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Handisport

Ugo Didier, de Toulouse à Brest : « Il est temps pour moi d’avoir un petit challenge »

Killian Tanguy

Publié le

Ugo Didier, de Toulouse à Brest « Il est temps pour moi d'avoir un petit challenge »
Photo Icon Sport

PARA-NATATION – À mi-paralympiade, Ugo Didier s’apprête à débuter un nouveau projet. Le Toulousain va changer de région et de groupe d’entraînement. En marge d’une activation avec un partenaire, il s’explique.

La météo invitait à la baignade. En marge des Championnats d’Europe de natation à Paris, en pleine période de canicule, et alors que la France comptabilise 925 noyades, dont 274 mortelles, Ugo Didier a passé 45 minutes à apprendre à nager à une quinzaine d’enfants d’un centre de loisirs de Seine-Saint-Denis, au travers du programme « Savoir nager », mis en place par EDF.

Un moment de partage, avant de redescendre à Toulouse où un déménagement l’attend. À deux ans des Jeux paralympiques de Los Angeles 2028, Ugo Didier s’apprête à quitter Toulouse et les Dauphins du TOEC pour rejoindre le CN Brest.

L’apprentissage de la natation, ça remonte à quelques années pour vous.

Ça rappelle des souvenirs. On commence toutes et tous ici, donc c’est important de transmettre. On a eu la chance d’apprendre à nager et bien sûr après de faire des compétitions internationales, mais ça commence par l’apprentissage de la natation et par le fait de ne plus avoir peur de l’eau. C’est peut-être la première étape pour certains jeunes qui sont venus aujourd’hui. Donc avec Alain (Bernard, également présent), on peut leur transmettre cette passion et ce plaisir qu’on peut ressentir dans l’eau, ce sera déjà une victoire.

Il y aura des courses handisport ce week-end, mais vous ne serez pas au départ.

Ce n’est pas un choix de ma part. Je ne me prononcerai pas là-dessus parce que je n’ai pas plus d’éléments.

Est-ce pour préparer les Championnats d’Europe de para-natation en septembre à Kocaeli (Turquie) ?

Non plus. Je n’y serai pas. Beaucoup de changements m’attendent. J’ai terminé mes études il y a un mois, je suis désormais diplômé en ingénierie, en génie civil, à l’INSA Toulouse, et je change de club. Je pars m’installer à Brest pour rejoindre un nouveau projet. Ça faisait deux ans que je ne progressais plus. Il est temps pour moi d’avoir un petit challenge. Mon prochain gros objectif sera les Championnats du monde en 2027.



Pourquoi ce choix ?

Les Championnats du monde en 2027 seront qualificatifs pour les Jeux paralympiques alors que les Championnats d’Europe ne le sont pas (il devra terminer à l’une des deux premières places). Je préfère donc assurer cet objectif-là. Surtout qu’avec des Championnats d’Europe en septembre, la préparation est plus compliquée. Les piscines sont parfois fermées, réservées au public encore plus avec les canicules – ce qui est logique – et une fois que les Championnats d’Europe (valides) seront terminés, il n’y aura personne aux entraînements. Et puis ça fait une saison à rallonge et si jamais les Championnats du monde tombent en juin ou en début de saison (la date et le lieu ne sont pas encore connus), j’aurais eu une préparation tronquée.



Pourquoi changer de club également ?

J’avais besoin d’un nouveau challenge sportif. Ça fait quelques années que je ne progresse plus. Il était nécessaire pour moi d’aller chercher un nouveau challenge. Il y a un projet à Brest avec un entraîneur de l’équipe de France (Steven Deyres), mais aussi ma copine Émeline Pierre. Le projet était pour moi très cohérent.

Ce n’est pas prendre un risque à deux ans des Jeux ?

Pas du tout. C’est un groupe que je connais déjà très bien, avec un entraîneur que je connais aussi très bien. Ça ne me fait absolument pas peur. Je pense que c’est même une bonne chose. C’était maintenant ou jamais. C’est vrai que l’année prochaine, ça aurait peut-être fait un peu tard, mais deux ans, ça laisse le temps de construire un bon projet.

Avoir fini vos études va également vous permettre de mieux vous préparer.

Je vais avoir un peu plus de temps libre. Et ce temps, je compte le consacrer à de la préparation mentale et à de la récupération. J’étais un grand défenseur du double projet, mais je suis arrivé à un stade de ma carrière où je suis content d’avoir un peu plus de temps libre. Travailler, ce n’est pas dans mes objectifs pour le moment.

Malgré la perte de sponsors après Paris 2024 ?

Oui, j’ai perdu des sponsors, et oui, ça risque d’être un peu plus compliqué. Malgré cela, je suis extrêmement fier et très reconnaissant de pouvoir compter sur le soutien d’EDF, qui reste malgré les situations économiques qui existent. Je n’ai pas de doute que la préparation se passera très bien jusqu’en 2028.

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