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Athlétisme : Comme Melanie Doggett, ces gamins qui affolent les records

Etienne Goursaud

Publié le

Athlétisme Comme Melanie Doggett, ces gamins qui affolent les records
Photo @just_dogget_sports/Instagram

ATHLÉTISME – En juin dernier, Melanie Doggett a couru son 100 m en 11.67 à 12 ans. La plus rapide de l’histoire à son âge. Retour sur ces jeunes qui réalisent des performances hallucinantes dès le plus jeune âge. Est-il possible de confirmer après ?

Melanie Doggett est entrée dans l’histoire de l’athlétisme en juin dernier. Comme étant l’athlète de 12 ans ayant couru le plus vite dans l’histoire de l’athlétisme, à son âge. La jeune Américaine a bouclé son 100 m en 11.67. Cela la placerait à la 30ᵉ place aux bilans français femmes… séniors. Et aucune cadettes (U18) n’a couru plus vite qu’elle en France en 2023. Cela place le niveau de performance réalisé. Et ce n’est pas la seule « gamine » à avoir établi des performances stratosphériques pour sa catégorie d’âge. Retour sur quelques performances hallucinantes. Mais aussi la difficulté de confirmer après.

Certains records hallucinants

La puberté chez les femmes intervient à 10 ans et demi en moyenne, contre 11 ans et demi chez les garçons. Plus « précoces » et donc plus « armées » physiquement, les filles affolent les compteurs encore plus tôt que les hommes. Et l’on retrouve certaines performances hallucinantes. Kayla Davis, qui a couru un 400 m en 57.07 à l’âge de 10 ans seulement. Encore une Américaine. Car dans tous les pays, on ne peut pas faire toutes les disciplines au plus jeune âge. En France, des disciplines comme le 200 m, le 400 m, mais aussi le 10 km, semi et marathon, ne sont ouvertes qu’à partir de la catégorie cadets (U18). Le 400 m n’a été rouvert qu’en 2010 aux cadets. Pas de limites dans d’autres pays comme les États-Unis.

Kayla Davis a porté son record à 51.17 (meilleure performance mondiale de tous les temps à 15 ans). Depuis, elle stagne. Aujourd’hui âgée de 19 ans, elle continue de courir. Mais elle n’a réalisé « que » 53.55 en 2023. Elle n’est pas non plus passée sous les 53 en 2022 et 2021. À 12 ans, Raevyn Rogers bouclait son 400 m en 53.36, en 2009. Ce serait la 6e performance française séniors en 2023. Sur 10 000 m, l’Américaine Monica Scarborough réalisait 37:13.69 en 1981. Ce qui serait la 23ᵉ performance française en 2023.

Et pour les adeptes de marathon, à 10 ans, Julie Mullin bouclait sa course en 2h58.01, sous la barrière mythique des trois heures. Les spécialistes apprécieront la performance. Sur les lancers et les sauts, moins de performances « stratosphériques », car ce sont des disciplines plus techniques, où la maturité est tardive.

Peu ont confirmé après

On a parlé du cas de Kayla Davis qui n’a jamais pu confirmer après ses 15 ans. Son cas est loin d’être unique. C’est même une ultra majorité. Et les exceptions se comptent presque sur les doigts d’une main. D’ailleurs, le seul qui ressort vraiment est un certain Armand Duplantis. Le recordman du monde de la perche est totalement insatiable. Il possède les records du monde des 7-12 ans puis de 17 ans à 23 ans, son âge actuel.





Et encore, certains de ses records ont été battus depuis. On pense à Pal Haugen Lillefosse qui a franchi 4.65 m à 13 ans. Le Norvégien a confirmé, avec un record à 5.86 m l’an passé. À 21 ans. Mais il n’a pas progressé aussi vite que Mondo, qui franchissait 6.05 m chez les juniors. Matvey Volkov a franchi 5.50 à 15 ans et 5.60 à 16 ans. Le Biélorusse de 19 ans a certes progressé, mais a un record de 5.75 m cet hiver.

Kirani et Jakobing

En course, deux exemples ressortent. Kirani James sur 400 m et Jakob Ingebrigtsen sur le demi-fond. Mais les deux n’ont vraiment explosé qu’à 14 ans. Kirani James s’empare du record du monde de sa catégorie d’âge avec 46.96. Il sera champion olympique à Londres à même pas 20 ans. Et portera son record à 43.74 à 22 ans. Aujourd’hui, il continue de courir, mais n’a jamais battu son record. Surtout, il a connu des périodes de trous, laissant l’impression d’un immense talent quelque peu gâché.

Mais il a ressuscité l’an passé, terminant 2e des Mondiaux à Eugene. A 30 ans. « Jakobing » continue sa progression, en améliorant il y a quelques jours son record d’Europe du 1500 m, en 3:27.95. Il a déjà tout gagné. Il ne lui manque qu’un record du monde officiel en extérieur. Mais il aura 23 ans en septembre prochain. Aucun signe de déclin, bien au contraire. À voir sur les années à venir.

Pourquoi il n’est pas évident de confirmer ?

Le plus grand danger en athlétisme, c’est de trop en faire, trop tôt. Que ce soit sur 400 m ou en demi-fond, pour performer, il faut faire des séances dites lactiques. L’acide lactique est sécrété dans les muscles, après un effort à haute intensité. Il vient tétaniser les muscles avec cette sensation de brûlure. On voit souvent les coureurs s’effondrer par terre. Cet acide lactique – qui n’est pas produit chez les enfants – laisse énormément de traces dans le corps. Répéter ces efforts trop tôt, trop jeune, à un stade où le corps est en plein développement, peut « cramer » celui-ci. Et il finit par le faire payer aux athlètes, avec blessures et/ou sensation d’être bloqué.

Dans le cas des longues distances, c’est davantage la notion de choc qui est problématique. Qui dit longueur de course dit nombre de pas qui augmentent. Donc le nombre de chocs avec le sol. Des chocs anodins sur le moment, mais qui laissent des traces sur le long terme.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Avatar

    But

    16 août 2023 à 8h35

    « Le danger c’est l’acide lactique » ! « Mais, il n’est pas produit par les enfants. »Donc pour les enfants, le danger n’est pas l’acide lactique ! De toute façon, le danger n’est pas l’acide lactique !

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