Bilan NBA 2023 : Les Chicago Bulls ont manqué d’un rien les Playoffs
SAISON NBA 2022-2023 – Alors que les Playoffs ont débuté, la rédaction de Dicodusport revient sur la saison des équipes déjà éliminées. Focus aujourd’hui sur les Chicago Bulls.
Ce qu’il faut retenir de la saison des Chicago Bulls
Éliminés lors du Play-In Tournament face au Heat, 91-102, les Bulls ont terminé leur saison le 14 avril, ce qui n’était clairement pas leur objectif. Les hommes de Billy Donovan ont eu un bilan négatif tout au long de la saison, terminée avec 40 victoires contre 42 défaites. Une 10ème place à l’Est qui leur aura tout de même permis d’affronter, et de battre, les Raptors dans la première confrontation du Play-In, avant de s’incliner face à Miami. Une issue plutôt attendue, tant sur le bilan de la saison régulière que sur le résultat du Play-In, car l’équipe semblait trop faible pour jouer sérieusement les Playoffs.
Si l’attaque n’a clairement pas été la plus en vue de la NBA (24ème offensive rating), la défense a été un des points forts des Bulls cette saison. Chicago a le 5ème meilleur defensive rating de la ligue, et ce malgré l’absence de Lonzo Ball durant l’intégralité du championnat. Alex Caruso a été le principal artisan de cette solidité défensive, épaulé notamment par les quelques bonnes minutes de Javonte Green et Patrick Beverley (transféré par les Lakers). Offensivement, le duo DeMar DeRozan – Zach LaVine a affiché une belle forme avec environ 25 points chacun, tout en prenant 4,5 rebonds et en donnant 4,5 passes de moyenne à des pourcentages corrects. Même Nikola Vucevic a retrouvé des couleurs, en retrouvant un pourcentage à 3 points décent (35%) sans être une passoire en défense.
Néanmoins, cela n’aura pas été suffisant pour aller en Playoffs, la faute peut-être à l’absence d’un vrai franchise player dans cette équipe ou d’un supporting cast assez moyen. La confrontation face au Heat lors du Play-In a aussi souligné une faiblesse dans les instants décisifs, avec un dernier quart-temps perdu 23 à 35. À 2 minutes de la fin, les Bulls menaient pourtant 90 à 89, mais ont concédé 13 points consécutifs, avec seulement un petit lancer franc marqué. Une saison à oublier jusqu’au bout finalement.
CHICAGO BULLS / MIAMI HEAT
Le résumé grand format 📹
La vainqueur se qualifie en #NBAPlayoffs pour y retrouver les Bucks de Milwaukee #NBAPlayIn pic.twitter.com/BLeSxgUlYC
— NBA France (@NBAFRANCE) April 15, 2023
Notre prévision en début de saison : 9èmes / Classement final : 10èmes
Les MVP’s : DeMar DeRozan et Zach LaVine
Il est impossible de différencier les deux hommes forts des Bulls, tant leur impact est similaire cette saison. Si LaVine est un peu plus adroit à 3 points que DeRozan, ce dernier maîtrise l’art du tir mi-distance comme personne en NBA. Statistiquement, ils totalisent chacun environ 25 points, 4,5 rebonds et 4,5 passes, et si on fouille en profondeur on s’aperçoit qu’il ont globalement le même Box Plus/Minus (+2 contre +1,9) et le même total de Win Shares (8,5 contre 8,3). Tant offensivement que défensivement, Zach et DeMar ont fait un sacré travail cette saison pour porter l’effectif des Bulls et cela se ressent tant sur le terrain que sur la boxscore.
Leur seul problème finalement, c’est qu’ils n’ont pas su emmener leurs coéquipiers plus loin que le Play-In Tournament. Si DeMar DeRozan n’a pas énormément à se reprocher sur le match décisif face à Miami (26 points, 4 rebonds, 9 passes à 47% au tir), Zach LaVine ne peut pas en dire autant. Seulement 15 points, 4 rebonds et 2 passes à 28% de réussite pour l’ancien joueur des Wolves, qui a planté son équipe au pire moment. Les deux partenaires auront une dernière possibilité de briller ensemble l’an prochain, il faudra tout de même qu’ils soient mieux entourés afin de pouvoir viser plus haut.
Le DPOY : Alex Caruso
Nommé dans la NBA All-Defensive First Team, Alex Caruso est donc un des 5 meilleurs défenseurs de la ligue cette saison. Un résultat logique, qui récompense la très bonne défense collective des Bulls, mais aussi le talent défensif de l’ancien joueur des Lakers. À 29 ans, le divin chauve est enfin adoubé et reconnu par ses pairs, après 2 ans à Chicago et 4 ans à Los Angeles dans sa courte carrière. Ses statistiques défensives cette saison ? 1,5 interception et 0,7 contre, avec le meilleur Defensive Box Plus/Minus des Bulls (+3,3), le deuxième de la NBA derrière Nikola Jokic et un des meilleurs Defensive Win Shares (+2,6) de son équipe.
En se détachant des chiffres, l’impression visuelle quand on regarde Caruso sur le terrain est toujours impressionnante. C’est un des meilleurs de la NBA pour naviguer entre les écrans et son joueur, pour attirer les fautes offensives et pour chiper les ballons. La masterpiece de sa saison, c’est sa performance défensive contre les Raptors au Play-In Tournament, où Caruso a défendu avec toute l’intensité qu’on lui connaît, totalisant 3 contres et 3 interceptions.
The 2022-23 Kia NBA All-Defensive First Team!
