Aurélie Bresson, « les sportives » au coeur du sport au féminin
Nous avons rencontré Aurélie Bresson, fondatrice du magazine « les sportives« , qui veut continuer à le développer et à promouvoir le sport au féminin.
Aurélie, peux-tu te présenter en quelques mots ?
J’ai 29 ans, je suis entrepreneur mais avant tout une sportive dans l’âme. Je pratique beaucoup de sports, j’ai fait notamment dix ans de gymnastique, de la course à pied avec un marathon au Japon pour la paix, du cyclisme, de la randonnée et de la natation. Je m’occupe des relations presses et publiques à l’UNSS, je suis consultante médias et j’ai crée les sportives magazine il y a un an. C’est un média à part entière, qui est le premier magazine de sport au féminin.
Avant la création des sportives, quel est ton parcours ?
Je suis un « pur produit » de la communication, j’ai commencé par un DUT info-com sur Besançon car je suis native de là-bas, en Haute-Soane exactement. J’ai enchainé avec une licence et une école de communication jusqu’en Master. J’ai toujours travaillé dans le sport en parallèle car cela a toujours été important pour moi de lier l’humain, le sport et le monde professionnel. En plus de cela je suis une vraie passionnée de média et presse, tous les matins je lis mon « canard » !
Déjà plus d’un an pour le magazine, qu’est-ce que tu retiens de cette première année ?
Comme tout entrepreneur, ce que je retiens vraiment, c’est qu’il ne faut jamais rien lâcher. Je note aussi que la place des femmes dans le sport a beaucoup évolué depuis 2014 et que le magazine « les sportives » est arrivé dans le bon timing. Le succès a été très rapide, en moins d’un an, maintenant c’est à nous de conserver ce niveau tout en gardant la ligne éditoriale. Je me suis rendue compte que le milieu de la presse est beaucoup plus compliqué que ce que je pouvais imaginer et cette année m’a permis de porter un autre regard sur ce milieu. Enfin, j’ai pu aborder le sport d’une nouvelle manière, plus seulement tourné vers la performance, mais plus sur le dépassement de soit ou sur l’épanouissement personnel.
Combien de magazines vendus ? Quels objectifs pour la deuxième année ?
Pour cette première année on est dans la moyenne des magazines, pour chacun des numéros on a vendu 30% des tirages, sachant que les premiers numéros étaient tirés à 18000 exemplaires et ceux de 2017 à 20000 exemplaires. On est aussi à près de 1000 abonnements et une newsletter qui marche très bien avec 18000 abonnements.
Les objectifs seraient d’accroître les ventes et de tenir le cap jusqu’au deux ans ! On espère que « les sportives » sera toujours aussi bien reçu par le mouvement sportif et journalistique. On aimerait aussi que toutes les fédérations et les directions des sports des mairies soient abonnées au magazine ! 🙂
Quels sont tes projets de développement à court terme pour les sportives ?
On veut vraiment accroître le numérique ! Dans un premier temps, l’objectif était de nous faire connaître comme un média papier crédible éditorialement et maintenant on aimerait se faire reconnaître sur le numérique. On souhaiterait développer notre site internet en gardant notre ligne, c’est à dire donner la parole aux sportives et aux acteurs du sport au féminin. On réfléchit aussi à une application mobile, globalement des objectifs tournés vers le digital.

Est-ce que « les sportives » va suivre l’Euro Féminin et l’équipe de France ?
On va suivre et relayer les performances sur nos réseaux sociaux car c’est assez exceptionnel que deux chaines retransmettent la compétition, c’est une très belle vitrine pour le foot et le sport féminin en général. Par contre, notre magazine papier est trimestriel donc on fera surement un petit écho dans celui de septembre même si c’est un peu tard après la compétition à part si on a un excellent résultat avec une belle coupe de nos bleues ;). On va suivre même si on n’est pas un média qui traite de l’actualité chaude.
Quelle place a ce type de compétition dans le développement du sport féminin ?
La médiatisation et l’ampleur de l’Euro féminin ne sont pas du tout les mêmes que celui des garçons mais cela sera malgré tout une belle vitrine pour le sport féminin. Le fait que la compétition soit retransmise par deux médias comme Eurosport et France télévisions donnera peut-être des idées pour médiatiser d’autres sports féminins.
Comment juges-tu le développement du sport féminin en France ces dernières années ? Quels sont les chantiers principaux dans les prochains mois ?
Je dirais que c’est à l’image des femmes dans la société, elles prennent enfin leurs responsabilités et conscience que femmes et hommes doivent avancer ensemble. Je pense que le premier déclic c’est en 2014 avec Najat Vallaud-Belkacem qui a mis en place les quotas pour les plans de féminisation. Ensuite, il y a eu une très belle vitrine en 2015 grâce à la couverture de la Coupe du Monde féminine avec des records d’audience pour W9. Les JO en 2016 ont donné une nouvelle dynamique, les femmes ont été autant médiatisées que les hommes voire peut-être même plus dans certains sports comme la boxe. Il y a eu une explosion au niveau des licenciées depuis les JO dans ce sport chez les filles. On peut dire qu’on est dans une très bonne vague à ce niveau là.
Je pense que le prochain déclic sera Paris 2024, il faut qu’en parallèle de l’organisation des JO, il y ait une vraie cohérence et une vraie remise en questions des politiques sportives publiques. On doit davantage sensibiliser les personnes de terrain, on doit asseoir la réglementation autour du sport féminin, on doit encourager les clubs à ouvrir des sections féminines et que la part d’aide du CNDS soit maintenue. C’est dans les prochaines semaines et prochains mois que cela doit bouger !
Tu es ambassadrice digitale pour Paris 2024, quel est ton rôle exactement dans cette candidature ?
Paris 2024 m’a sollicité début 2017 pour savoir ma position vis à vis de cette candidature et comment j’abordais la thématique. Ils m’ont demandé si j’étais d’accord pour être l’une des portes paroles au niveau digital et au-delà, c’est à dire porter cette candidature tout en ayant un jugement critique sur les réalités du terrain.



