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Rallye WRC

Le Rallye d’Arabie Saoudite annulé, une ère oubliable du WRC se referme en eau de boudin

Maxime Cazenave

Publié le

Le Rallye d’Arabie Saoudite annulé, une ère oubliable du WRC se referme en eau de boudin
Photo Icon Sport

WRC 2026 – L’annulation pure et simple du Rallye d’Arabie saoudite clôt un chapitre délicat pour le WRC, qui espère profiter de la nouvelle réglementation en vigueur à partir de 2027 pour trouver un nouveau souffle.

À la suite du Rallye du Chili disputé le week-end dernier, la bataille fait rage pour le titre mondial des pilotes. Elfyn Evans, Sami Pajari et Oliver Solberg se tiennent en 21 points, et les deux derniers rallyes de la saison s’annonçaient spectaculaires pour couronner un nouveau champion du monde.

Une fin de championnat bouleversée par une annulation tardive

Cependant, la FIA a jeté un froid en annonçant mercredi l’annulation pure et simple du Rallye d’Arabie saoudite, qui devait conclure la saison. En conséquence, le Rallye de Sardaigne fera office de dernière épreuve début octobre. Un véritable camouflet, qui bouleverse sérieusement la fin de saison puisque 35 points restent à distribuer, contre 70 initialement.

Cette décision a d’ailleurs de quoi surprendre. Depuis de nombreux mois, la situation géopolitique au Moyen-Orient faisait planer un doute sur cette épreuve. Contrairement au WEC, qui avait pris le taureau par les cornes dès le mois de juillet en trouvant de nouveaux lieux pour remplacer ses manches au Qatar et au Bahreïn, le WRC a fait preuve d’attentisme en rendant sa décision à moins de deux mois de l’échéance, prévue du 11 au 14 novembre.

On pouvait alors s’attendre à ce qu’une manche de substitution soit mise en place pour préserver les 14 rallyes prévus initialement. Plusieurs pistes avaient été évoquées, à l’instar du Portugal, qui organise les finales de l’ERC fin octobre, mais aussi de la Catalogne. Malheureusement, aucune des deux n’a été retenue, et cette saison 2026 se retrouve tronquée.

L’intérêt sportif passé au second plan

C’est donc sur une note amère que va se terminer cette saison, qui referme en même temps une ère particulièrement délicate pour le WRC. En dépit de la présence d’un monument du sport automobile tel que Sébastien Ogier, qui ne cesse d’accumuler les records, la discipline peine à retrouver son élan.





Le rallye reste populaire, mais sa catégorie reine souffre sur plusieurs plans. Contrairement à la F1 ou au WEC, le WRC a pris du retard en matière de communication et de visibilité au tournant des années 2010. Un véritable fossé s’est creusé, et les réglementations de l’époque ont considérablement appauvri le plateau. Depuis le retrait de Citroën fin 2019, seuls trois constructeurs sont engagés dans la catégorie reine. Et encore, on ne peut pas réellement parler de lutte, tant le championnat est à trois vitesses.

Soutenu timidement par Ford, M-Sport fait de la figuration, tandis que Toyota a pris un net ascendant sur Hyundai. Preuve en est : depuis 2021, le constructeur japonais a tout raflé ou presque avec une marge considérable : quatre titres pilotes (seul Neuville est venu quelque peu brisé l’hégémonie en 2024) et les cinq titres constructeurs.

L’échec de l’hybride, un tournant crucial en 2027

Une ère du WRC va donc se terminer sur un sentiment d’échec. Rappelons qu’en 2022, l’hybride avait été introduit pour tenter d’attirer de nouveaux constructeurs, tout en donnant une image plus verte à la discipline. Néanmoins, entre des problèmes de fiabilité et des coûts trop élevés, le plateau n’a pas évolué, et le système a été abandonné après trois ans seulement.

D’abord revenu à des Rally1 sans système hybride pour 2025 et 2026, le championnat va bouleverser sa réglementation en 2027. Afin d’étoffer la concurrence, des changements majeurs ont été décidés : le plafond de coût d’un véhicule passe à 345 000 €, contre 1 M€ actuellement, avec un châssis tubulaire commun ou encore un moteur de 1,6 L turbo développant entre 290 et 300 chevaux. Ces mesures ont pour but de rapprocher les performances des nouvelles voitures de celles des Rally2 actuelles afin d’équilibrer les véhicules des deux catégories.

Cependant, cela n’a pas encore réellement eu l’effet escompté. Toyota et M-Sport devraient rester dans le jeu, tandis que l’avenir de Hyundai est encore flou. Au final, seuls le projet indépendant belge Rally One et le constructeur espagnol RMC Motorsport, avec un programme partiel, ont emboîté le pas. Très attendue, l’écurie Lancia pourrait, de son côté, rester sur une Rally2 traditionnelle, en dépit du système de kit peu coûteux mis en place pour effectuer la transition à moindre coût vers la nouvelle catégorie reine…

Un rebond attendu sur fond de rachat

Dans ce contexte particulier, auquel s’ajoute le rachat des droits commerciaux du championnat par le groupe Cosmobilis, en association avec Park Square Capital, le WRC doit absolument reprendre des couleurs. Cette année encore, malgré une belle saison, l’annulation du dernier rallye fait mal. Tout comme les problématiques récurrentes liées aux pneus Hankook, qui ont passablement agacé les pilotes comme les suiveurs.

Néanmoins, il faut tempérer. Tout n’est pas à jeter ces dernières années. On peut penser à la comète Kalle Rovanperä, double champion du monde. Mais aussi et surtout à Sébastien Ogier, qui a égalé le nombre de titres de Sébastien Loeb l’an dernier. Un véritable exploit qui n’a pas été mis en avant à sa juste valeur, la faute au manque de visibilité actuel du WRC.

Le championnat n’est donc pas près de mourir, mais il ne faudrait pas que la mauvaise passe actuelle se prolonge, sous peine de s’enfoncer dans l’ombre. La discipline a connu une popularité phénoménale à l’époque du Groupe B ou lors des premières années du WRC, et possède toujours un noyau dur de fans. Mais attention à ne pas les lasser en ratant un nouveau tournant…

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