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Betclic Élite : Le Portel, inattendu tube de l’automne

Maxime Cazenave

Publié le

Betclic Élite : Le Portel, inattendu tube de l'automne
Photo Icon Sport

BETCLIC ÉLITE 2023/24 – Parti sur des bases catastrophiques (5 défaites de rang), Le Portel a depuis procédé à des ajustements judicieux pour totalement renverser la tendance. Sur une série incroyable de six victoires consécutives, l’ESSM est irrésistible. Une fois encore, Éric Girard et son staff font des miracles.

Le 4 octobre dernier, Le Portel est dans une situation alarmante. Sur le parquet du promu Chalon-sur-Saône, l’ESSM vient alors de se prendre une volée mémorable, en prenant quasiment 30 points dans la tronche (65-94). Dans le Journal de Saône-et-Loire, le coach stelliste, Éric Girard, dresse alors un bilan à la fois juste et inquiétant : « Aujourd’hui, c’est sans doute ma faute si l’équipe joue comme elle joue et que les joueurs ne s’investissent pas. Si avec un autre coach, ces joueurs peuvent retrouver de l’adresse, des rebonds, et peuvent jouer ensemble, je signe tout de suite. Tant que je suis là, je me donnerai à 200 %, mais aujourd’hui, à 0-5, avec un basket qui n’est pas digne de l’élite, il faut se poser des questions ».

Un mois sans victoire suivi… de quarante jours sans défaite !

Une quarantaine de jours plus tard, les réponses ont été trouvées, et d’une manière absolument inattendue. En effet, depuis la rouste subie à Chalon-sur-Saône, l’ESSM n’a tout simplement plus perdu un seul match ! Cela représente une série de six victoires consécutives en Betclic Élite, que l’on peut porter à sept en comptabilisant le succès en Coupe de France à Boulogne-sur-Mer. Si le calendrier a offert majoritairement des adversaires de bas de tableau (Roanne, Metroplitans, BCM, Blois), les Portelois se sont offerts le luxe de taper Cholet, et la sensation que représente le Paris BasketBall.

Le redressement est donc spectaculaire, même pour une équipe qui nous a habitués à faire preuve de justesse dans ses ajustements en cours de saison. Lors du dernier championnat, l’ESSM avait débuté par un indigent 0V-5D avant de progressivement sortir la tête de l’eau, pour finalement assurer le maintien sans réellement trembler. À l’époque, l’explosion de Nadir Hifi avait changé le visage de l’équipe.

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Turner III et Maxhuni, des ajustements magistraux

Cette saison, Le Portel ne s’appuie pas sur un joueur aussi talentueux, mais sur un collectif huilé à la perfection. Pour cela, les Nordistes n’ont pas hésité à bouleverser leur roster. La blessure prématurée de Charles-Noé Abouo a permis d’aller récupérer en joker médical Robert Turner III. Depuis, le bonhomme fait l’unanimité et a vu son bail être déjà étendu jusqu’à la fin de la saison. L’ancien scoreur prolifique de La Rochelle (21 points de moyenne en Pro B) a par la même occasion entraîné le départ d’Anthony Roberts. Joueur impliqué, mais qui n’a pas réussi à s’adapter à la Betclic Élite. Si Turner III manque de régularité dans son scoring, ses 15 points de moyenne sont extrêmement précieux, et il s’est surtout rapidement fondu dans le moule.

En prime, l’ESSM a également fait le choix d’aller chercher Edon Maxhuni pour renforcer une mène déplumée, notamment avec le forfait jusqu’à la fin de l’année 2023 du capitaine Benoît Mangin. Révélation de l’EuroBasket 2022 avec la Finlande, puis auteur d’une saison solide en Allemagne, des doutes existaient autour de sa venue. Allait-il parvenir à performer dans le contexte très physique du championnat de France ? Il aura fallu un match pour que les doutes ne soient dissipés.





