Athlétisme : Enfin la bonne année pour Sha’Carri Richardson ?
ATHLÉTISME – Sha’Carri Richardson réalise un début de saison proche de la perfection. L’Américaine semble avoir progressé durant l’hiver et s’avance en figure forte du sprint féminin. Au point de battre les Jamaïcaines ? Possible.
Sha’Carri Richardson a-t-elle changé ? La sprinteuse texane a pu par le passé être catégorisée comme provocatrice voire arrogante. Ce n’est, en tout cas, pas ce qu’elle montre sur ce début de saison estivale. Sa confiance en elle est intacte, l’Américaine est toujours aussi sûre de ses forces et le chrono le montre à nouveau. Dans la tornade, en Floride, l’athlète de 23 ans a claqué le quatrième chrono de l’histoire (10.57, +4.1) pour sa rentrée en 2023.
1⃣0⃣.5⃣7⃣
What a stunning run from Sha’Carri Richardson who lays down a huge marker in April with a time of 10.57 (4.1m/s) to win the Miramar Invitational 🔥🇺🇸
That converts to 10.77 with a legal wind 💥#WorldContinentalTour pic.twitter.com/7rSUZBH94i
— AW (@AthleticsWeekly) April 8, 2023
Vendredi soir, à Doha, Richardson a couru en 10.76 remportant pour la première fois de sa carrière une manche de la Ligue de Diamant. Plus apaisée, mieux dans sa tête et mieux préparée, Sha’Carri Richardson peut-elle être championne du monde sur la distance reine cet été ? La question mérite d’être posée.
Richardson et la concurrence jamaïcaine
L’Américaine n’a pas été vue de l’hiver en compétition. Elle a continué de s’entraîner avec son coach Dennis Mitchell et le fruit de leur travail commence à payer. Sur ses premières sorties, son explosivité est remarquable. La sprinteuse d’1m55 possède déjà des roquettes à la place des jambes et cela début mai. Pierre-Jean Vazel, ex-entraîneur de Christine Arron reconverti dans les lancers, décrypte l’attitude de la Texane :
A partir de la mi-course, elle prend de plus en plus d’avance et ne se crispe pas, comme ça a pu lui arriver par le passé. Il y a une très bonne fréquence, avec sa technique un peu à la Asafa Powell, une foulée rasante en cycle avant.
En 2023, une athlète courant pour la bannière étoilée pourrait rivaliser, voire battre, les Jamaïcaines. Shericka Jackson n’a pu que subir le finish dévastateur de Sha’Carri Richardson ce vendredi soir au Qatar. Pour le moment, Elaine Thompson-Herah et Shelly-Ann Fraser-Pryce n’ont pas fait leur rentrée, mais elles sont toutes les deux prévenues. Rappelons que la championne NCAA 2019 est la seule américaine sous les 10.80 depuis 2016. Personne depuis le trio Gardner, Bartoletta et la regrettée Tori Bowie n’ont couru plus vite que Richardson sur ces sept dernières années, aux Etats-Unis.
2023, année de sa première grande compétition ?
Pourtant, il y a une anomalie. Depuis qu’elle est passée professionnelle, après ses années à l’université, la sprinteuse de Dallas n’a participé à aucune grande compétition officielle. Rattrapée par un contrôle positif au cannabis, elle est suspendue durant les Jeux Olympiques de Tokyo. Sha’Carri Richardson va ensuite buter sur les redoutables US Trials. Pas de qualification pour les Mondiaux de Doha et rebelote l’an passé où elle est sortie en séries du 100 mètres avant de ne pas finir dans les trois premières sur 200 mètres. Si la jeune Américaine veut voir Budapest cet été, le passage par les sélections dans son pays est une étape obligatoire.
Sha’Carri Richardson montre sur ses trois premières courses qu’elle peut être régulière. La sprinteuse de poche a montré par le passé que faire descendre les chronos n’était pas un problème, mais sa consistance à travers les mois laissait à désirer. 10.75, 10.57 et 10.76 sont des temps lui permettant de monter sur n’importe quel podium international. À elle de répondre présente et de montrer aux observateurs et à ses adversaires que ce niveau-là est bien le sien.


