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À la découverte du VTT descente

Maxime Boulard

Publié le

À la découverte du VTT descente
Photo via Étoile Balgentienne

VTT DESCENTE – Sport extrême et hyper télégénique, la popularité du VTT descente ne cesse de grandir et la discipline commence à faire sa place, au même titre que la route ou la piste. Ce week-end, j’ai pu tester, accompagné de six autres vététistes amateurs et/ou confirmés, cette discipline dans la station auvergnate de Super-Besse.

Le VTT descente, c’est quoi ?

Dans la théorie, le VTT descente n’a rien de compliqué. Sport consistant à descendre des pistes à flanc de montagne à l’aide d’un vélo conçu exprès. Lors d’une même descente, plusieurs obstacles se présentent face au pilote, chemin plus ou moins caillouteux, bosses et sauts dans des parties découvertes, pierriers et racines dans les sous-bois, le tout en passant de l’ombre au soleil. Discipline d’engagement total, la lucidité et la prise de risque doivent être maîtrisées pour arriver en bas sans encombre. Le but ? Descendre le plus vite possible dans un minimum de temps. En compétition internationale, la discipline est abrégée en DH pour DownHill, littéralement « descente » en anglais.

L’équipement

  • Le pilote

Pratiquement tous les sports extrêmes nécessitent un équipement spécial et adapté, le VTT descente n’y déroge pas. Tout d’abord, le casque doit être intégral, c’est-à-dire couvrir toute la tête (comme en motocross). À cela, on ajoute un masque ou lunettes adaptées. Le haut du corps est particulièrement protégé par des protections dorsales, ventrales ainsi qu’aux épaules, sans oublier les coudières. Le tout pouvant être porté en étant dissocié, soit via un gilet de protection complet. Souvent négligés, les gants sont incontournables pour préserver la paume des mains en cas de chute. En bas, les jambières et genouillères s’imposent.

  • Le vélo

Véritable machine pouvant supporter des chocs et des chutes, le vélo de descente se distingue de tous les autres deux roues. Disposant d’un centre de gravité très bas, il permet une bonne maniabilité. Doublement suspendu, il est généralement doté d’un débattement de 200 mm, autrement dit, c’est l’amplitude de la suspension qui permet d’absorber les mouvements de terrain. Au niveau du freinage, ils sont désormais tous équipés de freins à disques hydrauliques, bien plus puissants et efficaces. Bien qu’elles s’imposent de plus en plus au haut niveau, les pédales automatiques ne sont pas une obligation : il reste assez facile d’en trouver avec des pédales standard.

La technique

Évidemment, on ne se lance pas dans une descente de plusieurs centaines de mètres de dénivelé négatifs sans connaître les fondamentaux. Cela peut paraître contradictoire, mais les pédales ne servent pas réellement à pédaler. La pente faisant son effet toute seule, les pédales servent surtout à reposer les pieds dessus. Lors de ligne droite, il est conseillé de les garder au même niveau pour éviter de les taper dans des obstacles au sol. A contrario, lors des virages, il ne faut pas oublier de relever la pédale qui est à l’intérieur du virage, pour ne pas qu’elle frotte la piste. Toujours dans les virages, c’est tout le corps qui dirige le vélo, en particulier les épaules, qui indiquent la direction. De son côté, la selle est très peu utile. Réglée assez basse, cela signifie que le pilote doit rester en appuis sur les pédales. Une selle trop haute aura tendance à venir taper au mauvais endroit, à éviter donc.

La descente

Nous voilà dans le vif du sujet. Une fois en haut de la montagne, il est temps de redescendre. Au départ, une multitude de pistes s’offre à nous. Comme à skis, on retrouve les mêmes couleurs correspondant au niveau, de vert (facile) à noir (très difficile), en passant par bleu et rouge. Pourtant, novice en la matière, et en l’absence de piste verte, j’ai suivi mes compagnons sur une longue piste bleue. Très vite, la sensation de vitesse se fait ressentir et est décuplée sur un terrain cabossé. Je comprends alors assez rapidement l’importance du freinage et surtout, de freiner au bon moment. Lors de virages, ne pas oublier de freiner avant, et non pas dans le virage. La position des mains et des doigts a son importance, à savoir serrer les poignées avec le pouce, l’annulaire et l’auriculaire, l’index et le majeur posés sur le frein afin de gagner en réactivité. Comme le dit un dicton dans le milieu, « hésitation égale sanction ». Nous voilà prévenus.





Dans les virages relevés, il est conseillé de les aborder avec assez de vitesse pour éviter de tomber à l’intérieur, mais en particulier d’entrer dans ces virages depuis l’extérieur vers l’intérieur. Généralement, les premières bosses s’absorbent, c’est-à-dire que le vélo garde contact avec le sol, soit par une vitesse faible, soit par un mouvement de fléchissement des jambes et des bras qui l’empêche de décoller. La première descente est un round d’observation, on se jauge, prend nos marques et une fois arrivé en bas, on pense à une seule chose : y retourner. Grisé par l’adrénaline, les descentes suivantes sont du plaisir à l’état pur. Peu à peu, les doigts desserrent les freins, on se prend au jeu de rattraper celui devant soi et parfois même attendre le moment opportun pour doubler. Sans tarder, les premières chutes arrivent. Sans douleur et avec le sourire, on remonte sur le vélo, tant le plaisir prime sur le reste.

Après les premières descentes, les quelques minutes de répit dans les remontées mécaniques sont les bienvenues. À vrai dire, je n’aurais pas pensé que cela fasse travailler le cardio à ce point. Qu’importe, on enchaîne les pistes crescendo et peu à peu, on ne fait plus qu’un avec le vélo, on commence à sauter les premières bosses, prendre des trajectoires plus tendues. Rapidement, le côté « extrême » de la descente se rappelle à nous, le guidon qui frôle un arbre, une sortie de piste à cause d’une vitesse excessive, autant d’indice nous indiquant que la moindre erreur se paye. Dans la peau des légendes de la discipline que sont Loïc Bruni ou autre Greg Minnaar, avec le talent en moins, on s’aperçoit que la descente requiert évidemment une force physique, mais également une force mentale que je ne soupçonnais pas à ce point. Rester concentré une dizaine de minutes, multipliée par le nombre de descentes, épuise psychologiquement.

Pour résumer, malgré quelques belles chutes et une fatigue palpable, le sentiment qui prédomine est la satisfaction et la fierté de s’être lancé. Si j’avais un seul conseil à donner, si la DH vous tente, sautez le pas sans hésiter, vous ne serez pas déçus. Le VTT descente est fait pour vous si vous êtes assez casse-cou, que vous recherchez de l’adrénaline et que vous n’avez pas peur des chutes et de la vitesse, des descendeurs amateurs peuvent dépasser les 40km/h. De plus, la discipline n’est pas réservée qu’aux jeunes pratiquants et est accessible aussi à un public relativement âgé (+50 ans). Bien que l’on ne puisse apprécier le paysage en plein effort, l’environnement qui nous entoure est la cerise sur le gâteau. En France, de nombreuses stations offrent la possibilité de pratiquer la descente, comme à Super-Besse (Auvergne), Chamonix (Alpes), Les Gets (Alpes) ou Les Saisies (Alpes). Une découverte permise par le club alpin et sports de montagne de l’Étoile Balgentienne (Loiret).

 

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