Arbitrage vidéo : l’escrime n’a pas eu le choix
Dans le cadre de notre dossier « arbitrage vidéo », c’est le cas de l’escrime qui est maintenant abordé. Pour nous éclairer, Ulrich Robeiri, champion olympique par équipes en 2008 a répondu à nos questions.
Même si l’escrime français a connu des moments difficiles depuis quelques années, c’est un sport où il existe un vrai savoir-faire et une tradition française depuis des décennies. S’il a pris sa retraite sportive il y a bientôt deux ans, Ulrich Robeiri possède un très beau palmarès avec notamment un titre olympique et sept titres de champion du monde. Il nous donne son ressenti sur l’utilisation de la vidéo dans son sport.
Depuis quand et comment est utilisée la vidéo dans ton sport ?
La vidéo a été introduite progressivement à partir de 2005. Elle permet de revoir des actions litigieuses et de confirmer ou non la décision de l’arbitre.
Y a-t-il eu des controverses notoires ?
Je n’ai pas de souvenir de controverse notoire, car c’est l’arbitre qui prend la décision. C’est-à-dire qu’il peut y avoir des contestations liées à l’arbitre mais pas par rapport à la vidéo. On sait que certains arbitres s’appuient beaucoup sur la vidéo alors que d’autres, n’aiment pas changer leur décision après son visionnage.
Penses-tu que cet outil est bénéfique à ton sport ?
Cela a été sans aucun doute un bénéfice pour notre sport en particulier dans les armes de convention (fleuret et sabre), car la décision est soumise à interprétation de l’arbitre. L’arbitre peut la consulter de lui-même ou sur demande du tireur. Elle lui permet de revenir sur sa décision et lui donne surtout plus de temps pour analyser une action dans notre sport où tout va très vite.
Une finale olympique comme élément déclencheur
Aux Jeux Olympiques d’Athènes, en 2004, la finale de l’épreuve par équipes de fleuret masculin avait été marquée par plusieurs erreurs manifestes d’arbitrage. Les Chinois avaient été clairement désavantagés par rapport à l’Italie qui avait triomphé. René Roch, le président de la Fédération Internationale d’Escrime (FIE), avait suite à cela présenté ses excuses à Jacques Rogge, président du Comité International Olympique. Ce dernier avait alors demandé que cela ne se reproduise plus, l’escrime n’avait plus le choix !
Les arbitres, les plus durs à convaincre
Aujourd’hui, la vidéo limite les joutes verbales entre escrimeurs ou les clans respectifs, à défaut de les éviter, car la part d’interprétation existe toujours sur la vidéo comme sur l’appréciation en direct, c’est l’arbitre qui tranche. C’est d’ailleurs ces derniers qui ont été les plus durs à convaincre comme l’expliquait il y a quelques années Bruno Gaby, arbitre international français : « Au départ, beaucoup d’arbitres y étaient opposés, car ils considéraient que cela dévalorisait leur rôle. Désormais, même si la décision finale lui revient, l’arbitre central n’est plus seul maître du jeu : il a à ses côtés un arbitre vidéo. »
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