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Athlétisme

Alix Dehaynain : « J’aimerais rebattre mon record »

Etienne Goursaud

Publié le

Alix Dehaynain - "J'aimerais rebattre mon record"
Photo Icon Sport

ATHLÉTISME – Entretien avec la perchiste Alix Dehaynain, qui a battu son record en ce début d’année, avec 4.50 m. C’était lors du Perche Élite tour de Superdévoluy. La perchiste lilloise revient sur cette performance, qu’elle n’attendait pas aussi tôt dans sa saison. Elle évoque ses ambitions pour la suite de la saison, l’ambiance particulière de ces compétitions de perche hivernales. Mais aussi son envie de Jeux Olympiques.

Alix Dehaynain : « Je ne m’attendais pas à ce record dès la première grosse compétition »

On imagine que tu es encore haut perchée, après cette performance ?

Alix Dehaynain : Oui, complètement. On avait fait quelques compétitions en décembre pour se régler. Mais je ne m’attendais pas à faire ce record, dès ma première grosse compétition. J’ai changé de gamme de perche en décembre et cela a plutôt bien fonctionné. C’est aussi une barre qui me permet de gagner en confiance.

Tu avais également fait 4.40 m en octobre à Blois.

J’étais en forme, j’avais des repères et j’en ai profité. Mais là aussi, je ne pensais pas faire cette performance. Cela se passait bien.

En 2023, sur quelques concours, tu n’en étais pas loin de ces 4.50 m.

J’ai eu des petits soucis pour piquer, des manques de repères. J’ai refusé beaucoup de sauts. Mais j’étais régulière à 4.40 m. On espérait que je fasse plus que ces 4.41 m. Mais ce n’était pas passé.

C’était dû à quoi ces soucis ? Et comment tu les as résolus ?

Je n’en ai aucune idée. Je marche beaucoup aux repères et j’ai besoin de contrôler ce que je fais et l’approche du butoir, parfois, je le sens, parfois, je ne le sens pas. Parfois, je ne change rien dans ma course et mes marques, mais je ne sais pas où je suis. Et je ne vais pas réussir à sauter. C’est assez compliqué et encore maintenant, cela m’arrive toujours de faire ça. Mais moins. Je ne saurais même pas dire comment j’ai réglé cela.

Alix Dehaynain : « J’avoue qu’il y avait de la fatigue après la compétition »

Ce n’était pas déjà des signes de progrès ?

Je sais que, quand j’ai commencé à avoir des soucis pour sauter, lors de ma deuxième année junior et début espoir, j’avais changé ma course d’élan et je l’avais beaucoup reculée. Physiquement, je me suis amélioré. Mais désormais, je pense que c’est plus de l’appréhension, avec les gamelles que j’ai pu avoir.



Tu vas enchaîner Bordeaux après Dévoluy, tu arrives à t’entraîner entre ? Ou tu privilégies la fraicheur ?

J’en ai fait une ce jeudi soir et on en fera une petite demain. Mais sans se fatiguer pour la compétition. C’est vrai que ce n’est pas la semaine la plus chargée, mais on s’entraîne quand même.



Il y a un peu de voyage en plus.

Oui (rires).

Ça laisse des traces, que ce soit psychologiques ou physiques, ce record ?

J’avoue que mardi, avec tous ceux qui étaient à Devoluy, on se sentait tous fatigués. Avec le déplacement et tout, il y a un peu de fatigue.

Tu as placé la barre très haut, l’objectif à Bordeaux sera d’aller chercher ton record ? Ou tu vises d’abord un nouveau podium ?

J’aimerais bien refaire mon record. D’abord repasser 4.50 m sans toucher la barre, ce serait cool et rassurant. Après, quand j’ai vu mes tentatives à 4.60 m à Dévoluy, je me dis que c’est pas mal. Je pense avant tout à la performance, plutôt que le podium.

Alix Dehaynain : « Des conditions quasi parfaites dans les Perche Élite Tour »

Tu es une habituée des Perche Élite Tour, est-ce que tu ressens une atmosphère particulière dans ces compétitions ?

On a clairement hâte d’aller en Perche Elite Tour. Ce sont des conditions quasi parfaites. Entre la piste surélevée et l’ambiance qui nous porte. Ce sont des compétitions qu’on attend toute l’année.

Le fait d’avoir le public rien que pour toi, c’est motivant ou stressant ?

Les deux. Car cela peut être assez impressionnant. Quand on arrive, on se dit : « Ok, il y a tout ce monde-là, je ne dois pas me planter ». Mais cela nous aide vraiment. C’est incroyable.

Vous arrivez en grand championnat, en vous étant confronté à de grosses ambiances.

Je pense que cela peut aider. Après, cela reste différent. On a l’habitude de cette ambiance en Perche Élite Tour. Je me souviens, l’an passé, au Meeting de Liévin, d’être complètement paniquée. Ce n’était pas un Perche Elite Tour, il y a d’autres épreuves à côté. Mais j’étais encore plus impressionnée. Je ne saurais pas dire. Et comme je suis de la région et un peu pistonnée pour rentrer dans le meeting (rires). Quand je suis arrivée sur la piste, je me suis réellement demandée ce que je faisais là. J’avoue avoir été assez impressionnée.

