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Championnats du monde de cyclisme sur route

Championnats du monde de cyclisme 2026 : les favoris et les engagés de la course en ligne hommes à Montréal

Emilien Descampiaux

Publié le

Championnats du monde de cyclisme 2026 les favoris et les engagés de la course en ligne hommes à Montréal
Photo Icon Sport

MONTRÉAL 2026 – Découvrez les favoris de la course sur route des Championnats du monde de cyclisme sur route 2026 à Montréal.

Grâce à sa victoire à Kigali, Tadej Pogacar avait rejoint le cercle fermé des coureurs ayant remporté deux titres consécutifs de champion du monde sur route, avec Georges Ronsse (1928 et 1929), Rik Van Steenbergen (1956 et 1957), Rik Van Looy (1960 et 1961), Gianni Bugno (1991 et 1992), Paolo Bettini (2006 et 2007) et Julian Alaphilippe (2020 et 2021). Malheureusement, l’ogre slovène ne pourra pas défendre son maillot arc-en-ciel à la suite de sa terrible chute sur le Tour d’Espagne.

Presque tous les autres grands noms des courses d’un jour seront en revanche présents au Canada, pour une course qui s’annonce beaucoup plus indécise sur le sélectif circuit de Montréal. Qui sera couronné champion du monde après 273 kilomètres de course ?

Remco Evenepoel, grand favori en l’absence de Tadej Pogacar

Remco Evenepoel possède assurément les qualités, la confiance et une équipe suffisamment solide pour aller chercher un deuxième maillot arc-en-ciel sur la course en ligne. En l’absence de Tadej Pogacar, le Belge sera sans doute le grand favori, surtout après son quatrième titre mondial sur le chrono. Deuxième l’an dernier derrière un Slovène bien supérieur sur un parcours beaucoup plus difficile, il avait néanmoins montré quelques signes de nervosité lors du Grand Prix de Montréal. Evenepoel avait terminé « seulement » cinquième, alors qu’il avait dominé les débats à Québec deux jours auparavant.

Le Belge s’était néanmoins montré rassurant après la course auprès des médias belges : « Je n’en tire aucune conclusion. Dans deux semaines, il y aura soixante kilomètres de plus. Ce sera alors une course complètement différente, avec une fatigue bien plus importante ».

Wout Van Aert, l’autre carte maîtresse de la Belgique

Remco Evenepoel sait se préparer pour les grands rendez-vous et il a déjà montré qu’il était capable de réaliser de grandes fins de saison. L’équipe belge proposera également un effectif solide, mêlant jeunesse et expérience. Surtout, toute la pression ne reposera pas sur les épaules du champion du monde de Wollongong. Avec Wout Van Aert, le sélectionneur Serge Pauwels disposera d’un deuxième coureur de classe mondiale capable de viser le titre.



Le profil de Wout van Aert est différent de celui d’Evenepoel. Après un début de cohabitation parfois compliqué, l’entente semble désormais bien meilleure entre ces deux coureurs au caractère bien trempé. WVA tentera de survivre aux différentes bosses autour du Mont-Royal, voire d’anticiper, tandis qu’Evenepoel cherchera probablement à se débarrasser de ses principaux adversaires.



Isaac Del Toro et Paul Seixas, les deux hommes forts du Grand Prix de Montréal

Vainqueur à Montréal il y a deux semaines, Isaac Del Toro ne pourra pas compter sur une équipe aussi solide que la Belgique ou la France lors de ces Championnats du monde, malgré tout le respect que l’on doit à Eder Frayre, Edgar David Cadena et Carlos Alfonso García. Le Mexicain risque donc de se retrouver relativement isolé, à moins de recevoir le soutien de certains de ses coéquipiers habituels chez UAE Emirates dans le final.

Pour Del Toro, il n’y a peut-être qu’une seule façon de gagner : rester au contact le plus longtemps possible, profiter des moments de flottement et frapper au bon moment. Malgré son très jeune âge (22 ans), il fait déjà preuve d’un instinct redoutable dans les fins de course. L’une de ses plus grandes qualités reste son sens du timing. Il l’a encore démontré récemment au Grand Prix de Montréal, où il avait su prendre les bonnes décisions au bon moment.

Paul Seixas peut-il devenir champion du monde à seulement 20 ans ?

