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Benjamin Daviet, l’or paralympique dans le viseur

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Le natif d’Annecy connaît un début de saison royal. Lors de la première manche de la coupe du Monde disputée à Canmore, au Canada, le Français a décroché ni plus ni moins que cinq victoires. Un début de saison canon qui promet de belles choses en vue des Jeux paralympiques de PyeongChang.

« C’est un très bon début. Je ne m’attendais pas à faire cinq victoires… pas à claquer comme j’ai claqué. C’est encourageant pour la suite. Avec mon staff, on voulait frapper fort d’entrée pour faire craquer mentalement les autres dès le début. »

Depuis la médaille de bronze en relais à Sotchi, Benjamin Daviet a connu une progression qui le place aujourd’hui parmi les meilleurs en ski nordique et en parabiathlon. En 2015 à Cable (Etats-Unis), lors des championnats du Monde de relais, le Français décrochait son premier titre mondial. A cette couronne mondiale venait s’ajouter trois médailles d’argent et une de bronze. Le skieur du Grand-Bornand confirmait cette performance l’année dernière à Finsterau (Allemagne). Cette fois-ci, il repartait avec trois médailles d’or dans la musette, ainsi que deux médailles supplémentaires. Une montée en puissance, synonyme de confiance, qu’il ressent depuis cette fameuse médaille de Bronze aux J.O : « Tu repars prêt mentalement après les Jeux. Tu sais ce que tu peux aller chercher… »

https://www.youtube.com/watch?v=XbiaYJElpJk

En regardant en arrière, Benjamin a bien conscience qu’un cap a été franchi. « Je suis bien au-dessus par rapport à Sotchi. Il y a eu du travail sur quatre années. J’ai pu modifier des choses dans ma préparation, dans ma manière de skier aussi. Ce sont des détails qui font performer. »

En ligne de mire, trois médailles d’or

A quelques semaines des Jeux paralympiques, Benjamin a des ambitions et ne se cache pas. « J’ai ma petite idée. L’idéal serait trois médailles d’or. En ski de fond je vise le 20 km, en biathlon une médaille d’or sur le relais et une en individuel » confie le vainqueur du globe 2017. Sur le papier, le Haut-savoyard vise haut, mais en réalité, il l’a déjà fait lors des championnats du Monde l’an passé. Alors pourquoi pas faire mieux qu’un certain Martin Fourcade à Sotchi.

Alors que la France ne possède qu’un petit contingent d’athlète comparé à l’ogre russe, les tricolores se démarquent par la qualité de leurs skieurs. Afin de se préparer au mieux, selon les objectifs de chacun, la France a été la première nation à décider de faire des impasses sur courses en coupe du Monde. Un choix payant si l’on regarde les résultats de Benjamin, qui surclasse ses adversaires en ce début de saison, mais ne participe en ski de fond qu’aux épreuves de skating.





« Nous avons un meilleur mental que les valides »

Grâce à son contrat avec l’Armée de Terre, il peut s’entraîneur aux côtés des membres de l’équipe de France lors des stages et certaines courses de préparation. Bien que le clivage entre valide et handisport soit toujours présent, les échanges semblent toutefois s’améliorer. « Les deux fédérations sont différentes, mon avantage c’est que le contrat militaire me permet de côtoyer de valides. En été, je participe à des courses valides, cela me permet de me comparer, et de travailler. »  Avant de poursuivre : « L’hiver on ne se voit pas trop à cause des déplacements, mais l’été on se voit davantage. Il nous arrive de faire des séances ensemble. On se conseille, eux plus sur de la technique, et nous on leur apporte sur le mental. Ils se rendent compte qu’en « para » nous avons un meilleur mental. Niveau technique, il y a beaucoup à apprendre d’eux. » L’aspect technologique attire aussi le staff tricolore : Lorsque l’on a modifié ma crosse, l’entraîneur de tir, Franck Badiou s’est montré intéressé. Il y a quand même un échange. »

« Un fou sur les skis »

Si l’équipe de France handisport performe autant, c’est surtout grâce à une bonne ambiance au sein du groupe. Une relation entraîneur/entraîné à toute épreuve. « Avec les coachs, on discute beaucoup et cela marche super bien. Ils me considèrent différemment, un peu comme un fou sur les skis. J’apprends toujours au niveau de la gestion de course… à écouter mon corps… à enregistrer les détails du parcours. Ensuite, c’est plus facile sur la piste. »

Si Benjamin fait des miracles ces deux dernières saisons, c’est avant tout lié à son caractère. Joyeux dans la vie de tous les jours, mais une fois sur les skis, le Haut-savoyard se transforme en machine à gagner : « Avant une course, il ne faut pas venir me parler. Je suis dans ma bulle. Je débranche le cerveau tout en réfléchissant sur les skis. On peut me mettre n’importe qui en face, je n’ai pas de pitié, je ferai en sorte de le battre. Si tu te dis que tu n’y arriveras pas, tu ne le battras pas. Il faut se booster le plus possible. Et cela passe aussi par la préparation. Les séances de musculation ne pas évidentes. Si mentalement tu le fais, tu te forges ton mental et sur les skis ça t’aide à aller claquer. »

Au travers des Jeux Olympiques, le fer de lance de l’équipe de France paralympique de ski nordique et de biathlon espère faire passer un message. « On va essayer de parler de nous, de dire aux gens qu’il suffit de s’inscrire dans des clubs et qu’avec n’importe quel handicap il est possible de faire du sport. »

Les derniers réglages se feront fin janvier à Oberried (Allemagne), lors de la deuxième étape de la coupe du Monde. Avant, on l’espère, une pluie de médailles en Corée du Sud.

Alexandre Reynaud

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