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Cyclisme sur route

Arnaud Démare, les 5 moments forts d’une carrière XXL

Flo Ostermann

Publié le

Arnaud Démare, les 5 moments forts d'une carrière XXL
Photo Icon Sport

Ce jeudi 9 octobre 2025, Arnaud Démare a officialisé ce que beaucoup redoutaient. À 34 ans, le Picard met un terme à sa carrière professionnelle. Sa dernière course aura lieu dimanche, sur Paris-Tours, là même où il s’était imposé en 2021 et 2022. Une page se tourne pour l’un des sprinteurs français les plus constants et les plus titrés de ces dix dernières années.

À son meilleur niveau, Arnaud Démare n’avait pas besoin d’en faire trop. Peu bavard dans un premier temps, mais toujours efficace, il s’exprimait surtout sur le vélo. Par sa puissance, son sens du placement et sa constance, il s’est imposé comme l’un des sprinteurs français les plus fiables de sa génération. Pendant près de dix ans, il incarne ce mélange de travail, de régularité et de loyauté qui forge les grandes carrières. Retour sur cinq moments forts qui ont marqué son parcours et l’histoire récente du cyclisme français.

Milan-San Remo 2016 : un Monument, une nouvelle dimension

Le 19 mars 2016, Arnaud Démare entre dans l’histoire. Sur les 298 kilomètres de Milan-San Remo, la plus longue des classiques, il chute dans la Cipressa, revient dans le peloton, puis déclenche un sprint parfait sur la Via Roma. Il devance alors Ben Swift et Jürgen Roelandts pour devenir le premier Français à remporter la Primavera depuis Laurent Fignon en 1988. Ce jour-là, il prouve qu’il n’est pas seulement un bon sprinteur, mais un coureur capable de gagner un Monument. Un triomphe fondateur, qui le propulse alors parmi les meilleurs coureurs du monde.

Champion de France, jamais deux sans trois

2014, 2017, 2020 : trois titres de champion de France, un record dans l’ère moderne. Ces victoires racontent la constance et la force de caractère d’un coureur souvent sous pression, attendu à chaque édition. Le maillot bleu-blanc-rouge est devenu sa signature. Démare l’a porté avec fierté sur les routes du Tour, du Giro ou des classiques, rappelant à tous qu’il était, saison après saison, le patron du sprint tricolore.

Tour de France 2017 : la délivrance à Vittel

Le 4 juillet 2017, le public français exulte. À Vittel, Démare remporte sa première étape sur le Tour de France, sous les couleurs du maillot tricolore. Il devance Alexander Kristoff et Andre Greipel au sprint, au terme d’une étape nerveuse, marquée par plusieurs chutes dans le final. Cette victoire, la première d’un sprinteur français sur la Grande Boucle depuis onze et un succès de son voisin picard, Jimmy Casper, sur le Tour 2006, récompense un coureur persévérant, souvent critiqué, mais toujours présent. Elle symbolise la reconnaissance sur la plus grande scène du cyclisme mondial.

Tour d’Italie 2020 : la démonstration

À l’automne 2020, dans une saison bouleversée par la pandémie, Arnaud Démare réalise un Giro d’Italia monumental. Il y remporte quatre étapes et s’empare du maillot cyclamen du classement par points, dominant des coureurs rapides de renom, comme Peter Sagan, Michael Matthews, Elia Viviani ou Andrea Vendrame. Certes, le plateau des purs sprinteurs est loin d’être impressionnant, mais le Picard est chirurgical. Régulier et inébranlable, il s’affirme alors comme l’un des meilleurs sprinteurs du monde. Ce Giro reste comme l’un des sommets de sa carrière, preuve de sa maturité et de sa capacité à briller sur trois semaines.





Paris-Tours 2021 : la victoire en costaud

À l’automne 2021, Démare retrouve le goût du succès sur Paris-Tours après trois mois de disette, une classique aussi belle que piégeuse. Sur les chemins de vigne et les côtes qui jalonnent le final, il résiste, s’accroche, puis règle un petit groupe au sprint. Une victoire d’endurance et de caractère, qui illustre à merveille son côté besogneux et tenace. Ce jour-là, Arnaud Démare montre une fois de plus qu’il n’est pas seulement un pur sprinteur, mais un coureur complet, capable de s’imposer sur un terrain sélectif.

Une carrière modèle

Avec 97 victoires professionnelles, Arnaud Démare va quitter le peloton en laissant une empreinte solide. De Milan à Vittel, de Palerme à Tours, il a souvent répondu présent quand la route se terminait en ligne droite. Ces dernières saisons, le Beauvaisien a connu des périodes de doute. Moins en réussite, souvent écarté des grands rendez-vous, notamment sur les derniers mois de son aventure chez Marc Madiot, il a vu sa confiance s’effriter au fil du temps. Les victoires se sont faites plus rares, et le sprinteur picard a parfois semblé chercher le déclic, celui qui lui permettait autrefois d’imposer sa puissance avec assurance.

Son départ de la Groupama-FDJ vers la structure Arkéa, en plein cœur de l’été 2023, n’aura pas eu l’effet escompté, le triple champion de France ne décrochant que quatre petits bouquets sous les couleurs de la formation bretonne, en deux saisons et demie.

Sa retraite annoncée ce 9 octobre marque la fin d’une époque. Dimanche, à Tours, il s’élancera une dernière fois, pour boucler la boucle. Et quand il franchira la ligne, qu’il lève les bras ou non, le sentiment d’un parcours accompli dominera. Arnaud Démare s’en ira alors avec une classe certaine. Celle qui l’a caractérisé durant une grande partie de sa carrière.

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