Betty Jouanny : « Le hockey fait pleinement partie de ma vie »
HOCKEY SUR GLACE – En début de semaine, la FFHG a annoncé une liste de 21 joueuses convoquées par le sélectionneur Grégory Tarlé, pour le prochain Tournoi des IV Nations. Cadre incontournable de cette liste depuis une dizaine d’années, Betty Jouanny n’a pas été retenue malgré des performances toujours honorables au sein du relevé championnat suisse. La joueuse aux 250 sélections s’est donc confiée sur cette situation délicate, qui va bien au-delà du simple aspect sportif.
Cette saison, tu as retrouvé la 1e division suisse avec Fribourg-Gottéron après avoir cartonné en D2. Suite à une assistance en six matchs, tu restes sur 7 points lors des cinq dernières sorties, dont un doublé le weekend dernier. Comment se passe globalement ce début de saison ?
L’année dernière, j’avais joué en doublon avec Lagenthal en D1 pour ne pas évoluer uniquement en D2. Pour moi, il n’y a pas eu de grands changements. C’était plus au niveau de l’équipe, puisque l’on a conservé pas mal de joueuses, dont certaines qui n’avaient jamais joué à ce niveau. Le début de saison a été difficile, avec quatre premiers matchs contre des grosses équipes du championnat. Ça n’a pas été simple, mais ça commence à aller mieux. Le système se met en place et on est proches de la 4ᵉ place, avec trois matchs en retard.
Individuellement, ça a été difficile suite à la nouvelle que j’ai eue deux semaines après le stage avec l’équipe de France. Pendant un mois et demi, je me suis demandée si je plantais Fribourg ou non, mais le club ne m’a rien fait, donc il fallait que je continue. Il était difficile de trouver l’envie.
Avec l’équipe de France justement, on avait la sensation que tout se déroulait normalement, tu avais même fêté ta 250e sélection en août (à une cape du record historique de Virginie Bouetz-Andrieu). Mais cette semaine, tu n’as pas été convoquée dans la liste des 21 pour le Tournoi des IV Nations, et la Fédération ne t’a pas incluse dans sa rubrique hebdomadaire, « Les Bleues de l’étranger ». Est-ce que tu as eu une explication ?
La raison est simplement une rumeur ! Je n’ai pas été écartée en raison de mon niveau sportif, malheureusement. J’aurais préféré que l’on me dise que je n’ai plus le niveau, qu’une jeune plus forte me met à la porte par exemple. Mais ce n’est pas le cas. Les tests physiques se sont comme toujours très bien passés. J’ai fait le stage d’août avec une fracture de fatigue au tibia, ce qui était vu avec le staff, donc il n’y a rien sur ce sujet-là.
En revanche, j’ai été virée salement parce qu’une fille a lancé une rumeur. L’entraîneur m’a dit ce que c’était, mais je ne sais pas ce qu’elle a dit exactement, puisque c’est lui qui m’a rapporté les propos. Suite à cela, il n’a pas voulu qu’il y ait de confrontation avec la fille en question, et il a pris cette rumeur comme une vérité. C’était sa parole contre la mienne, et j’en ai fait les frais. Je pense que c’est quelque chose qui a touché l’orgueil du coach, donc il n’a pas voulu savoir si c’était vrai ou faux. Ce qui me gêne encore plus, c’est que ces propos ne soient pas assumés.
🌟Le premier but de Marie-Pierre Pelissou
🤩Le retour à la compet’ de @MespledeJ
🎊 Le quintuplé de Margot Huot-MarchaundNos françaises ont encore brillé à l’étranger pour cette nouvelle semaine de compétition 😀👇#TeamFranceHockeyhttps://t.co/1VTVgPM60c
— Équipes de France Hockey (@Hockey_FRA) November 22, 2023
Est-ce que ton histoire en équipe de France est donc définitivement terminée en conséquence ?
Le coach ne me l’a pas signifié, mais je l’ai bien compris lorsque j’ai été virée des groupes Whatsapp. Il ne l’annonce pas, comme cela n’a pas été annoncé par la Fédération. Ils essaient de faire passer ça comme une lettre à la poste, ni vu ni connu.
D’un point de vue personnel, comment as-tu vécu cette situation difficile ?
Le moral en a pris un coup. Je ne vais pas cacher que les premiers mois ont été difficiles. J’ai eu la chance d’être entourée par les bonnes personnes tout en prenant les devants pour ne pas sombrer dans la dépression, mais aussi d’avoir un travail en parallèle en tant que préparatrice physique. J’ai des reconversions professionnelles et sportives qui m’attendent, notamment dans le trail. C’est quelque chose qui m’a aidé, et va m’aider. Ça a été dur puisque le hockey fait pleinement partie de ma vie. J’y joue depuis vingt-six ans, et seize en équipe de France. Se faire jeter comme ça, je trouve que c’est inadmissible. Il y a des moyens de faire autrement, en s’expliquant…


