Athlétisme : Les cinq moments forts de Pierre-Ambroise Bosse
ATHLÉTISME – Retour sur les cinq moments forts de Pierre-Ambroise Bosse, qui a annoncé sa retraite ce mardi.
- À ce sujet – Pierre-Ambroise Bosse annonce sa retraite
Championnats d’Europe 2012 : La première de Pierre-Ambroise Bosse sur la scène internationale
Onze ans séparent le vainqueur de la course Yuriy Borzakowskiy du troisième Pierre-Ambroise Bosse. Si le mythique Russe, champion olympique et multiple médaillé mondial, est au crépuscule de sa carrière à Helsinki, où il gagnera sa dernière médaille, le Français éclate sur la scène internationale, avec une médaille de bronze pleine de culot. Bien qu’elle lui laisse une pointe de regrets : « C’est mon premier Championnat senior, c’est clair que je voulais l’or, mais on n’a pas toujours ce qu’on veut, je ne crache donc pas sur la médaille », a-t-il alors commenté, sur sa course. Néanmoins, en regardant dans les yeux un des cadors de sa discipline, « PAB » a montré tout son talent. Quelque part, on savait qu’on entendrait encore parler de lui.
Un record de France et le scalp de David Rudisha à Monaco, en 2014
« Dis-moi qui tu bats et je te dirai qui tu es ». C’est une douce soirée d’été à Monaco. Une soirée frappée du sceau tricolore. Pascal Martinot-Lagarde s’est adjugé le record de France du 110 m haies (12.95). Pour la dernière course de la soirée, il sera imité par Pierre-Ambroise Bosse. Dans une course de folie, avec David Rudisha, Nijel Amos et Mohammed Aman, ce sont des cadors de la discipline qui se dressent devant le Français. Mais il est en forme. Tout juste sacré champion de France de la discipline et crédité de deux chronos sous les 1:45 cette saison. On le sait, Monaco est la piste de tous les rêves pour un demi-fondeur. Il va se passer quelque chose.

Le Français prend la foulée du lièvre, mais aussi celle de David Rudisha. Toute la course, il est bien calé derrière le recordman du monde de la discipline. Pour le déboiter dans la dernière ligne droite. Vous ne rêvez pas, Pierre-Ambroise Bosse se paye le scalp du roi de la discipline. Et si c’est Nijel Amos qui gagne, « PAB » s’offre le record de France de Mehdi Baala, en 1:42.53. Dans une course où cinq hommes sont allés en dessous de 1:43. Aujourd’hui, malgré les carbones, le 800 m mondial n’a pas encore retrouvé cette densité du début des années 2010. Mais Bosse était bien calé dans cette densité. Ironie du destin, tous deux favoris des Europe de Zurich, « PML » et « PAB » ne brilleront pas, malgré le carton historique des Bleus en Suisse.
Quand Pierre-Ambroise Bosse défia David Rudisha à Rio en 2016
Peut-on en vouloir à un athlète de louper une médaille quand il a voulu jouer l’or ? On ne refera pas l’histoire et encore moins la finale des JO en 2016 à Rio. Pierre-Ambroise Bosse est au sommet de sa carrière. Il a remporté une course en Diamond League à Londres. Une piste qui – décidément – lui aura tellement réussi dans sa carrière. S’il n’a pas battu son record de France, plus que jamais, il semble être un candidat à la médaille. Cela tombe bien, 2016 est une année olympique. Et tous les indicateurs sont au vert, quand il remporte en patron sa demi-finale. En 1:43.85 s’il vous plait. Son meilleur temps de la saison.

En finale, il adopte la même stratégie qu’à Monaco deux ans plus tôt (lire plus haut). Il se cale derrière le roi David Rudisha, qui est à la défense de sa couronne olympique. Quand le Kényan accélère, « PAB » suit sans broncher. Il semble alors le seul à pouvoir contester le titre. Malheureusement, la ligne droite, contrairement à Monaco, lui sera fatale. Il est 4e, au pied du podium. Évidemment, s’il était resté dans le paquet, il aurait pu connaitre un destin à la Clayton Murphy, qui l’a déposé pour s’emparer du bronze. Bosse a payé le fait d’avoir osé, mais quand on ose, on ne peut pas avoir de regret. Sa course est pleine de panache, de culot. « Quand je ne suis pas acteur, je n’y arrive pas », confie le Français, après la ligne d’arrivée. Il n’a aucun regret et il a raison. L’avenir le récompensera de son culot.
Le tour de magie à Londres en 2017
Il avait dit à son nouvel entraîneur Alain Lignier qu’il lui ferait un tour de magie. « Je serais très heureux d’être troisième, mais je ne vise que la première place », confiait-il au micro de Nelson Monfort, après sa demie. Pourtant, il s’était fait secouer, seulement 3e et repêché au temps. C’était même très mal embarqué à un moment. À l’image de son année 2017, moins bonne que les précédentes.
Merci pour les travaux en 2017 champion. https://t.co/cVB1zjwgmG pic.twitter.com/Ne5MTQhvaV
— Jason Burne (@Monty_Brogan69) December 26, 2023
Il a changé d’entraîneur et a débuté tardivement sa saison. Au mieux 4e du meeting Diamond League de Monaco et surtout, il n’a pas participé aux championnats de France d’athlétisme. Il n’est même pas outsider à Londres, lors des championnats du monde. Et pourtant, la suite, on la connait. « Je ne l’explique même pas. J’ai eu l’impression d’être un gamin de 15 ans, avec plus d’envie et de panache », explique le Français, de nouveau au micro de Nelson Montfort.
Un retour puis une blessure en 2022
Se relever de plusieurs années de blessures, c’est fort. Après les galères et alors qu’on l’avait quasiment oublié, Pierre-Ambroise Bosse refait parler de lui en 2022. Enfin en début de saison où il peut aligner les courses. C’est dur au début, aucun chrono sous les 1:47. Puis le déclic à Paris. Forcément éclipsé par la victoire exceptionnelle de Benjamin Robert, « PAB » termine 6e de la course. Surtout, son 1:44.54 l’envoie à Eugene pour les championnats du monde. C’était presque impensable. Et pourtant. Il confirme avec une belle 3e place aux championnats de France. Il n’est plus le cador, mais il est là. Et lui a l’expérience. Alors, on se prendrait presque à rêver d’un nouveau miracle aux États-Unis. Il n’en sera rien. Fauché par une nouvelle blessure. C’est le glas de sa magnifique carrière.