Contrairement au Mexicain, Paul Seixas sera entouré d’une équipe très forte, avec notamment Pavel Sivakov, Valentin Paret-Peintre, Alex Baudin et Bruno Armirail à ses côtés. Le grand espoir du cyclisme français, qui vient tout juste de fêter ses 20 ans, sera déjà un candidat sérieux au titre mondial. Il l’a encore prouvé lors du Grand Prix de Montréal, où il avait fallu un Del Toro impérial pour l’empêcher de s’imposer.

Néanmoins, aussi fort et endurant soit-il, Seixas aura probablement intérêt à faire une vraie différence avant l’arrivée pour devenir champion du monde. L’équipe de France possède justement les armes pour durcir la course et tenter d’isoler progressivement les coureurs les plus rapides.

Mathieu van der Poel et Tom Pidcock face aux exigences du parcours

Le sélectionneur néerlandais Koos Moerenhout ne disposera pas d’un vivier aussi impressionnant, ce qui pourrait devenir un handicap dans le final pour son leader Mathieu van der Poel. Le spécialiste des classiques, âgé de 31 ans, vise un deuxième titre mondial élites sur route après Glasgow en 2023. Mais doit-il vraiment figurer parmi les tout premiers favoris ? Le parcours de Montréal, avec ses près de 4 000 mètres de dénivelé positif, est-il véritablement fait pour MVDP ?

Mathieu van der Poel a toutefois perdu un peu de poids pour tenter de mieux encaisser les incessantes montées canadiennes. Le Néerlandais a suivi un type de préparation qui rappelle celui adopté avant les Mondiaux de Zurich, dont le profil présentait certaines similitudes. MVDP avait finalement terminé troisième. Ses deux succès d’étape récents, l’un au sprint et l’autre après un long raid en solitaire, ont également rassuré sur sa condition.

Tom Pidcock, un profil taillé pour Montréal

Tom Pidcock partagera de son côté le leadership britannique avec Adam Yates. Mais tous les regards seront notamment tournés vers le spécialiste du VTT, qui a affiché une forme étincelante ces dernières semaines avant les Championnats du monde, avec le titre mondial en VTT XCO à la clé. Excellent grimpeur et solide puncheur, il a déjà démontré qu’il était capable de suivre les meilleurs sur les grandes courses d’un jour. Demandez à Pogacar sur la Primavera.

Italie, États-Unis, Espagne : des collectifs capables de peser

L’Italie alignera également une équipe redoutable et complète, avec les grimpeurs Giulio Ciccone, deuxième à Québec, et Giulio Pellizzari, très performant lors des dernières courses italiennes, comme principales cartes. Le sélectionneur Marco Villa pourra également compter sur Alberto Bettiol, Christian Scaroni et le vainqueur du dernier Tour du Luxembourg, Davide Piganzoli.

La sélection américaine sera elle aussi impressionnante, avec Quinn Simmons, Brandon McNulty et Matteo Jorgenson comme fers de lance. Simmons (5e à Québec, 4e à Montréal) et McNulty (3e à Montréal) se sont illustrés lors des récentes classiques canadiennes et possèdent assurément les qualités pour se mêler à la bataille pour les médailles.

L’Espagne s’appuiera sur le vainqueur de la Vuelta, Enric Mas, et surtout sur Juan Ayuso pour tenter de rivaliser avec les favoris. L’Allemagne espérera une grosse performance de Florian Lipowitz ou de Maximilian Schachmann, tandis que la Suisse disposera de plusieurs atouts avec Jan Christen, Mauro Schmid et Marc Hirschi. En l’absence de Pogačar, la Slovénie comptera notamment sur le deuxième de la précédente Vuelta, Primoz Roglic. Reste à savoir dans quel état de forme et avec quelles ambitions ce dernier abordera cette chasse au maillot arc-en-ciel.

Une longue liste d’outsiders pour le maillot arc-en-ciel

Enfin, n’oublions pas les nombreux outsiders capables de profiter d’une course décousue. Le fougueux Tobias Halland Johannessen (Norvège), Toms Skujiņš (Lettonie), Jhonatan Narváez (Équateur), le surprenant Afonso Eulalio (Portugal), Mathias Vacek (Tchéquie), le multi-médaillé mondial Michael Matthews (Australie) ou encore l’offensif Ben Healy (Irlande), en bronze à Kigali, auront tous une carte à jouer. Sur un parcours aussi usant et avec 273 kilomètres dans les jambes, la liste des prétendants pourrait rester longue jusqu’aux derniers tours de circuit.

La liste des engagés


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