L’affaire Chris Froome va-t-elle faire jurisprudence ?
Un rebondissement qui fait froid dans le dos. Le coureur britannique Chris Froome a été blanchi dans l’affaire du contrôle anormal par l’UCI et l’AMA. Cette triste nouvelle pose la question de savoir si cette décision peut faire jurisprudence et remettre en question certaines règles de la lutte anti-dopage ?
D’abord un mea culpa : les organisateurs du Tour de France auraient bien demandé à Chris Froome de ne pas prendre le départ, tardivement, mais ils l’auraient fait. Avec les dates avancées par l’AMA et l’UCI dans leur communiqué, le 28 juin, on peut se poser des questions quand au timing de la demande d’exclusion par ASO et donc les conclusions de l’UCI et l’AMA, qui ne devaient pourtant pas être rendues avant le départ de la Grande Boucle, comme l’avait évoqué David Lappartient début juin.
L’AMA annonce ne pas faire appel de la décision de l’UCI
Dans un communiqué, l’UCI a expliqué pourquoi l’affaire Chris Froome était classée sans suite. C’était ensuite au tour de l’AMA d’expliquer pourquoi elle ne ferait pas appel. L’agence explique qu’un dépassement du seuil autorisé entraîne des présomptions de triche de la part du coureur concerné, ce qui signifie que c’est à ce dernier de prouver son innocence. Or, dans la suite de son communiqué, l’AMA dit qu’elle ne fera pas appel car Sky a démontré qu’il était impossible au coureur de réaliser un test, qui prouverait son innocence. Autrement dit, comme aucun test n’est possible pour Chris Froome pour se défendre, et malgré son contrôle anormal, l’AMA lui accorde le bénéfice du doute et explique qu’il ne peut être poursuivi. Illogique.
Cette affaire risque de faire jurisprudence
Voilà donc qu’un coureur qui a été contrôlé avec un taux très anormal de salbutamol, le double de la limite autorisée, peut continuer à courir sans être inquiété.
Première chose, est-ce que cela veut dire que tous les coureurs peuvent utiliser librement du salbutamol, puisque le cas Chris Froome fait jurisprudence et que par conséquent, n’importe quel autre cycliste qui aura un contrôle anormal pourra se défendre en disant qu’il lui est impossible de prouver son innocence ? Cette règle qui limite cette utilisation est-elle mise à la poubelle avec cette décision ?
Deuxième chose, on peut se demander si d’autres règles et limites, concernant d’autres produits ou médicaments, ne seront pas remises en cause en appliquant la même défense que Chris Froome. En accordant le bénéfice du doute à Chris Froome, qui était dans l’incapacité scientifique de prouver sa bonne foi, l’AMA et l’UCI n’ont-ils pas fait un énorme bond en arrière dans la lutte anti-dopage ? David Lappartient, président de l’UCI, avait pourtant promis de ne rien céder dans cette lutte…


