Billet d’humeur Tour de France : Rendez-nous les chronos longs !
TOUR DE FRANCE 2025 – Régulièrement depuis la fin des années 1990, le kilométrage des contre-la-montre ne cesse de s’amenuiser dans les Grands Tours. Une aberration pour les spécialistes de l’exercice chronométré.
- À ce sujet – Le Français de la 5ème étape : Bruno Armirail a fait honneur au maillot bleu-blanc-rouge
13 juillet 1992. Le Roi Miguel Indurain s’élance pour le contre-la-montre dessiné autour du Luxembourg. L’Espagnol s’apprête à gérer un effort de 65 km, seul et sans sourciller. Il faut dire que les organisateurs de Grands Tours, à cette époque, n’ont pas peur de proposer des distances qui paraitraient aujourd’hui complètement indécentes. À titre d’exemple, ce Tour de France 1992 proposait également un autre exercice solitaire de 64 km et également un chrono par équipes de 63 km, soit un total de quasiment 200 km !
Miguel Indurain wins the Stage 9 TT at the 1992 Tour De France in Luxembourg. His teammate Armand de Las Cuevas
was 2nd 3min behind #cycling #ciclismo #TourdeFrance #TDF1992 pic.twitter.com/2qMJr0Mawz— Pro Cycling Memories (@ClipsCycling) May 3, 2020
Une baisse sensible du kilométrage après l’ère Armstrong
La tradition fut respectée année après année, mettant en lumière le fait que, pour gagner le Tour de France, il fallait être un coureur complet. Donc non seulement un dompteur des cimes, mais également un redoutable rouleur. Au palmarès, se greffaient ainsi des Jan Ullrich ou Bjarne Riis, avant l’écrasante domination du Texan Lance Armstrong, septuple vainqueur déchu. Des hommes dont on avait l’habitude de les voir dominer les exercices chronométriques, sous toutes ses formes.
- À lire aussi – 5ème étape Tour de France 2025 : Remco Evenepoel domine le contre-la-montre, Pogacar se pare de jaune
Par la suite, les organisateurs n’ont cessé de réduire le nombre de chronos et de kilomètres associés pour arriver factuellement à un total record (et ridicule) de 22 km en 2023 avec le seul contre-la-montre de Combloux, qui plus est en côte. Les arguments utilisés par ASO et consorts sont avant tout de renforcer le suspense au niveau du classement général. En plus d’une méthode loin de faire ses preuves, il est à noter que les profils de rouleurs sont largement pénalisés par cette tendance actuelle. On pense à un Remco Evenepoel qui pourrait bien évidemment prendre de l’avance sur ses principaux concurrents sur un parcours comme celui de 1992, avant de lutter en haute montagne.
Relancer le suspense : la fausse bonne idée
De fait, plus que de créer un suspense, ce fonctionnement actuel augmente plutôt de façon significative les écarts et les disparités. Le problème est en fait pris à l’envers : plus vous créez des écarts, plus vous aurez du mouvement en montagne et des belles étapes et plus, vous aurez du suspense. En plus du fait que le Tour de France se gagne sur tous les terrains, les éternels romantico-romantiques regretteront également la beauté des contre-la-montre par équipes et la magie des prologues, également en voie d’extinction. Aussi, loin de nous l’idée d’exiger une révision de copie, mais engager une réflexion plus poussée sur le sujet ne serait pas de trop.

