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Natation

Aurélie Muller, cette cicatrice devenue sa force

Nicolas Jacquemard

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Aurelie Muller

Nous avons rencontré Aurélie Muller, la nageuse de Philippe Lucas, qui, après ses mésaventures de Rio, a réussi sa meilleure saison en remportant notamment trois médailles aux championnats du monde de Budapest. 

Aurélie, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Aurélie Muller, j’ai 27 ans et je pratique la natation depuis très longtemps. Je suis sportive professionnelle depuis 2012.

Comment as-tu commencé la natation ?

C’est très simple, quand j’étais petite mon papa m’emmenait aux bébés nageurs et j’aimais vraiment être dans l’eau. Par la suite, mes parents m’ont inscrit dans un club de natation et j’ai vraiment accroché, du coup j’ai continué. J’ai ensuite fait les sports études au collège et au lycée et en 2006 j’ai explosé mes performances !

Pourquoi avoir privilégié l’eau libre aux bassins ?

Quand j’explose en 2006 je suis une nageuse de longues distances en bassin, 800 mètres et 1500 mètres. Mon rêve de sportive était de participer aux JO, mais en 2007 c’était compliqué car la concurrence était forte sur 800 mètres et le 1500 mètres féminin n’était pas une discipline olympique. J’ai donc décidé d’essayer de faire un 5 km eau libre pour voir ce que c’était et j’ai adoré. Cela a très vite fonctionné pour moi, je me qualifie pour les championnats du monde dans la foulée. Ensuite, il fallait finir dans les dix pour aller aux JO et je finis 9ème. Tout est parti de là !

Un an après la déception de Rio, quel regard portes-tu sur ta mésaventure ? As-tu réussi à la digérer ?

Oui c’est digéré mais cela restera ancré dans ma carrière et mon histoire. L’année n’a pas été simple mais je peux le dire aujourd’hui, j’ai réussi à me servir de Rio comme une force et cela m’a vraiment permis de rebondir. Rio sera toujours une cicatrice mais je m’en sers pour avancer maintenant plutôt que de laisser cette mésaventure me détruire.

On peut imaginer que Tokyo 2020 est déjà clairement dans ta tête pour aller la chercher cette médaille ?

Je l’ai dit quelques jours après Rio, mon objectif reste une médaille olympique. Donc oui l’objectif c’est 2020 mais il va bien falloir gérer l’olympiade car j’aurais quand même 30 ans en 2020. Cela va être une organisation différente, j’ai déjà fait 2 olympiades et je n’aime pas la routine donc je dois réussir à organiser les trois prochaines années au mieux pour atteindre mon objectif.

Tu as réalisé des championnats du monde presque parfait avec deux médailles d’or et une en argent, est-ce que tu peux nous raconter ces courses ?

Après Rio, les championnats du monde n’étaient pas véritablement un objectif car j’étais déjà championne du monde donc je n’avais ni la motivation, ni l’envie. C’est un peu terrible de dire cela mais, après une telle désillusion, c’est compliqué de se remobiliser pour un titre que l’on a déjà. C’est pour cela que je me suis fixé trois défis pour l’après Rio : la Santa Fé, la Coupe du monde d’Abu Dhabi et un 1500 mètres en bassin. C’était vraiment mes objectifs de l’année et je les ai atteints tous les trois. En arrivant aux Championnats du monde, mon objectif était de refaire une compétition au niveau international avec l’envie d’accrocher un podium si la forme était au rendez-vous.
Sur le 10km, j’avais un peu d’appréhension mais comme j’avais réussi mes objectifs de l’année, je me suis dit que ce n’était que du bonus. J’ai pris la tête de la course très rapidement et j’ai tenu jusqu’au bout. C’est vraiment la consécration de toucher cette plaque en première et de montrer que j’étais touchée mais pas coulée. C’est une immense fierté ce titre qui est à mon image.
Sur le 5km, j’étais plus légère après la médaille alors j’ai reproduit le même schéma et je décroche l’argent. J’en suis donc très contente.
Enfin le relais, avec Marco et deux jeunes, qui était pour la première fois aux mondiaux. C’est vraiment la course où je me suis le plus exprimé. Tout le monde nous attendait, après nos médailles en individuel, et nous avons tenu notre rang. C’est que du bonheur de réaliser cette performance avec deux jeunes, nous avons montré que la France serait au rendez-vous encore longtemps en eau libre.

Gagner en équipe dans un sport individuel comme la natation doit procurer une émotion différente ?

C’était quelque chose de nouveau pour tout le monde et, effectivement, le bonheur est décuplé. Et puis c’est toute l’équipe de France qui est championne du monde, pas seulement nous 4. C’est une course spectaculaire, il y a de l’action et cela peut aider à la médiatisation. J’espère vraiment que ça deviendra une discipline olympique car nous avons eu de très bons retours après la course.

Quels sont tes prochains challenges ?

Mon prochain challenge est de reprendre mes études, je ferai par conséquent un peu moins de natation. Je pense que c’est vraiment la bonne année pour faire cela. Je sors de ma meilleure année, j’ai remis les pendules à l’heure après Rio donc je peux me prendre un an où je vais faire seulement du mi-temps dans l’eau. J’intègre un BTS diététique pour préparer ma reconversion. En terme sportif, je n’ai pas encore défini mes objectifs mais je participerai à des épreuves de Coupe du monde pour rester dans le bain et je verrai plus tard si je participe aux Championnats d’Europe.

Paris 2024, c’est fait, qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Ayant connu les Jeux, je sais ce que cela représente, mais à domicile je pense que c’est encore autre chose. C’est vraiment top et cela rentre dans ma réflexion de continuer ou non après Tokyo 2020. Je devrai prendre une décision, mais dans tous les cas j’y serai que ce soit en tant qu’athlète ou en simple spectatrice ! 🙂 Tous les athlètes se sont mobilisés pour cette candidature et c’est vraiment beau !

Nicolas Jacquemard


Passionné de sport et entrepreneur depuis mes 18 ans, la création de Dicodusport m'a semblé évidente pour participer à la médiatisation d'un plus grand nombre de sports. Le chemin est long mais avec une équipe des plus motivées et les Jeux Olympiques de Paris 2024 en point de mire, nous y arriverons ! Journaliste dans le monde du sport depuis plus de 5 ans, je traite aussi bien de football, de rugby, de biathlon et de cyclisme.

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