Avant Marcel Hirscher, ces sportifs sortis de leur retraite avec plus ou moins de réussite
L’un des plus grands skieurs de tous les temps est de retour. Cinq ans après s’être retiré des pistes de ski, Marcel Hirscher sort de sa retraite et s’apprête à entamer une saison 2024-2025 qu’il effectuera sous les couleurs néerlandaises, terre de naissance de sa mère. L’homme aux huit gros globes de cristal se sait particulièrement attendu, même si les retours des immenses champions n’ont pas toujours été couronnés de réussite.
Ils ont signé un retour gagnant
Impossible de ne pas dresser la liste des retours réussis sans placer le come-back de Michael Jordan au sommet. Usé par le rythme effréné de la NBA, en manque de motivation et très affecté par la mort brutale de son père, Michael Jordan prenait le monde du basket-ball de court en annonçant sa retraite en 1993, dès l’âge de 30 ans. Avec trois bagues au doigt, le légendaire n°23 des Chicago Bulls se retirait des parquets de NBA, désireux de goûter à la surface cendrée d’un terrain de baseball.
Son aventure balle en main ne dura le temps que d’une saison. Malgré une centaine de matchs disputés en ligue mineure, du côté des Barons de Birmingham, Michael Jordan comprenait que son niveau n’était pas suffisant pour prétendre à une place en ligue majeure. Il rangeait sa batte au placard en mars 1995, puis annonçait dans la foulée son retour en NBA, lors d’un communiqué de presse aussi bref que légendaire : « I’m back ».
La suite, tout le monde la connaît. Michael Jordan décrochait trois nouveaux titres en NBA, recevait à deux reprises le titre de MVP de la saison régulière et s’imposait définitivement comme le plus grand basketteur de l’histoire, avant une seconde retraite qui ne sera, elle aussi, guère définitive.
Du côté de la natation, les bassins ont aussi de belles histoires à conter et leurs lignes d’eau, ont maintes fois tremblé au fil des puissants mouvements de crawl de Dara Torres.
Avec la délégation américaine, elle glanait trois médailles olympiques consécutives sur le relais 4 x 100 m nage libre, entre 1984 et 1992. Éreintée par une carrière internationale qu’elle avait débutée dès ses quatorze ans, Dara Torres se retirait des bassins à 25 ans, au terme des Jeux de Barcelone.
Sept ans plus tard, celle qui était devenue consultante à la télévision et avait entamé une carrière de mannequinat, surprenait son monde en annonçant se préparer pour les Jeux de Sydney. Un pari risqué, mais couronné de réussite. À 33 ans, la puissante nageuse floridienne glanait trois médailles de bronze en individuel, sur 50 m nage libre, 100 m nage libre et papillon, et deux titres en relais, avant de se retirer… puis repartir pour une dernière danse.
Inépuisable malgré ses 41 ans et la naissance d’une petite fille, Dara Torres était de retour dans les bassins pour les Jeux de Pékin en 2008. Vingt-quatre ans après sa première aventure olympique, l’immense championne qu’elle était s’en allait conquérir ses trois dernières médailles estampillées des cinq anneaux, toutes en argent.
Pendant ce temps, l’eau du bassin olympique de la capitale chinoise entrait en ébullition lorsque Michael Phelps glanait son huitième titre en autant d’épreuves disputées. Du jamais-vu dans l’histoire des Jeux. Le plus grand nageur de tous les temps complétait son palmarès en décrochant quatre nouveaux titres à Londres en 2012, avant de se retirer des bassins.
Mais comme Dara, l’envie d’y replonger à nouveau était irrépressible. De retour en 2014, il disputait ses derniers Jeux Olympiques à Rio et s’en allait chercher cinq nouvelles médailles d’or. Michael Phelps quittait définitivement la scène sportive au terme de ces Jeux, auréolé de 23 titres olympiques. Un record.
Enfin, comment ne pas citer l’univers de la petite balle jaune et évoquer le retour gagnant et inattendu de Kim Clijsters, à l’US Open 2009. Lauréate d’un titre en Grand Chelem (US Open 2005), la joueuse belge annonçait en 2007 se retirer des terrains de tennis à seulement 24 ans. Devenue mère d’une petite fille en février 2008, Kim Clijsters ressortait sa raquette du placard en 2009, déterminée à retrouver le plus haut niveau.
