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Biathlon : Comment expliquer l’échec de l’équipe de France aux Championnats d’Europe

Louka Lesueur

Publié le

Biathlon Comment expliquer l'échec de l'équipe de France aux Championnats d'Europe
Photo Icon Sport

BIATHLON – Avec 3 médailles et aucun titre, le bilan de l’équipe de France est décevant sur ces Championnats d’Europe de Martell-Val Martello (Italie). Si ce n’est pas une surprise chez les hommes, c’est plus étonnant pour les dames qui dominent le circuit IBU Cup depuis le début de la saison. Mais alors, comment expliquer ce maigre bilan ? 

Une seule médaille, en relais : bilan logique pour les messieurs

On le savait, l’équipe de France masculine ne s’avançait pas favorite sur ces Championnats d’Europe. Pour la simple et bonne raison qu’aucun des biathlètes sélectionnés n’est monté sur le podium cette saison. Dans un circuit dominé de la tête et des épaules par les Norvégiens, les Bleus peinent à exister. C’est tout logiquement que sur le plan individuel, ils n’ont pas brillé lors de ces Championnats. Le meilleur résultat, un top 10, est à remettre à l’actif de Théo Guiraud-Poillot (8ème du sprint).

Il peut y avoir des regrets tout de même, notamment pour le plus expérimenté d’entre eux, Oscar Lombardot. Le Doubiste, qui a déjà plusieurs départs en Coupe du monde à son actif, a affiché une belle forme sur les skis, en étant parmi les meilleurs temps sur chaque course. En revanche, il a péché sur le pas de tir, laissant s’envoler ses chances de podium à chaque fois. 16/20 sur l’individuel, 8/10 sur le sprint, et 14/20 lors de la poursuite, ces scores ne permettent pas de monter sur la boîte. Au final, Lombardot réalisera son meilleur résultat lors de la poursuite, avec une 6ème place et une cérémonie des fleurs comme lot de consolation.

On peut aussi regretter les mauvais passages sur le pas de tir de Gaëtan Paturel, qui semblait, lui aussi, en grande forme sur les spatules.

Les Bleus ont tout de même réussi à repartir avec une breloque, en bronze, sur le relais masculin, en livrant une prestation très moyenne, utilisant 17 pioches et visitant deux fois l’anneau de pénalité. Heureusement pour eux, la piste difficile de Martello leur a permis de se défaire des autres nations en skiant plus vite. Mais quand on voit la performance réalisée par les Norvégiens, à savoir une seule pioche, on se dit qu’il y avait beaucoup mieux à aller chercher.

Une concurrence plus féroce qu’en IBU Cup ?

Une raison que l’on peut évoquer pour justifier ce maigre bilan, c’est la différence de concurrence entre le circuit IBU Cup classique et les Championnats d’Europe. Si la très large majorité des athlètes de ces championnats concourent principalement en IBU Cup, certaines nations envoient plusieurs biathlètes de leur équipe qui concourrent habituellement en Coupe du monde, sur ces championnats.

Par conséquent, on retrouve des biathlètes expérimentés, et avec le niveau de Coupe du monde, face à des biathlètes n’ayant peu ou pas connu le niveau supérieur. Sans blâmer les biathlètes du circuit IBU Cup, il y a un écart encore visible comparé à la Coupe du monde. On retrouvait donc dans l’équipe de Norvège, des athlètes comme Johannes Dale, Vetle Christiansen, mais aussi Juni Arnekleiv, ainsi que Johanna Skottheim (Suède), Baiba Bendika (Lettonie), ou encore Tuuli Tomingas (Estonie). Même chose pour la Suédoise Anna-Karin Heijdenberg, grande dame de ces Europe, qui a souvent concouru en Coupe du monde cette saison.



Les biathlètes sont donc confrontés à une concurrence qu’ils n’ont pas l’habitude d’affronter, et cela ajoute une pression supplémentaire, d’autant plus lorsqu’ils doivent se confronter à des athlètes de ce calibre.



La maladie est passée par là

Le bilan féminin est plus fourni, mais pas plus positif pour autant. Une médaille d’argent en individuel pour Amandine Mengin (2ème du sprint) et une médaille, du même métal, sur le relais cette fois. À l’image de l’amertume de cette médaille collective, les Bleues espéraient mieux, beaucoup mieux, après un début de saison quasi parfait. Plusieurs Françaises en tête du général, des victoires et des podiums à foison, et pourtant, il y en a pour qui ces Championnats d’Europe se sont transformés en un petit calvaire.

C’est notamment le cas de Camille Bened (en tête du général IBU Cup) et Gilonne Guigonnat, qui arrivaient en Italie dans la peau de favorites. Mais les deux biathlètes ont vécu la même situation compliquée, à savoir, tomber malade juste avant les championnats. Elles avaient d’ailleurs dû renoncer à la dernière course avant cette échéance. Et cela s’est ressenti dès la première course. Sur l’individuel, elles ont terminé respectivement 16ème et 51ème. La première s’est trouvée en méforme sur les skis, avec seulement le 18ème temps, alors que la seconde a explosé sur le pas de tir (trois fautes sur le dernier debout, six au total), après des mauvaises sensations. Gilonne Guigonnat était d’ailleurs à bout de souffle lors de son interview d’après course.

Elles se sont tout de même reprises sur le sprint (9ème et 10ème) et la poursuite (6ème place pour Guigonnat), mais sans parvenir à décrocher le podium. Les résultats auraient-ils été différents sans les maladies ? Nous ne le saurons jamais, mais cet épisode a sans aucun doute laissé des traces sur l’organisme.

Du positif tout de même ?

Certes, le tableau est légèrement noir, mais pour autant, il faut aussi savoir tirer du positif dans ces moments. Et dans les choses positives, il faut parler d’Amandine Mengin. La seule à décrocher une médaille individuelle, à seulement 20 ans, et après seulement 6 départs en IBU Cup. C’est la belle performance tricolore, et une jolie promesse pour l’avenir.

Les temps de ski. Sur la piste, ça a semblé fonctionner pour les biathlètes tricolores. Oscar Lombardot, Gaëtan Paturel, Amandine Mengin, Voldiya Galmace Paulin, Gilonne Guigonnat ou encore Sophie Chauveau, ont fait parti des athlètes les plus rapides sur ces championnats. Preuve que la forme est là, et que le travail effectué par les techniciens est bon.

Pour terminer, ces championnats, comme chaque course, ont apporté une expérience qui ne pourra qu’être bénéfique. Notamment aux plus jeunes, comme Voldiya Galmace Paulin (19 ans). Elle aussi était parmi les favorites, et pourtant, elle est retombée dans ses travers sur le pas de tir. Plus que fragile sur le debout, elle semblait avoir trouvé des solutions sur les courses, en IBU Cup, mais avec la pression des championnats et de la médaille, sa fragilité a refait surface. La tricolore, avec son niveau de ski excellent, peut devenir une grande championne de biathlon, à condition que des solutions soient apportées à son tir encore trop friable.

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