Anne-Sophie Bernadi : « Le biathlon, c’est comme un scénario de film »


Après une saison de biathlon riche en émotions et avant un prime time, le 9 avril, consacré à Martin Fourcade, nous avons rencontré Anne-Sophie Bernadi, la voix féminine de ce sport sur La Chaine L’Équipe.

Anne-Sophie, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Anne-Sophie Bernadi, j’ai 27 ans et je suis sur La Chaine L’Équipe depuis 2016. J’ai commencé à travailler sur le biathlon l’année dernière en étant la personne qui posait les questions à la fin des courses et depuis cette année, je commente les épreuves de Coupe du monde avec Alexis Bœuf.

C’était donc votre première saison comme commentatrice des épreuves de Coupe du monde. Quel bilan faites-vous ?

C’est de très loin l’expérience professionnelle la plus enrichissante que j’ai connue. Je suis passée par plusieurs sentiments différents. Cela a été difficile au début de trouver ses marques et de savoir comment commenter cette discipline. Ensuite, au Grand Bornand, j’ai eu comme un déclic, on s’est vraiment amusés à commenter ce week-end en France. Après cela, j’avais pris mes marques, nous prenions vraiment du plaisir à commenter et on peut dire que la machine était lancée. Du coup, la saison est à peine terminée que j’ai déjà hâte d’attaquer la prochaine, car c’est vraiment la notion de plaisir qui revient le plus quand je repense à cette saison. Le biathlon est un sport génial et le commenter l’est tout autant.

Que vous a apporté un champion comme Alexis Bœuf ?

Je pense qu’Alexis est le meilleur consultant possible que l’on puisse avoir à ses côtés. Il a tout compris aux codes du journalisme et de la télé, donc c’est très facile de commenter avec lui. Ce n’était pas son rôle de m’accompagner quand j’ai pu être en difficulté au début et pourtant, il l’a fait naturellement. Cela a vraiment été un travail d’équipe. Pour moi, sa plus grande force, c’est qu’il est très pédagogue. Il sait parler à la fois aux gens qui connaissent très bien le biathlon mais aussi à ceux qui découvrent la discipline. Il peut aussi bien parler de sensations car il est allé skier avec Martin Fourcade le matin et à l’inverse, il prend à chaque course le temps de réexpliquer comment cela marche pour les cibles en fonction du tir couché ou debout. Il est très bon pour guider les téléspectateurs, donc cela a vraiment été une superbe expérience de commenter avec lui.

Imaginiez-vous pouvoir réaliser de tels scores avec un sport comme le biathlon ?

Oui, ça ne me surprend pas tant que ça car c’est vraiment un sport télégénique. Il y a du suspense, des rebondissements, un grand champion et une belle équipe de France, donc tous les ingrédients sont là pour faire de belles audiences. Je trouve que le biathlon, c’est comme un scénario de film, cela commence doucement, puis on commence à avoir quelques indices sur la piste et enfin « bam », le premier tir, l’écrémage ! Et sur la mass start par exemple, le format le plus spectaculaire, à chaque passage sur le pas de tir, toutes les cartes peuvent être rebattues. Autre chose importante dans le biathlon, c’est simple à comprendre. Si on compare avec un sport comme le rugby, un novice devant ne comprend rien car il y a beaucoup de règles qui changent souvent. Pour le biathlon, il suffit de savoir que quand on ne fait pas d’erreur sur le pas de tir et qu’on est rapide sur les skis, on a de très bonnes chances de bien figurer.

Côté hommes, on a vu une superbe saison avec un duel exceptionnel qui a tenu en haleine les téléspectateurs jusqu’à la dernière étape. Que retenez-vous de celle-ci ?

Je retiens qu’il y a eu des biathlètes « humains » et deux extraterrestres : Matin Fourcade et Johannes Boe. Le duel a été génial et la victoire de Martin est d’autant plus belle grâce à ce scénario qui nous a tenu en haleine toute la saison. Cette rivalité entre ces deux champions a vraiment plu à tout le monde et je pense que c’est aussi ça qui a attiré les gens derrière leur poste. Martin Fourcade a fait une saison incroyable et il ne faut surtout pas banaliser sa performance, même si c’est son septième globe. Il a montré une nouvelle facette du champion, même dans l’adversité, il ne lâche rien et il a fait une saison extraordinaire au niveau de la régularité.

Vous allez consacrer un prime time à Martin Fourcade le 9 avril sur La Chaine L’Équipe. De quoi sera-t-il composé ?

Cela va être une émission de presque deux heures à partir de 20h45, pour mettre à l’honneur l’immense champion qu’est Marin Fourcade. Il y aura des invités, dont je ne peux dévoiler les noms. Nous parlerons de Martin Fourcade en tant qu’athlète, mais aussi en tant qu’homme. Alexis Bœuf sera en plateau avec nous, ce sera un vrai plus car il a été à la fois son partenaire en équipe de France et il le commente depuis plusieurs années. Il y aura aussi des séquences inédites et fortes en émotions pour faire une belle fête autour de ce champion.

Côté femmes, quel bilan faites-vous de cette saison, que ce soit pour les Françaises ou pour les meilleures qui se sont battues pour le globe ?

Chez les femmes, cela a été très ouvert jusqu’au bout. On avait du mal à dégager une favorite pour ce gros globe. C’est Kaisa Mäkäräinen qui gagne mais cela aurait très bien pu être Darya Domracheva si elle avait fait moins d’impasses ou Anastasia Kuzmina qui a fait des Jeux Olympiques incroyables. Sur la dernière course, quand Mäkäräinen passe la ligne, je ne suis même pas sûre de qui a gagné le globe car il y avait tellement de conditions pour déterminer la lauréate… C’était vraiment un suspense incroyable. Les Françaises Anaïs Bescond et Anaïs  Chevalier ont fait de beaux podiums sur cette dernière étape, ce qui prouve qu’elles n’ont rien lâché jusqu’à la fin. On retiendra aussi les adieux de Marie Dorin-Habert, c’était vraiment un moment très émouvant. Et il ne faut pas oublier Justine Braisaz, qu’on a moins vu sur les trois dernières étapes, mais qui a fait un début de saison époustouflant. On pourra compter sur elle lors des prochaines saisons. Il y a vraiment un gros vivier de talents dans cette équipe de France.

Après cette magnifique saison pour les téléspectateurs, que peuvent-il espérer de plus pour l’année prochaine ?

Je pense que le duel entre Martin Fourcade et Johannes Boe n’a pas dit don dernier mot. A notre micro juste après la dernière course, le Norvégien a dit qu’il allait se préparer pour la nouvelle saison et notamment travailler son tir couché, donc cela promet. Les deux vont se préparer pour être vraiment très forts la saison prochaine afin de lutter pour ce gros globe. Il y a aussi d’autres biathlètes qui ont montré de belles choses et qui pourraient se mêler à la bagarre, comme Lukas Hofer. Il y a aussi les Suédois, Samuelsson et Oeberg, qui montent en puissance et qui auront les Championnats du monde dans leur pays. On va aussi revoir Emilien Jacquelin qui aura à cœur de montrer encore plus de choses plus la saison prochaine et de monter sur son premier podium. Antonin Guigonnat va aussi pouvoir démarrer la saison dans cette équipe de France avec son nouveau statut. Chez les filles, on a aussi hâte de revoir Justine Braisaz et de voir comment Célia Aymonier va régler ses problèmes au tir. Enfin, on aura le plaisir de voir plus souvent Chloé Chevalier et Julia Simon qui étaient la plupart du temps en IBU Cup cette année. Vraiment une belle saison en perspective.

Nicolas Jacquemard

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