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Championnats d'Europe d'athlétisme

Athlétisme Europe en salle 2023 : Six stars à suivre dans la compétition

Etienne Goursaud

Publié le

Athlétisme Europe en salle 2023
Photo Icon Sport

ATHLÉTISME EUROPE EN SALLE 2023 – Focus sur six athlètes qui pourraient bien marquer de leur empreinte la compétition des championnats d’Europe en salle, à Istanbul (Turquie).

Karsten Warholm (Norvège – 400 m)

Le recordman du monde du 400 m haies (45.94) et co-recordman d’Europe du 400 m en salle (45.05) va tenter de conquérir le titre de champion d’Europe. Un titre qu’il a déjà acquis en 2019, le jour où il a égalé le record d’Europe en salle. Le Norvégien partira évidemment favori de la course, mais va devoir se méfier de quelques prétendants qui risquent de lui mener la vie dure. On pense évidemment à l’Espagnol Oscar Husillos. Détenteur de façon éphémère du record d’Europe en salle en 2018, lorsqu’il est sacré champion du monde en salle en 44.92. Avant de se faire disqualifier pour avoir posé un orteil sur la ligne intérieure.

L’Espagnol est en grande forme cet hiver, en ayant porté son record officiel à 45.58. C’est un vrai spécialiste de la salle et Karsten Warholm va devoir sortir le grand jeu. Cependant, ce dernier a établi un très probant 45.31 chez lui en Norvège le 2 février. Mais, malgré sa victoire au meeting de Liévin, quinze jours après, il n’a pas pu aller plus vite. Et son 45.51 dans le Nord, peut l’exposer aux concurrents. Le 400 m sera donc à suivre attentivement, avec une possibilité de voir un record d’Europe tomber du côté d’Istanbul. Et une finale avec six concurrents sous les 46 secondes.

Jakob Ingebrigtsen (Norvège – 1500 m)

Le Norvégien est le grand favori du 1 500 m, avec ses 3:32.38 réalisés à Liévin. Une course dont il est d’ailleurs le recordman du monde (3:30.60). Et sur laquelle il ne connaît que très rarement des déconvenues en salle ! On garde cependant le souvenir qu’il n’y est pas invincible en extérieur, battu à Eugene aux championnats du monde, par un autre européen, Jake Wightman. Si ce dernier n’est pas là cet hiver, cela peut donner des idées aux autres.

Et pourquoi pas à son compatriote Neil Gourley, qui a porté son record en salle à 3:34.58. A distance respectable de Jakobing, mais sur une course qui peut être tactique, cela peut faire la différence. Reste à savoir comment va se comporter le Norvégien. Qui reste ultra favori de la course.

Kevin Mayer (France – Heptathlon)

Un autre recordman du monde en plein air posera ses valises du côté d’Istanbul. Kevin Mayer, qui détient ce record sur décathlon (9 126 pts), va défendre son titre européen sur heptathlon, acquis à Torun en 2021, dans une saison hivernale particulière et marquée par le Covid ! Même s’il n’a pas de référence sur les épreuves combinées cet hiver, il part naturellement favori. En gestion, le Français n’a pas participé à toutes les épreuves sur lesquelles il était aligné lors des meetings hivernaux. Mais possède quelques jolies références, comme son 6.88 sur 60 m, et son 7.77 sur 60 m haies.



Mais il risque de manquer de repères sur les sauts. Sans concours de hauteur et de longueur à son actif et une perche où il n’a pas pu décoller plus haut que son 5.03 m. Le poids reste convenable, avec un meilleur jet à 16.08 m. Comme d’habitude en plein hiver, il devra se méfier du redoutable suisse Simon Ehammer. Qui a réalisé 6 292 points cette année, et qui a un record à 6 363 points. Méfiance également du Norvégien Sander Skotheim, qui a battu son record (6255). Si Kevin Mayer est dans deux mauvaises journées, le titre sera loin de lui être acquis. Mais l’expérience et sa capacité à briller dans les grands rendez-vous parlent pour lui.



