Athlétisme : Les athlètes hyperandrogènes pourraient être exclues des compétitions internationales
ATHLÉTISME – World Athletics a annoncé exclure de toutes compétitions, à partir de ce 31 mars, toutes les athlètes hypeandrogènes qui ne prendraient pas de traitement médical pour réduire leur taux de testostérone.
World Athletics en campagne contre les femmes athlètes hyperandrogènes. La fédération internationale d’athlétisme a décidé d’interdire de toutes les compétitions comptant pour le ranking international – et donc qui permet de marquer des points pour se qualifier pour les des grands championnats – les femmes qui ne prendraient pas de traitement médical. Une décision qui est effective à partir du 31 mars. En plus de cette interdiction, toute performance réalisée ne pourra pas être comptabilisée pour les records du monde
Pour pouvoir concourir, les athlètes devront présenter un taux de testostérone inférieur à 2.5nmol/litre, et ce pendant deux ans. En somme, les femmes hyperandrogènes produisent plus de testostérone que les autres. Un « avantage » naturel par rapport à d’autres concurrentes et qui fait débat depuis des années, notamment depuis l’émergence de Caster Semenya, athlète sud-africaine, il y a une dizaine d’années.
Les personnes transgenres sont bannies des compétitions féminines d’athlétisme « à compter du 31 mars », a annoncé le président de World Athletics, la fédération internationale #AFP pic.twitter.com/OVjFvmlpp0
— Agence France-Presse (@afpfr) March 23, 2023
Les athlètes hyperandrogènes déjà privées de certaines courses jusqu’à aujourd’hui
Une décision qui s’inscrit dans la volonté de durcissement de World Athletics. En particulier depuis que l’ancien athlète Sebastian Coe en est à sa tête. On rappelle qu’il y avait déjà une interdiction de participer aux épreuves allant du 400 m au 1 500 m, au niveau international. Une interdiction qui avait fortement affecté Caster Semenya, double championne olympique et triple championne du monde du 800 m. On a aussi le souvenir d’une Christine Mboma, qui est passée du 400 m au 200 m. En allant chercher le record du monde juniors en même temps qu’une médaille d’argent olympique sur le 200 m, lors des JO de Tokyo (21.81).
Le problème, comme le souligne l’entraîneur français Pierre-Jean Vazel, c’est que les femmes concernées ne sont pas vraiment accompagnées pour les aider. Avec le document qui n’est disponible qu’en anglais, cette décision risque bien de diviser le monde de l’athlétisme. Il peut être vu comme une injustice pour les femmes concernées et qui n’ont pas choisi d’être hyperandrogènes. Et qui se retrouvent totalement démunies face à cela. D’autres répondront par l’équité sportive.

