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Bilan des championnats du monde d’athlétisme 2017 à Londres

Klay

Publié le

Bilan Championnat du Monde Londres 2017

Dimanche soir, les championnats du monde d’athlétisme de Londres se sont terminés et l’heure est au bilan. La délégation masculine française a fait sensation, les américains ont remis les pendules à l’heure face aux jamaïcains, des surprises, des confirmations, des déceptions. Tout vous est résumé par votre blog Dicodusport aujourd’hui !

Les français

Le bilan de cette compétition dans le camp bleu est exceptionnel. Sur le plan comptable tout d’abord, 5 médailles, 3 titres, une quatrième place au classement des nations. Du jamais vu ! Après les quatrièmes places de Garfield Darien sur le 110 mètres haies et de Mahiedine Mekhissi-Benabbad dans l’épreuve du 3000 mètres steeple, on se demandait si ces mondiaux post année olympique n’allait pas mal tourner pour notre délégation. Le doute n’a pas duré longtemps, derrière la déception de Mahiedine (5 fois médaillés inter-continental), « l’ovni » Pierre-Ambroise Bosse allait nous gratifier d’une des performances les plus exceptionnelles et les plus inattendus de l’athlétisme français. Le tricolore qui avait annoncé « faire un tour de magie », s’est mis en tête à 300 mètres de l’arrivée de son 800 mètres, a accéléré sèchement pour ne plus jamais être repris. Voici le onzième titre mondial de l’histoire de l’athlétisme français. Dans sa foulée, le perchiste Renaud Lavillenie, toujours à la poursuite d’un titre dans cette compétition, parvenait à décrocher une belle médaille de bronze en franchissant sa meilleure barre de la saison à 5,89 mètres. Le triple champion d’Europe et champion olympique de Londres en 2012 se contentera de cette nouvelle médaille de bronze après une saison compliquée par les blessures. La France va finir ces mondiaux en boulet de canon. Le décathlonien Kevin Mayer va confirmer la progression immense qu’il avait déjà montré à Rio où il terminait dauphin d’Ashton Eaton, en réaliser le sixième meilleur décathlon de l’histoire. Cette fois pas de record, mais des performances améliorées dans de nombreuses épreuves et en l’absence de l’américain, désormais retraité, le boss de la discipline c’est lui. Et ce n’est pas fini, on avait quitté Yohan Diniz à Rio, il y a un an, hospitalisé après un 50 km marche qu’il avait terminé à bout de forces et malade. Cette fois, il remporte enfin le titre inter-continental que son talent méritait tant. Recordman du monde et champion d’Europe, il abandonne ses adversaires dès le sixième kilomètres pour ne plus jamais être revu. Il s’impose avec la bagatelle de 8 minutes d’avance ! La dernière médaille arrivera lors d’une dernière soirée riche en émotions, grâce à la seule française au niveau depuis quelques années. Mélina Robert-Michon, médaillée sur trois des quatre dernières compétitions depuis 2013, arrivait une nouvelle fois à se transcender et ramener une médaille de bronze pour la délégation française.

Les confirmations

Dans le reste de ces championnats, de très bonne facture avec un public présent et connaisseur, on attendait de voir ce qu’allait faire le sud-africain Wayde Van Niekerk et il ne nous a pas déçu. Lui qui s’était fixé comme objectif de doubler le 200 mètres avec le 400 mètres, dont il est le nouveau champion olympique et recordman du monde, avait placé la barre très haut. Vainqueur sur l’épreuve du « tour de piste » sans combattre, il se permet de relâcher son effort sur la fin pour s’économiser pour le reste de sa compétition, il allait par contre échouer dans sa quête d’un doublé en terminant sur la deuxième marche du podium, ce qui représente déjà une belle performance. La victoire sur le 110 mètres haies du rapide jamaïcain Omar McLeod est l’oasis qui cache l’île des Caraïbes. Autre confirmation, la domination du qatari de 26 ans Mutaz Barshim au saut en hauteur. Jamais titré, il est devenu cette année le maître de la discipline avec une technique et une élégance déconcertantes. Meilleur performeur de la saison, le jeune allemand Johannes Vetter, en lançant son javelot à plus de 94 mètres, a remporté une médaille d’or attendue par une délégation allemande en retrait. Demi-surprise si l’on sait que Renaud Lavillenie était présent, mais tellement logique au vu de sa saison, l’américain Sam Kendricks est devenu champion du monde du saut à la perche. Chez les femmes, le « demi tour de piste » a vu la néerlandaise et ancienne heptathlète Dafné Schippers conserver son titre acquis il y a deux ans. Son palmarès devient éloquent pour une européenne dans les épreuves de sprint. Un autre palmarès qui se nourrit de chaque championnat, celui de la croate Sandra Perkovic qui envoie ses disques comme personne et qui semble tout simplement imbattable depuis 2010 (mis à part sa médaille d’argent à Pékin il y a deux ans). Du côté de l’Afrique du Sud, c’est le beau fixe. Comme Van Niekerk, Caster Semenya a de nouveau remporté l’or sur son épreuve fétiche du 800 mètres, tout en prenant la médaille de bronze sur le 1500 mètres. A l’image de son compatriote, les sud-africains ont bien l’intention de dominer l’athlétisme mondial et leur troisième place au classement des médailles justifie leurs ambitions élevées.  Enfin, un mot sur la championne du saut en hauteur, la russe Mariya Lasitskene qui n’a pu défendre les couleurs de son pays mais qui est parvenu à devenir la première athlète sacrée sous la bannière neutre.

