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Rugby à XV

Carla Arbez (Stade Bordelais) : « On veut vraiment se récompenser après la saison qu’on a faite »

Sébastien Gente

Publié le

Carla Arbez On veut vraiment se récompenser après la saison qu'on a faite
Photo Icon Sport

ÉLITE 1 FÉMININE DE RUGBY À XV – À la veille de la finale contre le Stade Toulousain, Carla Arbez fait le point sur les chances du Stade Bordelais en vue d’un triplé et l’évolution du rugby féminin en France, sans perdre de vue l’objectif Coupe du monde. 

Bonjour Carla, comment ça va ? Comment se passe la préparation pour la finale ?

La préparation se passe bien. On est solide sur nos appuis, on s’appuie sur nos acquis de la saison pour se préparer de la meilleure façon possible.

La pression commence-t-elle à monter ?

Pas forcément, on est sereines. On veut vraiment se récompenser après la saison qu’on a faite. Pour moi, on a été encore meilleures que l’an dernier, donc c’est le moment de se payer.

La demi-finale contre Romagnat a tout de même été compliquée…

C’est vrai. Parce qu’on a terminé n°1 de la saison régulière, tout le monde pensait que cela allait être facile en demi-finales. C’est vrai qu’on progresse, mais les autres équipes aussi. En plus, Romagnat avait la possibilité de jouer sa finale à domicile en cas de victoire. On a été très fortes sur l’aspect mental durant cette rencontre.

Car à la pause, vous étiez menées. Quels ressorts avez-vous trouvés ?

On commençait à bien revenir dans le match à partir de la 30e minute. Mais après la pause, on a rapidement récupéré le ballon sur un renvoi, enchaîné plusieurs actions positives, et on a construit là-dessus. On a rapidement trouvé notre second souffle, on a pu s’appuyer sur un très gros collectif et on a fait la différence dans le dernier quart d’heure. Mais ça n’a pas été facile.

Ça n’a pas été simple, notamment parce qu’elles vous ont pris devant…

On a été prises devant parce qu’on n’avait aucune conquête. Elles avaient tous leurs ballons et les nôtres. Romagnat, c’est vraiment une équipe complète qui a réussi à nous déstabiliser.



Le Stade Bordelais est resté invaincu toute la saison, jusqu’aux trois dernières journées, avec deux défaites. Cela a joué sur la dynamique ?

C’était compliqué. On était déjà qualifiées, assurées de la première place, mentalement, on pensait déjà aux demi-finales. Je pense qu’on a plus perdu ces deux matchs que les autres les ont gagnés. Mais parfois, ça fait du bien de prendre une claque. On se voyait sans doute déjà arrivées, ces deux défaites nous ont remis les pieds sur terre.



Vous voilà en finale contre le Stade Toulousain, que vous connaissez par cœur. Vous êtes fatalement les favorites…

On est sûrement les favorites, mais on ne veut pas trop « dire les termes ». Oui, on a gagné deux fois contre Toulouse en saison régulière et on a terminé premières, mais cela ne change pas grand-chose. On était allé mettre 40 points à Blagnac en saison régulière, et au final, elles sont venues nous en mettre 40 chez nous au retour. Cela ne veut plus dire grand-chose, tous les compteurs seront remis à zéro pour la finale. Après, on sera sur terrain neutre, dans un stade qui nous réussit bien…

Justement, cette finale sera en « baisser de rideau » de Clermont – Stade Français en Top 14. C’est une bonne chose ?

En termes d’exposition, c’est une bonne chose. Mais toutes les autres finales féminines auront lieu ailleurs et le même jour (à Auch, NDLR). Donc personne ne pourra voir les deux, ce qui est un peu dommage. L’an dernier, toutes les finales avaient lieu au même endroit, toutes les joueuses pouvaient voir toutes les finales.

On a l’impression qu’il n’y a pas vraiment de bonne formule pour maximiser l’exposition du rugby féminin…

Je ne sais pas, mais ça avance. Notamment grâce aux résultats de l’équipe de France. Les matchs commencent à être diffusés sur Canal+, c’est une bonne chose.

Mais qu’en est-il de la professionnalisation de l’Élite 1 et du rugby féminin ?

Pour l’instant, c’est difficile. Il n’y a toujours pas un seul contrat professionnel en Élite 1 féminine. On est aidées par le club, on a des aides au logement, certaines ont des voitures, quelques primes, mais tout dépend du budget des clubs. Moi, j’ai fait partie des joueuses qui ont bénéficié d’un contrat professionnel du fait de mon statut d’internationale, qui pourrait être renouvelé. Mais cela ne concerne qu’une trentaine de joueuses en France. Il faudrait sans doute que le championnat soit diffusé intégralement, que les droits TV augmentent, mais ce n’est pas gagné.

Qu’en est-il d’une possible Coupe d’Europe ?

Je crois que les instances espèrent une édition en 2026. Mais cela reste flou, on ne sait pas si cela concernera juste le champion, ou trois ou quatre clubs, je pense que cela dépendra du budget des clubs.

Tu as fait ton retour dans le XV de France lors du dernier Tournoi des 6 Nations. La Coupe du monde se rapproche, tu es en concurrence notamment avec Lina Queyroi et Lina Tuy pour le poste d’ouvreuse…

Rien n’est fait, on sera sans doute trois ouvreuses pour la préparation, mais pour la compétition, on ne sera sûrement que deux. À titre personnel, j’ai pris beaucoup de recul après la saison dernière. J’essaye de prendre le maximum de plaisir et d’atteindre le plus haut niveau de performance possible. On verra ce qu’il se passe.

Le Tournoi a été marqué par ce match incroyable contre l’Angleterre. Quel était le sentiment qui a dominé après cette défaite ?

Sur le coup, il y avait beaucoup de frustration d’être passées si proche de la victoire. Mais à froid, on a relativisé. Le plus important, c’est de les battre pour la Coupe du monde, puisqu’on devrait les croiser en demi-finales. L’objectif reste le même : gagner la Coupe du monde.

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