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Hockey sur glace

À mi-parcours, les Bleues du hockey sur glace sont à la hauteur de leurs premiers JO

Maxime Cazenave

Publié le

À mi-parcours, les Bleues du hockey sur glace sont à la hauteur de leurs premiers JO
Photo Icon Sport

HOCKEY SUR GLACE JO – En dépit des deux défaites concédées en autant de matchs, l’équipe de France féminine de hockey sur glace s’est montrée à la hauteur de cette première partie d’olympiade.

Il s’agissait de l’une des grandes interrogations à l’aube de ces Jeux Olympiques. L’équipe de France féminine était-elle en capacité de se montrer à la hauteur de l’événement ? S’il pouvait encore subsister des doutes jeudi, suite au revers concédé face à l’Italie (1-4), la performance réalisée face au Japon (2-3) vendredi les a définitivement levés.

Un magnifique rebond face au Japon

Comme attendu, les Bleues ont été globalement dominées par les Nippones. Il faut dire qu’entre les deux équipes, le vécu international diffère largement. Alors que ces Jeux Olympiques représentent un événement majeur pour une sélection qui n’a connu le plus haut niveau que de manière ponctuelle — avec seulement deux participations au Mondial Élite au cours des dix dernières années — il ne s’agit que d’une compétition supplémentaire pour le Japon. Habituée à évoluer au sommet de la hiérarchie mondiale, la nation asiatique termine régulièrement les compétitions majeures dans le top 8 mondial.

Cependant, contrairement à l’inconnue que représentait une Italie renforcée par de nombreux doubles passeports canadiens, les joueuses de Grégory Tarlé connaissaient bien les Japonaises. Elles les avaient même battues lors d’un match amical disputé fin 2023. Face à un adversaire déployant une énergie considérable durant 60 minutes, les Bleues ont su tenir la dragée haute. Pour cela, elles se sont appuyées sur un plan de jeu simple, mais rigoureusement appliqué.

Des ajustements judicieux et une Philbert taille patronne

Prudentes en défense, les Tricolores ont insisté sur le repli défensif. Malgré quelques oublis qui auraient pu être fatals, l’organisation s’est révélée bien plus solide que la veille. Contrairement aux déferlantes italiennes, la défense française n’a cette fois pas cédé, maîtrisant davantage les vagues nippones. Et lorsque l’arrière-garde a pris l’eau, l’ange gardien Alice Philbert a endossé le costume de sauveuse en multipliant les arrêts décisifs.

La Canadienne naturalisée constitue d’ailleurs LA principale satisfaction du collectif français. Si elle a concédé six buts en deux rencontres, elle affiche un pourcentage d’arrêts remarquable (92,77 %). Sans son efficacité devant le filet, flirter avec l’exploit n’aurait sans doute pas été possible.





Par ailleurs, les difficultés rencontrées dans la zone neutre avaient constitué l’un des principaux points noirs face à l’Italie. Bien plus présentes dans ce secteur contre le Japon, les Bleues n’ont pas hésité à contourner cette zone pour projeter rapidement le palet en zone offensive. Appuyées sur une meilleure présence dans les engagements, elles se sont ainsi offert davantage de séquences dangereuses, menant notamment aux buts de la capitaine Lore Baudrit et de Gabrielle De Serres.

2030 déjà dans les têtes d’un groupe encore très jeune

Naturellement, tout est loin d’être parfait. Mais il ne faut pas oublier d’où vient ce groupe. Au lendemain de l’échec de la qualification pour les Jeux de 2022, une profonde cure de jouvence avait été engagée dans l’optique de l’échéance des JO 2030 en France. Au fil des saisons, de nombreuses très jeunes joueuses ont émergé, et ce travail commence désormais à porter ses fruits.

Derrière le pilier Lore Baudrit, la génération Duvin – Rozier – Aurard a pris le pouvoir, tandis que celle de Jade Barbirati et Margot Huot-Marchand arrive à maturité. Enfin, les très jeunes talents n’ayant pas encore franchi la vingtaine, comme Clémence Boudin ou Anaïs Peyne-Dingival, découvrent encore le plus haut niveau.

Cet attelage encore perfectible profite pleinement de l’opportunité de capitaliser une expérience précieuse en vue de 2030. D’autant plus qu’à de rares exceptions près, la majorité des joueuses présentes à Milan-Cortina auront toutes les cartes en main pour être de nouveau là dans quatre ans.

Un exploit face à la Suède ou à l’Allemagne pour marquer l’histoire ?

Avant de se projeter sur ce nouveau cycle, les Bleues ont encore deux rencontres très relevées à disputer : face à la Suède dimanche, puis contre l’Allemagne lundi. Deux adversaires face auxquels elles se sont systématiquement inclinées depuis le début de la décennie. Si un quart de finale semble difficilement envisageable, les Tricolores tenteront malgré tout de créer l’exploit pour entrer dans l’histoire.

Pour rappel, le hockey sur glace français n’a encore jamais remporté de match aux Jeux Olympiques. Lors de leur participation historique en 2002, les hommes n’avaient pas fait mieux qu’un match nul — à une époque où cela était encore possible. Un objectif symbolique, mais fort, pour ce groupe en pleine construction dans les Alpes italiennes.

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