Les surprises

Au rayon des surprises, et il y en a eu durant cette semaine, comment ne pas commencer par le britannique Mo Farah. Pour sa dernière grande compétition, le quadruple champion olympique, invaincu depuis 2011 et sa deuxième place à Daegu sur le 10.000 mètres, n’a pas réussi le doublé cette année 5.000-10.000. Victorieux du 10 km en début de championnat, en éclaboussant de sa classe. Le public londonien a assisté à sa défaite sur le 5 km, ne prenant que la médaille d’argent. Le maître est tombé et se retire devant son public. Autre surprise, la victoire de Pierre-Ambroise Bosse mais nous l’avons déjà détaillé. Pour la délégation américaine, terminer en tête du tableau des médailles d’un championnat du monde n’a rien d’exceptionnel. Cependant, ramener 30 médailles et 10 titres, est une réelle performance qu’il est bon de souligner. On notera surtout des performances surprenantes, compte tenu des derniers résultats les saisons précédentes. Le sprint américain s’est refait la cerise avec un doublé Justin Gatlin-Christian Coleman, ce dernier âgé seulement de 21 ans représente l’avenir du sprint mondial. L’outrageuse domination jamaïcaine a pris fin à Londres. Mais ce n’est pas tout pour les Etats-Unis, chaque année nous avons droit à un exploit. A Rio, Matthew Centrowitz avait sorti la course parfaite le jour-J sur le 1500 mètres, au nez et à la barbe de tous les favoris. Cette année, c’est sur le 3000 mètres steeple féminin qu’il faut regarder. En effet, alors que l’armada kényane pensant avoir course jouée, les deux blondes Coburn et Frerichs sont venues déjouer tous les pronostics et se sont emparées des deux premières places. Les JO de Londres, il y a 5 ans, ont donné une nouvelle dynamique au sport britannique. Revenue parmi les meilleures nations mondiales tous sports confondus, la Grande-Bretagne a offert a son public son plus beau visage. De nouveau mis en avant avec l’organisation de ces championnats, ils ont trusté une grande majorité des finales, échouant régulièrement au pied du podium. L’apothéose fut leur niveau d’excellence sur les quatre relais. Quatre médailles sur les quatre relais et un titre inattendu sur le mythique 4×100 masculin ! La dernière bonne surprise restera LA mascotte, Hero le hérisson, totalement déjanté, drôle à souhait, capable de faire des acrobaties, comme des farces à Usain Bolt. Un vrai régal. 

Les déceptions

Peut-on considérer que les performances de l’équipe de France féminine est une véritable déception ? Depuis des années et notamment à Rio, les résultats sont très décevants et la nouvelle génération peine à apporter la pierre à l’édifice monté par les garçons. Le décalage est flagrant et ce ne sera pas les médailles apportées par la doyenne du groupe Mélina Robert-Michon qui y changera quoi que ce soit. Le gouffre est immense. L’absence d’une délégation russe sous son entité nationale a fait tâche tout au long de la semaine. Seulement dix-neuf athlètes étaient autorisés a concourir sous la bannière neutre. Au final, six médailles ont été conquises par ces athlètes, soit plus de 30%, c’est assez énorme. Que dire encore de « l’hymne » et de l’absence du drapeau russe hissé derrière la championne du monde Mariya Lasitskene lors de la remise de sa médaille d’or. Qu’a-t-elle pu ressentir à ce moment-là ? Comment en arrive-t-on à de telles absurdités ? Si la Russie n’est pas invitée à se présenter à ce championnat, alors pourquoi en autoriser une infime partie à défendre leurs chances. Enfin, revenons sur la piste, la plus grande déception de ces mondiaux restera la Jamaïque. Usain Bolt battu, Yohan Blake inexistant, il n’atteindra même pas la finale du 200 mètres, le relais 4×100 si fort ne finira pas la course, certes à cause de la blessure de Bolt, mais ils ne se présentaient dans la dernière ligne droite que pour une médaille de bronze. L’absence de Shelly-Ann Fraser-Pryce, en congé maternité offrait le couloir de favorite à Elaine Thompson. Ayant dominé le 100 mètres féminin toute la saison, il était difficile de l’imaginer ne pas gagner, et pourtant… La Jamaïque termine à un piètre seizième rang au tableau des médailles avec seulement quatre podiums et un unique titre, celui de McLeod. Les voir finir ex-aequo avec les Pays-Bas à de quoi les mettre dans un embarras qu’ils devront surmonter en l’absence définitive de leur icône Usain Bolt.

L’adieu à Usain

Usain Bolt parlons-en, a-t-il effectué la compétition de trop ? Probablement. Mais comment aurait-il pu se priver d’une sortie devant ce public qui l’idolâtre depuis des années. Il souhaitait une sortie par la grande porte, il finit sur deux déceptions. Battu par les américains sur le 100 mètres, alors qu’il n’avait plus connu la défaite depuis 2007 et les championnats du monde d’Osaka (deuxième du 200 mètres, il est disqualifié avant le départ du 100 mètres en 2011 à Daegu). Ceci dit, l’hommage qui lui sera rendu en clôture sera à la hauteur de ce que Bolt a apporté à l’athlétisme depuis près de 10 ans. Un personnage incontournable, facétieux qui savaient se mettre tout le monde dans la poche à chaque apparition. Un phénomène comme on en connaît peu, qui laisser un sport sans relève, sans tête d’affiche car désormais qui pour le remplacer. Ce que les anglais ont réservé au jamaïcain restera comme un geste exceptionnel pour un Homme exceptionnel. Il repart avec un bout de piste sur laquelle il remportait trois titres olympiques en 2012. Il repart avec bien plus que ça.





Alexandre Toussaint

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