Athlétisme : Ces Français qui ont créé la surprise aux JO
ATHLÉTISME – Focus sur les Français qui ont su déjouer les pronostics en athlétisme, lors des Jeux Olympiques.
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Colette Besson (médaille d’or à Mexico 1968 sur 400 m)
La plus belle dernière ligne droite de l’histoire de l’athlétisme français. Un soir d’automne, aux JO de Mexico déplacés en octobre, pour éviter la chaleur suffocante du Mexique, Colette Besson a créé une divine surprise sur 400 m. Loin d’être favorite de la finale, elle l’est encore moins à la sortie du 2e virage, quand elle n’est encore que 5e de la course. On va dire mal embarquée.
Et pourtant, au bout de la ligne droite, le titre en 52.03 et la Britannique Lillian Board coiffée au poteau. Un dénouement exceptionnel pour la Française, qui atteint là le sommet de sa carrière. Des JO qui marqueront le tournant pour le 400 m féminin, qui ne fera que progresser les années qui suivent. À Montréal, huit ans plus tard, le titre olympique sera remporté par la Polonaise Irena Szewinska en 49.29. Un autre monde. Mais Colette Besson poursuivra sa belle carrière. Elle gagnera deux titres européens.
🏃♀️ #TLS | Aux JO de Mexico 1968, Colette Besson s’est imposée sur le 400m dans les derniers instants en s’attribuant à la fois la médaille d’or et le record d’Europe 🥇
🎄 Sa fabuleuse course, c’est la 7e case de notre calendrier de l’avent 🏃♀️
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— francetvsport (@francetvsport) December 7, 2023
Mahiedine Mekhissi-Benabbad (médaille d’argent à Pékin 2008 sur 3000 m steeple)
Et un jeune Français surgit au milieu des Kényans. Dans une olympiade de Pékin compliquée pour la délégation tricolore, qui restait sur des échecs à Sydney en 2000 (0 pointé) et Athènes en 2004 (une médaille), Mahiedine Mekhissi-Benabbad va sauver l’athlétisme français. Dans une discipline confisquée par les Kényans depuis quelques années, le Français joue avec les meilleurs. Un tour, deux tours, 1000 m, 2000 m et à 23 ans, il est là et en confiance. Mais avec son 8:14 comme record personnel, difficile de l’imaginer à pareille fête.
Et pourtant, il résiste et dans le dernier tour, pour s’intercaler entre Birmin Kipruto et Richard Mateelong sur le podium, au terme d’un sprint de folie. Avec un nouveau record personnel en 8:10.49. Le début d’une grande carrière. Deux autres médailles olympiques, en 2012 et 2016, suivront. Il sera cinq fois champion d’Europe et double médaillé mondial. Il a remis, 24 ans après Joseph Mahmoud, la France sur la carte du 3000 m steeple.

Mahiedine Mekhissi-Benabbad, médaillé d’argent sur 3000 m steeple aux JO de Pékin 2008
Christophe Lemaître (médaille de bronze à Rio 2016 sur 200 m)
Bien malin celui qui aurait parié sur Christophe Lemaître en 2016. Il faut dire que la carrière du Français, ascendante jusqu’à sa médaille mondiale à Daegu, lors des Mondiaux 2011, a pris du plomb dans l’aile. Le Français avait alors établi un record de France qui tient toujours, en 19.80. Depuis, le déclin semble amorcé. Aux Mondiaux 2015 de Pékin, il ne passe même pas le cap des demi-finales sur sa distance fétiche. À 25 ans, on a comme un sentiment de gâchis, tant le sprinteur français était prédestiné à une carrière monstrueuse.
Son année 2016 part un peu mieux. Mais, avant d’aller à Rio, son meilleur chrono est de 20.24 sur 200 m. Pas de quoi en faire un favori pour une médaille. On craint même une nouvelle élimination en demi-finales. D’autant qu’aux championnats de France, il déclare forfait sur 200 m, après avoir subi la loi de Jimmy Vicaut sur 100 m. Et pourtant, en demi-finales à Rio, la magie va opérer. Le Français sort une course exceptionnelle et se qualifie. 20.01 à la clé. Son meilleur chrono depuis 2012. Et là, on recommence à y croire.
Christophe Lemaître ne décevra pas dans une finale disputée sous la pluie. Médaillé de bronze au millième face à Adam Gemili (20.12 pour les deux). Une médaille olympique individuelle pour un homme en sprint court. Un évènement. Le chant du cygne pour celui qui ne parviendra plus à retrouver son niveau. Mais quel chant du cygne.



