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Football

CAN 2024 : Les 5 hommes forts du succès de la Côte d’Ivoire

Maxime Cazenave

Publié le

CAN 2024 : Les cinq hommes forts du succès de la Côte d'Ivoire
Photo Icon Sport

CAN 2024 – Ce dimanche, la Côte d’Ivoire a terrassé le Nigeria en finale afin de s’offrir la troisième Coupe d’Afrique des Nations de son histoire. Au bord du précipice au terme de la phase de poules, les Éléphants ont redressé la barre pour signer une performance historique. Focus sur les cinq hommes forts de ce sacre fou à domicile.

Simon Adingra

Il aurait pu ne jamais faire partie de la sélection ivoirienne avant d’en devenir l’un de ses héros. Le 27 décembre dernier, Simon Adingra se blesse avec Brighton, et est touché aux ischios-jambiers. Forfait pour le début de la CAN, et malgré des doutes quant à un possible retour, il fut tout de même l’un des membres de la liste dévoilée par Jean-Louis Gasset. Ainsi, il n’a pas participé aux premières rencontres, et a foulé seulement huit minutes la pelouse lors de la punition infligée par la Guinée Équatoriale lors du dernier match de poules. Puis, la montée en puissance s’est enclenchée. Au sein d’un groupe en mission, Simon Adingra s’est révélé être l’étincelle du front offensif.

Avec sa qualité de dribble et ses accélérations ravageuses, le jeune ailier a constamment fait des ravages. Rentré en jeu en huitièmes de finale, il va ensuite être intégré au onze de départ avec succès. En quarts de finale, il est à l’origine et à la conclusion de l’égalisation miraculeuse face au Mali à la 90e minute. Toujours aussi percutant face à la RD Congo, il va ensuite signer un véritable chef-d’œuvre en finale face au Nigeria. Sur son côté gauche, il a fait vivre un véritable cauchemar à l’expérimenté Ola Aina. Inarrêtable en un contre un, il s’est baladé sur son aile jusqu’à être élu homme du match de la finale. Il faut dire qu’après avoir tiré le corner repris victorieusement par Franck Kessié, il a également été passeur sur le second but de Haller puisque c’est lui qui fait la différence avant de centrer sur son côté gauche. Nommé meilleur joueur de la finale avec deux passes décisives au compteur, le gamin de Yamoussoukro s’est mis le pays dans la poche.

Sébastien Haller

Il s’agit d’une histoire exceptionnelle qui pourrait être racontée à Hollywood. Il y a moins de deux ans, Sébastien Haller avait vu son destin basculé. Alors qu’il venait de franchir un cap majeur en signant au Borussia Dormund, un cancer des testicules avait stoppé net son élan. Après des mois de lutte, l’attaquant formé à l’AJA s’en est sorti et a repris le cours de sa carrière. Revenu sur les pelouses de Bundesliga puis en sélection, il venait dans cette CAN pour être le numéro 9 indiscutable. Seulement, comme pour Adingra, une blessure va l’empêcher de participer aux premières rencontres. Ainsi, après avoir vu son équipe se qualifier péniblement pour la phase finale, Haller a signé son retour en 8e de finale face au Sénégal. Entré en jeu à la place de Krasso à la 72e, il va notamment inscrire son tir au but dans un dénouement haletant.

De nouveau titularisé à partir des quarts de finale, il n’aura pas l’impact escompté face au Mali, mais le garçon s’est rattrapé lors des deux rencontres les plus importantes. En demies, il inscrit l’unique but de la rencontre pour propulser son équipe en finale. Puis, en finale, après avoir notamment gâché une énorme occasion, il va se rattraper de manière monumentale en marquant le but du titre. Et quel but ! Une déviation absolument improbable du bout de la semelle pour tromper le gardien nigérian. Un véritable but d’attaquant. Ainsi, comme Adingra, Haller n’a pas pris part sur la pelouse au début de compétition catastrophique des siens avant d’être l’un des artisans principaux du parcours exceptionnel réalisé ensuite. Une fois de plus, l’attaquant du Borussia a montré que sa force de caractère était tout bonnement hors du commun. Pour le plus grand plaisir de tout un peuple.

Franck Kessié

Si le capitaine de cette équipe sacrée est bien Serge Aurier, un seul homme représente véritablement le cœur, les tripes et les parties de cette sélection : Franck Kessié. Contrairement aux deux joueurs évoqués précédemment, le joueur d’Al Ahli a pris part à l’intégralité de la campagne. Fort d’une expérience riche au plus haut niveau, le milieu ivoirien a donc été au centre des critiques durant la phase de poules catastrophique réalisée par les siens. Suite au terrible 4-0 concédé face à la Guinée Équatoriale, il s’était fendu d’un discours poignant en protégeant ses partenaires. Mais une fois les paroles passées, encore faut-il passer aux actes.