À la Halle Carpentier, face à un Paris BasketBall quasiment intouchable, il va livrer une prestation XXL (19 points, six passes). Au-delà des chiffres, Maxhuni s’est imposé dès son premier match comme le dépositaire du jeu, et le nouveau patron de l’équipe. Depuis, le garçon est toujours invaincu sous le maillot stelliste en affichant des grosses statistiques (15,4 points, 4,6 passes en 33 minutes), et un leadership phénoménal. Inutile de dire que le club s’active en coulisses pour conserver le bonhomme jusqu’à la fin de la saison.

Vautier, Février, Diawara : Les JFL venus de Pro B montent en régime

Si ces deux garçons ont permis d’inverser la tendance, il ne faut pas non plus occulter l’impact de ceux qui étaient déjà là, et ont vécu le premier mois catastrophique de l’équipe. Les Américains Phlandrous Fleming, David DiLeo et Brison Gresham ont trouvé leur rôle, et apportent des minutes cohérentes. Mais le développement des JFL pêchés en Pro B à l’intersaison est également une source infinie de satisfaction.

En figure de proue, Bastien Vautier est sans aucun doute le Portelois le plus régulier depuis la reprise. Après une grosse saison à Lille, le pivot était très attendu dans la raquette, et a naturellement effectué le step-up en Betclic Élite. Encore magnifique lors de la dernière victoire (16 points, 8 rebonds, 5 passes) à Blois, il affiche la meilleure évaluation moyenne de son équipe (19), et s’est imposé comme l’un des meilleurs joueurs à son poste de tout le championnat ! Menace offensive de premier plan, et toujours prêt à se donner en défense, il est la grande révélation stelliste.

Plus irréguliers, mais de plus en plus à l’aise dans le système, Digué Diawara et Ivan Février profitent de la bonne spirale collective pour sortir la tête de l’eau après des débuts difficiles. Chacun s’est offert un match référence dernièrement (18 points pour Février face aux Mets, 20 pour Diawara face à Cholet). Tous deux semblent également avoir pris la mesure des rôles définis par Éric Girard en se mettant au service du collectif. Évidemment, lorsque cela fonctionne, les deux bonhommes ont un rayonnement bien différent, au-delà même des statistiques. Parce que la véritable force du Portel, c’est bel et bien ce collectif huilé à la perfection.

L’ESSM domine à l’intérieur, Strasbourg pour la passe de sept ?

Alors que l’on pouvait penser qu’Éric Girard était perdu après cinq rencontres, le redressement effectué depuis porte assurément la patte de l’historique technicien portelois. Avec huit joueurs à disposition, il parvient à tirer la quintessence de chacune de ces individualités en prônant un jeu discipliné, s’appuyant énormément sur du jeu à l’intérieur. Dernier exemple en date à Blois, où ses ouailles ont tiré au pigeon derrière l’arc (4/22), mais ont totalement roulé sur la raquette blésoise (43 rebonds à 31, 27/45 à deux points). Intouchable, Le Portel reste malgré tout une équipe aux bases fragiles.

Comme le précisait Éric Girard à BeBasket le week-end dernier, l’effectif limité en nombre peut s’avérer être handicapant avec l’enchaînement des matchs : « Avec seulement huit joueurs pro, ça va tirer ». Certes, les retours de blessures d’Abouo et Mangin porteront l’effectif à dix joueurs, si Maxhuni est prolongé. Pour un club au budget toujours aussi serré, il faudra peut-être effectuer le choix de libérer un joueur supplémentaire. En attendant, l’ESSM profite à fond de cette spirale positive, et tentera de faire la passe de sept samedi, sur le parquet d’un Strasbourg en grande difficulté cette saison (4V-7D). Face à une équipe souffrant dans la peinture malgré le renfort de Nysier Brooks et ses 2,13 m, les Stellistes auront une réelle carte à jouer pour prolonger le plaisir, et grappiller une victoire supplémentaire dans la quête du maintien.

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