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Billet d’humeur Tour de France : Les échappées gagnantes, espèce en voie d’extinction

Maxime Cazenave

Publié le

Billet d’humeur Tour de France  Les échappées gagnantes, espèce en voie d’extinction
Photo Icon Sport

TOUR DE FRANCE 2025 – Ce mardi, la 4ème étape entre Amiens et Rouen a été un énième symbole de la fin des échappées au long cours, voulue par le cyclisme moderne.

Comme la société, ou même de nombreux autres sports, le cyclisme évolue au fil des années. Que ce soit en termes de matériel, de profils de coureurs, de stratégies… Le cyclisme en 2025 est devenu bien plus calculé que celui d’il y a une dizaine d’années, ce qui a eu pour tendance de quasiment annihiler certaines facettes du « vélo d’antan ».

Abrahamsen, Asgreen, Gachignard et Martinez condamnés d’emblée

Parmi ces bouleversements majeurs, les échappées sont naturellement concernées. En effet, que ce soit au XXème siècle, ou même encore dans les années 2000, s’immiscer dans une échappée ne se faisait pas uniquement dans un but publicitaire, ou pour gratter la moindre prime. Avant, prendre une échappée pouvait être synonyme de se jouer une potentielle victoire d’étape si le scénario de course le permettait. Et ce, même sur du plat ou un profil légèrement vallonné.

Ce mardi, l’étape entre Amiens et Rouen proposait ainsi un profil très accidenté dans le final, qui aurait pu profiter à quelques courageux partis à l’abordage. D’autant plus que l’échappée du jour formée ce mardi avait fière allure. Avec un rouleur cinq étoiles comme Kasper Asgreen, un pur grimpeur capable d’avaler les kilomètres comme Lenny Martinez, et les deux infatigables moteurs que représentent Jonas Abrahamsen et Thomas Gachignard, le quatuor formé à l’avant avait fière allure.

Cependant, personne n’a cru la moindre seconde à une victoire de l’un de ces hommes, et à juste titre. Il faut dire que malgré leurs efforts, ils n’auront jamais compté un avantage supérieur à 2:30, la faute au cadenassage en règle effectué par la formation Alpecin-Deceuninck du maillot jaune, Matthieu van der Poel. La démarche de la formation belge peut se comprendre dans la défense du maillot de son leader. Néanmoins, sa tunique n’a jamais été mise en danger. Mieux classé du quatuor, Kasper Asgreen pointait à 3:32 de van der Poel ce matin…

Vauquelin, dernier rescapé d’une époque révolue

Hélas, aujourd’hui, voir une échappée compter plus de cinq minutes a plus tendance à relever du fantasme qu’à une réalité. À l’exception de certaines étapes de haute montagne en 3ème semaine. La victoire de Kévin Vauquelin l’année dernière représente une véritable exception au cours des dernières années, où les favoris au général et les sprinteurs ont accaparé les victoires d’étapes des premiers jours de course.





Excepté parcours extrêmement cabossé, ou interminable (victoire de Mohoric au bout de 249 km sur la 7ème étape en 2021), plus rien n’est laissé aux courageux, qui luttent uniquement pour des récompenses secondaires, comme le prix de la combativité, ou de maigres points pour le classement de la montagne. Cela entrave les rêves de grandeur des petites équipes, cantonnées à se contenter des miettes laissées par les cadors du peloton, à une époque où les différences entre les cadors et les équipes de taille moyenne sont plus exacerbées que jamais.

C’est toute une façon de courir, et de se forger un palmarès au forceps, qui est en train de disparaître. Il faut s’en accommoder, mais difficile de ne pas avoir une pointe de nostalgie en se rappelant des victoires épiques de David Dekker à Pontarlier en 2001, ou encore du numéro en solitaire fabuleux de Thierry Marie (234km) au Havre en 1991. Des exploits uniques, qui avaient été permis par un peloton permissif. Mais qui aujourd’hui semblent désormais proscrits.

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