Relégué sur le banc face au Sénégal en huitièmes suite à la nomination d’Emerse Faé sur le banc en remplacement de Jean-Louis Gasset, il aura réalisé une entrée solide pour revenir dans le onze. Libéré par la présence de Jean Michaël Seri pour s’occuper des basses besognes, l’ancien milanais a rayonné au cœur du jeu. Précieux face au Mali comme face à la RD Congo, il était presque écrit que c’était à lui de relancer les siens en finale. Menée 1-0, la Côte d’Ivoire a pu compter sur un coup de casque de Kessié pour égaliser en deuxième période.

Fils d’un soldat décédé, il va alors célébrer son but en réalisant un salut militaire. Une célébration poignante qui renforce également au passage la stature de boss de l’entre-jeu du garçon. Malgré son départ décevant en Arabie Saoudite l’été dernier (comme bien d’autres), Franck Kessié a prouvé qu’à 27 ans, il était l’un des meilleurs joueurs du continent.


Jean Michaël Seri

Il est tout simplement le facteur X inattendu de la sélection ivoirienne. Qui aurait misé un kopeck sur un joueur certes de grand talent, mais perdu depuis deux ans et demi dans l’anonymat du Championship anglais ? Si son dernier passage en France à Bordeaux reste anecdotique, les suiveurs de la Ligue 1 auront retrouvé durant cette CAN le Jean Michaël Seri qui avait ébloui la Ligue 1 entre 2015 et 2018 sous les couleurs de l’OGCN. Dans la liste, le garçon semblait destiné à ne pas jouer une minute. Placardisé par Jean-Louis Gasset, il n’a pas disputé la moindre minute en phase de poules.

Fraîchement intronisé, Emerse Faé a réalisé le pari culotté de le mettre dans le onze en 8e. Une décision judicieuse. Posté en sentinelle devant la défense, le milieu de 32 ans a transformé son équipe par sa simple présence. Auteur de 120 minutes pleines face au Sénégal, il n’a ensuite jamais quitté le onze. Véritable liant entre la défense et l’attaque, il a réussi à stabiliser totalement le onze. Déjà par sa capacité à ratisser le terrain en long et en large défensivement. La charnière Kossonou – Ndicka a bénéficié de cette protection pour retrouver un niveau correct. Mais cela marche dans l’autre sens également.

Alors que les Ivoiriens avaient des énormes difficultés à ressortir le ballon proprement, Seri a tout changé. Lorsqu’un ballon devenait chaud pour l’arrière-garde, il suffisait alors de le passer au milieu de terrain de 32 ans pour que ce dernier le bonifie. De plus, les autres milieux ont profité de sa présence pour desserrer le frein à main et se projeter vers l’avant avec plus de sérénité, renforçant au passage le potentiel offensif. Discret, mais plus précieux que quiconque, Jean Michaël Seri est possiblement LE grand bonhomme de cette CAN.

Emerse Faé

Dans cette CAN absolument folle de A à Z, il est le grand vainqueur. Avant le début de la compétition, pour le grand public, Emerse Faé était « simplement » ce milieu de terrain solide et aux trois poumons qui a fait les beaux jours de Nantes et Nice durant une décennie. Mais depuis l’arrêt de sa carrière, ce dernier, avait commencé à se faire la main progressivement avec les U19 de l’OGCN, puis la réserve de Clermont, avant de devenir adjoint de la sélection. Même lorsque Jean-Louis Gasset a été débarqué, c’est le nom d’Hervé Renard qui ressortait. Mais face à l’urgence de la situation, la fédération ivoirienne a décidé de propulser Faé sur le devant la scène, avec la réussite que l’on connaît.

Si ce dernier a bénéficié des retours de blessure d’Adingra et Haller pour transformer le secteur offensif, il aura également effectué des choix forts qui se sont révélés payants. Tous deux cantonnées au banc, Jean Michaël Seri (32 ans) et Max-Alain Gradel (36 ans) ont été intégrés avant d’être performants. De plus, il a réussi à insuffler un nouvel état d’esprit à un groupe qui était alors totalement en friche. Après la déculottée infligée par la Guinée Équatoriale sous les yeux abasourdis du peuple ivoirien, sa mission ressemblait à du suicide. Malgré tout, Emerse Faé a réalisé l’exploit de remobiliser son groupe pour aller décrocher une victoire encore absolument impensable il y a une dizaine de jours. Jusque-là intérimaire, l’ancien milieu de terrain devrait voir très rapidement son bail être prolongé à la tête des Éléphants. Et cela ne serait qu’une juste récompense.

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