Avec ce record, est-ce que tu as rehaussé tes ambitions hivernales ?

Carrément.

C’est-à-dire ?

Avant, mes objectifs étaient avant tout cette barre des 4.50 m. Cela faisait un moment que je voulais passer cette barre. J’ai fait un podium aux Élites l’année dernière et j’ai bien envie de refaire un podium cet hiver. Le podium reste un objectif et faire monter la barre.

Alix Dehaynain : « Les JO ne vont pas se jouer que sur une performance »

Ce podium aux Élites a changé beaucoup de choses pour toi ?

Forcément, car je sortais de deux ou trois quatrièmes places en championnat de France. Mon coach se moquait un peu de moi. On voulait absolument ce podium, pour régler ce problème des quatrièmes places. Et cela m’a fait beaucoup de bien. Un peu comme cette barre des 4.50 m. Elle est passée, on se dit : « C’est fait ». Tout en augmentant les objectifs.

Est-ce que ton record peut t’ouvrir la porte de meetings internationaux ?

Justement, on en parlait avec mon coach. Il a envoyé des mails à plusieurs meetings. Qui ont un nombre de places limité. Ils nous ont répondu que, pour le moment, il n’y avait de la place que seulement pour les filles à 4.50 m ou plus. J’étais à 4.40 m. Peut-être que cela va m’ouvrir des portes, mais je ne l’ai fait qu’une fois. Je ne peux presque pas espérer entrer directement, en n’ayant fait qu’une fois cette performance.

Tu as porté le maillot bleu chez les jeunes, est-ce que tu y penses en sénior ?

Oui carrément.

Forcément, il y a les JO cet été…

(Elle rigole). Oui, j’y pense. Je sais qu’il faut faire les performances au bon moment. Je sais que mes 4.50 m sont limites pour aller en sélection chez les séniors. Il y a le système du ranking qui n’est pas évident. Si je ne rentre pas dans les gros meetings, je ne peux pas marquer de gros points. Je sais qu’il y a beaucoup de choses à prendre en compte. Cela ne se joue pas que sur une performance. C’est de la stratégie. Déjà, je veux arriver en compétition pour faire la meilleure performance possible et après, on verra.

Alix Dehaynain : « Je me bats contre moi-même lors des concours »

Les minima, c’est impossible pour toi ?

Franchement, pour moi, ce n’est pas envisageable. C’est encore un autre niveau.

Avec ce bond à 4.50 m, tu deviens la 8e Française de tous les temps. Beaucoup de filles sont encore dans le circuit et sont jeunes. Est-ce que cette concurrence te motive au quotidien ?

Je n’ai jamais trop regardé les autres. Je me suis souvent battue contre moi-même lors des concours. D’un autre côté, avoir autant de densité, je trouve cela vachement cool. On s’encourage, on se motive toutes. Il y a une ambiance particulière dans les concours. On se connait toutes et on fait à peu près les mêmes performances. Cela nous aide, même s’il faut se concentrer sur soi, enfin dans mon cas.

Tu as commencé par les épreuves combinées, cela t’a aidé à te forger en tant qu’athlète ?

Je pense. On a touché à tout et cela m’a beaucoup aidé. Mon ancien coach faisait exprès de nous faire faire des haies, de la longueur etc. Pour aussi nous faire progresser en perche. Je suis contente de l’avoir fait. Parfois, je dis à mon coach que j’aimerais refaire une séance de longueur ou autre. Je pense que cela m’a aidé pour la perche.

Alix Dehaynain : « J’ai découvert l’athlétisme lors d’une compétition scolaire »

La perche a été une évidence, à 15 ans, tu sautais 4.13 m.

Je viens de la gymnastique, comme beaucoup de perchistes. La perche m’a attiré naturellement.

C’est un sport passion l’athlétisme pour toi ?

Oui, je vais regarder des compétitions, même quand je ne saute pas. Lors des championnats, je suis devant ma télé. Et je suis un peu tout.

Qu’est-ce qui t’a amené à l’athlétisme ?

C’était lors d’une compétition scolaire. J’ai découvert l’athlétisme et cela m’a plu tout de suite. Et j’ai rencontré mon ancien coach. Auparavant, je n’avais jamais regardé l’athlétisme, je ne savais même pas ce qu’était un starting-block. Je voyais des gens courir avec leur bâton dans les mains, je me demandais qu’est-ce que c’était ce sport (rires). Mais j’ai trouvé cela marrant et cela m’a plu. C’est quelque chose de plus posé et familial que la gymnastique. Moins stressant.

Tu as une idole ?

Comme ça je dirais Jean Galfione. (Elle enchaîne) : Ah oui, il y a Vanessa Boslak qui est l’idole en soi. Elle était dans mon club de Lille et on a pu la croiser plusieurs fois.

 

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