Mujinga Kambundji (Suisse – 60 m)

En l’absence de Dina Asher-Smith, qui a réalisé comme elle 7.03, Mujinga Kambundji sera la grande favorite du 60 m. Dont elle est dans le top 10 de tous les temps, au terme d’une course extraordinaire et d’un titre mondial décroché l’an dernier (6.96). Avec ses 7.03 cette saison, la Suissesse a prouvé sa forme, dans une discipline au niveau historique. Car deux femmes sont passées sous les 7 secondes. L’Américaine Aleia Hobbs et la Saint-Lucienne Julien Alfred (6.94 et 6.97). Sur une discipline aussi technique que le 60 m, où le départ compte énormément, rien n’est jamais acquis d’avance.

Et la concurrence reste rude même en Europe et malgré l’absence de DAS. Une autre Britannique, Daryll Neita, qui a détenu un temps le record de Grande-Bretagne cet hiver, avec 7.05, sera une sacrée adversaire. Même si, depuis son chrono réalisé le 10 février à Berlin, elle est un peu plus en retrait, avec une meilleure performance à 7.13. Attention également à l’excellente partante Ewa Swoboda, qui est également passée sous les 7 secondes en 2022 (6.99), mais battue par Mujinga Kambundi en finale des championnats du monde l’année dernière. Cela promet une course explosive si les trois protagonistes sont à leur meilleur niveau en Turquie.

Femke Bol (Pays-Bas – 400 m)

Et si c’était elle LA star de ces championnats d’Europe ? Femke Bol s’est emparée du record du monde en salle de la discipline, avec un chrono de 49.26 réalisés il y a dix jours, lors des championnats des Pays-Bas. La Néerlandaise sera la grande favorite de la course, la seule à être passée sous les 50 secondes cette saison. Elle a encore franchi un cap en 2023, tout en conservant cette régularité dans ses courses. A l’exception de la série de ses championnats nationaux, ses trois courses ont été courues entre 50.20 et 49.26.

Avec elle, pas de trou dans les performances. Elle a également battu la meilleure marque mondiale sur 500 m, avec un chrono de 1:05.63, pour sa rentrée sur la distance. Même si Lieke Klaver, sa compatriote et camarade d’entraînement, a énormément progressé cet hiver (record porté à 50.30 le jour du record du monde de Femke Bol), on voit mal comment la protégée de Laurent Meuwly peut être battue. Même si le 400 m en salle peut toujours réserver des surprises.

Nafissatou Thiam (Belgique – Pentathlon)

À l’instar de Kevin Mayer, elle vient à Istanbul pour défendre son titre européen du pentathlon. Au fil des années, l’athlète de 28 ans est devenue une icone de l’athlétisme belge et mondial. Si, en interview à DH Sports, elle déclare vouloir venir dans la cité turque pour « s’amuser », elle n’en reste pas une redoutable compétitrice. Elle s’élance sans références sur les épreuves combinées cet hiver, comme Kevin Mayer. Mais à la différence du Français, Istanbul sera la rentrée pour la Belge, qui n’a effectué aucune compétition cet hiver. Ce qui s’explique par un changement d’environnement. Nafissatou Thiam a décidé de changer d’entraîneur et d’aller s’entraîner en Afrique du Sud. Des nouveaux repères à prendre pour la double championne olympique.

Un sacré pari qui nous laisse à penser que pour la première fois depuis longtemps, elle ne sera pas la favorite d’une épreuve à laquelle elle va participer. La Polonaise Adianna Sulek a frappé fort en portant son record personnel à 4 860 points, à 43 points du record de Belgique de Thiam. Sulek, dont on dit qu’elle est peut-être capable d’aller chercher les 5 000 points à Istanbul, barrière mythique en pentathlon. Il faut se méfier également de Noor Vidts, qui n’a pas de références sur penta cet hiver. Bien qu’elle ait été un peu en retrait sur 60 m haies (8.38), au poids (13.93 m) et à la hauteur (1.80 m), elle reste une sacrée adversaire.

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