Trois semaines seulement après son retour à la compétition, une wild-card lui permettait de participer à l’US Open malgré son éviction du classement WTA, elle qui n’avait disputé le moindre tournoi en deux ans. Rayonnante, la joueuse belge s’imposait face à Marion Bartoli au 2e tour, expédiait sa compatriote Kirsten Flipkens et faisait tomber les deux sœurs Williams qui occupaient les 2e et 3e rangs mondiaux. En finale, deux petits sets lui permettaient de s’imposer face à Caroline Wozniacki et signer un exploit retentissant. Kim Clijsters devenait la première joueuse non-classée à remporter l’US Open. Celle que l’on surnommait désormais « Super Mum » conservait son titre l’année suivante, puis glanait un quatrième titre du Grand Chelem en 2011, sur le gazon de Wimbledon.
Ils sont revenus, mais n’ont pas brillé
Une petite semaine après l’exploit de sa compatriote belge, Justine Henin, retraitée depuis 2008, annonçait, elle aussi, son retour à la compétition. La Belgique retrouvait ses deux gloires du début des années 2000, mais la joueuse wallonne ne connut pas le même succès que Kim Clijsters.
Et pourtant, on aurait pu y croire. Pour sa première réapparition en Grand Chelem, Justine Henin accédait à la finale de l’Open d’Australie 2010. Battue par Serena Williams malgré un match disputé. Demi-finaliste à l’Open de Miami, puis lauréate du Grand Prix de Stuttgart, elle enchainait les victoires, parfois face à des joueuses du Top 10, jusqu’à ce qu’une blessure à Wimbledon ne vienne mettre fin à ses ambitions. Une rupture partielle du ligament du coude droit dont elle ne se remettra jamais. Justine Henin mettait un terme prématuré à sa saison, puis annonçait la fin de sa carrière en janvier 2011, à 28 ans.
Toujours côté tennis, Martina Hingis et Björn Borg ont également tenté un retour au plus haut niveau, mais n’ont réussi à retrouver la voie du succès. Talent précoce, plus jeune joueuse à accéder au rang de n°1 mondiale et lauréate de cinq tournois du Grand Chelem à seulement 18 ans, la Suissesse mettait un terme à sa carrière en 2003, à seulement 22 ans. Trois ans plus tard, Martina Hingis annonçait son retour sur les terrains. Une aventure d’un an et demi, durant lesquels elle ne retrouva jamais son meilleur niveau, avant d’être suspendu pour dopage, à la suite d’un contrôle positif à la cocaïne lors du tournoi de Wimbledon, en 2007.
Le come-back de Björn Borg, lui, était encore moins glorieux. Sept ans après sa retraite, l’homme aux onze tournois du Grand Chelem ressortait sa raquette d’antan et voulait regoûter à la compétition, à 35 ans. Toujours muni de sa raquette en bois qui avait fait ses plus belles années, le joueur suédois était impuissant face à la nouvelle génération équipée de raquettes en acier bien plus modernes. Entre 1991 et 1993, Björn Borg disputait douze matchs et les perdait tous, avant de se retirer définitivement du circuit international.
Dans les bassins, Mark Spitz, l’ancien nageur le plus décoré des Jeux avant l’avènement de Michael Phelps, avait, lui aussi, voulu prouver qu’il était toujours le meilleur, malgré ses 40 ans passés. En 1992, vingt-ans après ses derniers exploits et ses sept titres olympiques glanés à Munich, le nageur américain annonçait reprendre l’entraînement en vue d’une qualification aux Jeux de Barcelone. Voyant que la marche était trop haute, il se ravisait quelques mois plus tard.
Laure Manaudou, elle, persévérait. Celle qui avait apporté le premier titre olympique à la natation française depuis 1952 replongeait dans les bassins en 2011, deux ans après avoir mis un terme à sa carrière. Malgré des résultats prometteurs aux championnats de France, en remportant trois titres sur 50 m, 100 m et 200 m dos, Laure Manaudou était éliminée dès les séries, aux Jeux de Londres en 2012. Quelques mois plus tard, elle annonçait tourner la page et clore définitivement son chapitre de nageuse.
Marcel Hirscher, l’homme qui s’apprête à effectuer son grand retour sur les pistes de ski ce week-end, avait décroché son premier gros globe de cristal en 2012, l’année où un illustre champion du monde automobile mettait un terme définitif à sa carrière. Septuple champion du monde entre 1994 et 2004 et retraité au terme de la saison 2006, Michael Schumacher s’était finalement offert une dernière virée en F1 sous les couleurs de l’écurie Mercedes qui effectuait, elle aussi, son retour dans la catégorie reine du sport automobile. Entre 2010 et 2012, le pilote allemand disputa trois saisons sans jamais retrouver le chemin de la victoire. Toujours devancé par son coéquipier Nico Rosberg au classement général et auteur d’un seul podium en cinquante-huit Grands Prix, Michael Schumacher quittait le monde de la Formule 1 le 25 novembre 2012, du côté de São Paulo.