▪️ Alex Caruso (@chicagobulls)
▪️ Jrue Holiday (@Bucks)
▪️ Jaren Jackson Jr. (@memgrizz)
▪️ Brook Lopez (@Bucks)
▪️ Evan Mobley (@cavs)@Kia | #NBAAwards pic.twitter.com/XiT9a3vJlm— NBA France (@NBAFRANCE) May 9, 2023
Le 6th men : Coby White
Alex Caruso étant déjà nommé en tant que DPOY, il nous a fallu trouver un deuxième remplaçant à mettre en valeur dans l’effectif des Bulls. Patrick Williams et Ayo Dosunmu ayant joué plus de 50 matchs en tant que titulaire, le suivant sur la liste était Coby White. L’arrière a joué 74 matchs cette saison dont 72 en sortie de banc, avec 23,4 minutes de moyenne. Si sa moyenne de points a largement baissé par rapport aux années précédentes (9,7 contre 12,7 l’an dernier, 15,1 en 2020-2021), son efficacité en sortie de banc est toujours aussi satisfaisante. Il a ainsi obtenu sa meilleure moyenne de réussite au tir en carrière, avec 44,3% de moyenne, dont 37,2% à distance et 87% aux lancers.
Dans une équipe riche en talents défensifs, mais pauvre en scoreurs, Coby White a donc eu un gros rôle à jouer cette saison. Un vrai avantage pour lui, d’autant plus qu’il est en fin de contrat cet été et n’a donc aucune garantie pour l’an prochain, à part le fait d’être restricted free agent. Le joueur semble être apprécié par ses coéquipiers, est complémentaire de joueurs comme Ball ou Caruso, cela pourrait ainsi lui valoir une prolongation de contrat. Quelle que soit la franchise qui l’accueillera l’an prochain, il est certain que White aura sa place en NBA en 2023-2024.
La déception : Dalen Terry
Si Lonzo Ball aurait pu être le lauréat de cette catégorie, nous nous sommes souvenus qu’il ne fallait jamais tirer sur l’ambulance. Ball étant une ambulance ambulante (Nekfeu serait fier de cette allitération), nous nous sommes intéréssés au 18ème choix de la Draft 2022. Dalen Terry a disputé 214 minutes de jeu en 38 matchs cette saison, soit une moyenne de 5,6 minutes par match. Avec 2,2 points, 1 rebond et 0,6 passe de moyenne, Dalen Terry n’a pas eu beaucoup de temps pour prouver, barré par la concurrence de DeRozan, LaVine, Caruso, Dosunmu, White, Green ou encore Jones Jr. Plutôt vu comme un poste 1-2 au moment de la Draft, Terry a finalement été utilisé aux postes 2-3-4, ce qui n’est pas forcément très naturel pour lui. La déception est donc triple : Dalen Terry n’a pas pu montrer son potentiel, Billy Donovan ne l’a peut-être pas utilisé de manière optimale et le management des Bulls n’a sans doute pas drafté le bon profil de joueur quand on regarde l’effectif global.
Ainsi, quand on jette un œil à la Draft 2022, on peut voir que tous les joueurs draftés juste après lui ont bien mieux réussi : Jake Laravia (19ème choix), Malaki Branham (20ème choix), Christian Braun (21ème choix), Walker Kessler (22ème choix) et même David Roddy (23ème choix) ont tous eu un rôle intéressant à un moment donné de la saison pour leurs franchises respectives. Imaginez que Walker Kessler, un des 3 meilleurs rookies de l’année écoulée, ait été drafté aux Bulls et la saison aurait sans doute été très différente pour Chicago. Toujours plus facile à dire après la saison, et le joueur peut toujours réussir durant les prochaines saisons, mais cela reste une belle déception pour le moment, tant pour le joueur que pour sa franchise.
Quel avenir pour les Chicago Bulls ?
Dans le cadre du transfert de Nikola Vucevic, les Bulls ont transféré leur pick 2023 au Magic. Il sera néanmoins protégé top 4, ce qui veut dire que si les Bulls ont un des 4 premiers choix de Draft après la loterie qui se déroule le 16 mai, ils pourront le récupérer et drafter un joueur. Cela représente 8,5% de chances, le cas échéant, ce sera donc Orlando qui pourra s’en servir. Avec un peu (beaucoup) de chance, Chicago pourrait ainsi récupérer un très bon jeune joueur, ce qui faciliterait le futur de la franchise.
Sans spéculer sur la Draft 2023, l’intersaison des Bulls comporte plusieurs chantiers. Tout d’abord, le coach Billy Donovan est encore sous contrat et devrait rester en poste, tout comme Zach LaVine et DeMar DeRozan (en fin de contrat l’été prochain tout de même). Nikola Vucevic est par contre Free Agent et, même s’il a déclaré qu’il aimerait rester à Chicago, il va falloir que la franchise soit convaincante pour le persuader de rester, si jamais le management des Bulls en a envie. Lonzo Ball, Alex Caruso, Patrick Williams, Andre Drummond et Dalen Terry sont, eux aussi, encore sous contrat.
Quelle sera la priorité pour les Bulls ? Un vrai poste 4 titulaire, car Patrick Williams n’est pas encore au niveau pour jouer les Playoffs, tout comme Derrick Jones Jr (qui devrait prendre son option joueur). Un pivot remplaçant pour évoluer derrière Nikola Vucevic peut aussi faire l’affaire, car Andre Drummond n’est plus vraiment le joueur dominant qu’il était. La question d’un meneur de jeu peut aussi se poser en fonction de l’état médical de Lonzo Ball et des prolongations ou non de Coby White et Ayo Dosunmu. Un été chargé donc pour le GM Artūras Karnišovas !


