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JO d'hiver 2026

Alban Elezi Cannaferina, invité de dernière minute aux JO, et peut-être mieux ?

Victor Clot-Amiot

Publié le

Alban Elezi Cannaferina, invité de dernière minute aux JO, et peut-être mieux
Photo Icon Sport

JEUX OLYMPIQUES 2026 – Seizième et dernier qualifié en ski alpin, Alban Elezi Cannaferina pourait tirer son épingle du jeu dans quelques jours.

Qualifié in extremis après son podium en géant à Schladming, Alban Elezi Cannaferina se dirige vers ses premiers Jeux Olympiques. À 22 ans, le jeune homme a déjà tout d’un grand. Tout, ou presque, puisqu’il lui manque encore une victoire en Coupe du monde.

Au regard du ski qu’il produit cette saison et de son palmarès aux échelons inférieurs — champion du monde junior du géant en 2023, deux victoires en Coupe d’Europe l’an dernier — le skieur du Club des Sports de Courchevel pourrait rapidement cocher cette case dans sa to-do list. S’il serait prématuré d’en faire un candidat crédible au podium olympique, il pourrait néanmoins nous surprendre. On vous explique pourquoi.

Une position idéale sur le géant

À Schladming, le jeune homme réalisait la prouesse de monter sur le podium après s’être élancé en vingt-cinquième position. Un dossard parfois rédhibitoire puisque, selon les conditions météorologiques du jour et la qualité de la préparation de la piste, les dossards élevés sont souvent désavantagés par une neige qui travaille et se dégrade à mesure que les rails se forment. Il s’agissait alors de son meilleur dossard de la saison.

Depuis le début de l’hiver, « AEC » s’élançait systématiquement avec un dossard compris entre les numéros 29 et 32. Si un tel rang lui avait permis de décrocher une belle seizième place à Beaver Creek, il ne lui avait pas permis, en revanche, de se qualifier à Val d’Isère.

Or, à Milan-Cortina, la donne sera différente. Grâce aux gros points récoltés à la WCSL à la suite de son podium, Alban Elezi Cannaferina devrait logiquement s’élancer avec le dossard n°18 sur le géant. Actuellement classé 19e, il devrait gagner un rang en raison de la non-qualification d’Alexis Pinturault, 17e. De fait, le Français pourrait bénéficier d’une piste en meilleur état et, pourquoi pas, limiter la casse en première manche — si ce n’est mieux. Un atout non négligeable pour tenter de prolonger la belle série de quatre podiums français lors des trois derniers géants olympiques.



Une polyvalence bienvenue

Les sept — puis huit — quotas décrochés par la délégation tricolore ont mis en lumière un problème de taille : le manque de polyvalence des skieurs français. En théorie, du moins. S’il est courant de voir les spécialistes de la vitesse s’aligner à la fois en descente et en super-G, la chose est plus rare en technique. Longtemps, Victor Muffat-Jeandet et Alexis Pinturault ont ainsi pris part à plusieurs disciplines. Ce n’est plus le cas cette saison, les deux hommes ayant respectivement privilégié le slalom et le géant. Un choix qui leur a peut-être coûté la qualification olympique.



On ne peut pas en dire autant d’Alban Elezi Cannaferina. Si les comparaisons avec Marco Odermatt ont fleuri sur les réseaux sociaux ces derniers jours, c’est davantage pour sa polyvalence et son mental que pour son palmarès. Cette saison, le Français a pris part à sept géants, cinq super-G et trois descentes.

Fait notable : sur chacune de ces disciplines, il a réalisé son meilleur résultat — respectivement 3e, 14e et 12e — lors des trois dernières courses disputées, preuve d’une forme et d’une confiance en nette progression. Il serait donc logique de le voir au départ de ces trois épreuves aux Jeux.

35e au classement de la descente et 30e à celui du super-G, il serait virtuellement 25e et 24e aux Jeux, en tenant compte de la limite de quatre skieurs par comité. De quoi bénéficier de dossards plus favorables — même si leur impact reste moindre en vitesse — mais surtout de grimper dans la hiérarchie de disciplines où les surprises olympiques sont rares, mais possibles. En 2014, Matthias Mayer est ainsi devenu champion olympique de descente alors qu’il ne comptait à l’époque qu’un podium en super-G. Et s’il s’était déjà imposé en Coupe du monde, Antoine Deneriaz avait, lui aussi, créé la sensation en décrochant l’or en 2006.

Peut-être une quatrième épreuve au programme ?

Les résultats de la descente, première épreuve au programme, détermineront sans doute l’identité des trois spécialistes de vitesse engagés sur le combiné. À ce titre, Alban Elezi Cannaferina pourrait disposer d’une quatrième carte à jouer. Le combiné étant la deuxième épreuve au programme, précédant le super-G, il faudra également tenir compte des possibles impasses stratégiques.

Dans l’hypothèse où il serait aligné, son duo pourrait avoir une belle carte à jouer, compte tenu de la forte densité chez les slalomeurs tricolores. La tâche ne sera toutefois pas simple : il faudra se frayer un chemin entre les duos suisses, autrichiens, norvégiens, italiens… et français.

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