est présent sur le Tour. Symptôme d’une disette qui dure depuis 1995. Décryptons.

Démare et Coquard : ceux qui ont été les plus proches

3 fois 3e du classement par points, Bryan Coquard est un habitué de la Grande Boucle. Il est depuis des années l’un des meilleurs sprinteurs français. Pourtant, il n’a jamais remporté la moindre étape sur le Tour, même s’il est passé à quelques millimètres de la victoire face à Marcel Kittel en 2016.

« Le Coq » est un bon sprinteur, mais il n’a jamais fait partie des meilleurs mondiaux. Comme beaucoup d’autres Français sur le Tour de France, dont Romain Feillu ou Nacer Bouhanni, cantonnés à jouer les podiums face aux meilleurs. Les Cavendish, Greipel, Kittel, Philipsen ou encore Merlier se sont succédé pour ne laisser que des miettes à la concurrence.

Cependant, un coureur français a fait mieux que les autres. Arnaud Démare, qui est entré dans la caste des meilleurs sprinteurs lors de sa victoire sur Milan-San Remo en 2016. Il a montré qu’il était possible de faire partie des meilleurs au monde ce jour-là, avant de le confirmer sur le Tour de France où il a remporté 2 étapes (2017, 2018).



Pourtant, c’est vers l’Italie qu’il faut se tourner pour comprendre ce qu’a été Démare. En 3 éditions (2019, 2020 et 2022), il remporte 8 étapes et 2 maillots cyclamen. Chirurgical, dominateur, il a été à cette période l’un des meilleurs sprinteurs au monde. Malheureusement, il n’est jamais parvenu à reproduire cela sur le Tour de France. Bloqué par un choix stratégique de son équipe, qui privilégiait le classement général, il ne participe au Tour de France qu’une fois entre 2019 et 2023, ses années de grâce, et termine hors délai lors de la 9ᵉ étape…



Jalabert, dernier Français vainqueur du maillot vert

En 1995, Laurent Jalabert remportait son 2e maillot vert. Les supporters présents sur les Champs-Élysées célèbrent le champion français, ignorants qu’ils assistent là au début d’une période de disette qui durera plus de trente ans.

Le maillot du classement par points, Jalabert l’a gagné grâce à sa vitesse mais surtout grâce à sa polyvalence. Il a gagné à 4 reprises sur le Tour, sans jamais remporter un sprint massif. Toujours placé, rarement gagnant à l’issue des étapes de plaine, sa force lui venait de sa capacité à récupérer les points là où les autres ne peuvent pas suivre. À l’image de Peter Sagan ou Mads Pedersen, qui n’est pas le plus rapide, mais qui est en tête du classement par points sur le Tour de France 2026.

Pour trouver un sprinteur français vainqueur du maillot vert, il faut remonter à Jacques Esclassan en 1978. Il succède au plus célèbre André Darrigade qui l’a remporté avant lui en 1961. Ce dernier est sans nul doute le plus grand sprinteur français de l’histoire. Il fut si fort, qu’on lui a érigé une statue qui trône aujourd’hui à l’entrée de son village de Narrosse, dans les Landes.

Avec ses 22 victoires sur le Tour et ses 2 maillots verts, il demeure l’un des meilleurs sprinteurs de l’histoire du Tour de France.

Mais si une si grande source d’inspiration existe, pourquoi aucun Français n’a dominé le sprint mondial depuis des années ?

Paul Magnier : la relève ?

Si les Français ne sont pas bons sprinteurs, c’est peut-être parce que ce n’est pas dans la culture des petites structures françaises des années 2000-2010, qui privilégiaient les baroudeurs comme Sandy Casar ou Thomas Voeckler. La meilleure chance de gagner pour un Français consistait à prendre une échappée. Et puis le sprint, c’est aussi l’aérodynamique, qui nécessite un matériel spécifique et de bonne facture. Sans compter sur un train, comprenez plusieurs équipiers dédiés à vous accompagner dans les derniers kilomètres.

En bref, c’était une culture, une façon de voir le cyclisme différente que nous laissions aux Belges et Hollandais, habitués à faire parler leur pointe de vitesse sur les cyclo-cross le dimanche.

Mais bonne nouvelle, les choses sont en train de changer. Un jeune Français émerge et se présente à la table des meilleurs sprinteurs au monde.

Il s’agit de Paul Magnier, triple vainqueur d’étape et lauréat du classement par points sur le dernier Tour d’Italie. Du haut de ses 22 ans, le Français fait le bonheur de la Soudal Quick-Step. Il a son train pour le mener vers la victoire, et il ne serait pas surprenant de le voir participer à son premier Tour de France l’année prochaine. Sur lequel il pourra objectivement espérer gagner des étapes, et pourquoi pas le maillot vert.

Alors patience. La disette est peut-être bientôt terminée.

Le classement des autres maillots distinctifs

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