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Biathlon : La Belgique, une petite nation à la conquête des plus grandes

Sophie Clapier

Publié le

Biathlon La Belgique, une petite nation à la conquête des plus grandes
Photo Icon Sport

BIATHLON – Loin de la médiatisation du football ou du cyclisme, le biathlon belge a mis un moment à se faire repérer. Mais depuis quelques années, la progression est constante pour Florent Claude, Lotte Lie et leurs partenaires. Et doucement, mais sûrement, la Belgique réduit l’écart sur les plus grandes nations.

Une arrivée tardive de la Belgique en biathlon

Avec une Fédération créée sur le tard, en 1990, grâce à la persévérance de Frédéric Lahaye-Goffart, la Belgique a mis un moment avant de voir le biathlon se développer davantage. Encore aujourd’hui, les moyens détenus pour la performance des biathlètes belges restent maigres en comparaison des budgets que peuvent avoir les nations scandinaves comme la Norvège et la Suède, ou même celui de la France. Mais petit à petit, l’oiseau fait son nid, et la Belgique se prend à rêver. À juste titre.

Longtemps dans l’ombre, le biathlon belge a commencé à être considéré avec l’arrivée dans le groupe de Michael Rösch en 2013. La naturalisation du biathlète allemand a poussé la Fédération à revoir ses ambitions à la hausse. Mais si, à l’heure où Martin Fourcade prenait chaud sur les pistes et que les concurrents belges étaient encore loin d’être compétitifs, ces derniers découvraient néanmoins les joies des Jeux en 2018. Un premier objectif atteint et un peu plus de lumière grâce également à l’arrivée dans les rangs voisins de Florent Claude en 2017, lui aussi naturalisé. Passé sous le regard expert de Jean-Guillaume Béatrix, le biathlon belge se structure davantage. Les jeunes se développent au contact des plus expérimentés, et les résultats apparaissent.

Les Belges s’invitent dans le top 10

Sous le commandement de Clément Dumont dès 2022, associé à Margit Dahl Sorensen, plus axée sur le tir, les objectifs belges prennent de l’ampleur et la progression s’opère. La plus grande ascension de l’année passée étant celle de Lotte Lie. 41ème au général à l’issue de la saison 2022-2023, elle a terminé l’hiver dernier au 28ème rang. Cette saison, elle s’est déjà distinguée sur l’individuel court de Kontiolahti avec une 16ème place. Une évolution rendue également possible grâce à l’équipe de France. En effet, grâce à un accord entre les deux nations, les techniciens des Bleus s’occupent aussi du fartage des Belges. Donc si ça glisse pour les Français, ça glisse aussi pour leurs voisins. Reste alors les aptitudes individuelles de chacun.

Mais lorsque tous les biathlètes sont en forme, la Belgique peut déjà batailler pour de belles places d’honneur, comme cela a été le cas lors des Mondiaux de Nove Mesto pour l’équipe de relais mixte, classée 8ème et plus récemment accrocheuse d’un top 10 à Kontiolahti. Individuellement, Maya Cloetens est encore un peu irrégulière derrière la carabine. Mais à 22 ans, la jeune franco-belge, native de Grenoble, peut jouer les trouble-fêtes en cas de réussite sur le pas de tir. À Sjusjoen lors de la pré-saison, elle était d’ailleurs dans les six femmes de tête de la mass start avant de craquer sur le dernier tir.

Chez les hommes, Florent Claude et Thierry Langer font figures de proue de la Belgique. Le deuxième vient tout juste de décrocher une 9ème place sur l’individuel court finlandais, son premier top 10 en carrière. Mais les deux hommes voient également dans le rétroviseur la relève pointer le bout de son nez. À Eve Bouvard, César Beauvais ou encore Marek Mackels de réduire la marge. Forts d’un stade de biathlon inauguré il y a trois ans et désormais sous la houlette de l’ancien fondeur François Soulié, les Belges ont tout pour réaliser de belles surprises cette saison. Doucemen, maiss sûrement, la conquête des grandes nations se poursuit pour la « petite » Belgique, plus si petite que ça.

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