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Chronique tricolore : Anaïs Bescond, biathlète made in Normandie

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Chronique tricolore - Anaïs Bescond, biathlète made in Normandie
Markku Ulander Lehtikuva / AFP

Désormais doyenne de l’équipe de France féminine de biathlon, Anaïs Bescond, 33 ans, fait partie des plus expérimentées du circuit. Si la question d’une potentielle retraite n’est pas d’actualité, le plus gros de sa carrière est maintenant derrière elle. Après de multiple médailles mondiales, olympiques et presque 50 podiums en Coupe du monde, elle reste un des maillons forts de l’équipe.

Envie de gagner dès son plus jeune âge

Née en Normandie, Anaïs Bescond n’était pas destinée à devenir biathlète. Pas avant de suivre ses parents lors d’un déménagement dans le Jura. Elle découvre par la suite le ski et les sports d’hiver, mais surtout les champions qui vont avec. Inspirée par un certain Patrice Bailly-Salins, elle ne voulait plus qu’une chose, faire comme lui. Elle s’est mise alors au biathlon, et elle a bien fait.

Dès les catégories jeunes, elle s’est faite remarquer. Lors de ses premiers Mondiaux juniors en 2005, Anaïs Bescond décroche l’or avec le relais. Deux ans plus tard, elle remporte trois médailles en quatre courses, l’argent en relais ainsi que le bronze en sprint et en individuel. Elle gagnera une dernière médaille en juniors en 2008 avec une nouvelle fois, l’argent du relais.

Résultats encourageants dans la cour des grandes

Lors de la saison 2009-2010, Anaïs Bescond marque ses premiers points en Coupe du monde en terminant 29ème sur un individuel à Pokljuka (Slovénie). Ce n’est qu’un an plus tard qu’elle connaîtra ses premiers bons résultats. Après une 5ème place sur le sprint de Pokljuka, encore, elle monte sur son premier podium de Coupe du monde avec le relais féminin à Oberhof (Allemagne). Alors qu’elle n’a que quelques courses professionnelles dans les jambes, elle est sélectionnée pour les Mondiaux de Khanty-Mansiysk (Russie) en 2011. Si les courses individuelles sont décevantes, elle obtient sa première grande médaille internationale, avec l’argent du relais féminin.

Dès lors, Anaïs Bescond ne va faire que progresser au classement général. De plus en plus régulière, elle enchaîne les podiums en relais. Aux Mondiaux de Ruhpolding (Allemagne) en 2012, elle remporte avec Sophie Boilley, Marie-Laure Brunet et Marie Dorin-Habert la médaille d’argent. L’année suivante, en 2013, elle obtient son meilleur résultat individuel en terminant au pied du podium de la mass start d’Oslo (Norvège).

Première victoire et premiers Jeux Olympiques

C’est sur le site d’Antholz Anterselva (Italie) qu’Anaïs Bescond connaît enfin les joies du podium, et quel podium ! Sur l’épreuve du sprint, elle remporte sa toute première (et pour l’instant seule) victoire en carrière. Malgré un 9/10, elle devance l’Allemande Andrea Henkel, pourtant à 10/10.

Libérée par ce premier podium, elle participe à ses premiers Jeux Olympiques à Sotchi (Russie) en 2014. Malheureusement, elle passe par deux fois tout proche du podium, 5ème sur le sprint avec un 9/10 et 5ème de l’individuel. Quant au relais féminin, il n’a pas terminé la course. Première relayeuse, Marie-Laure Brunet fait un malaise après son tir couché et abandonne. Une première expérience olympique au goût d’inachevé. Elle termine la saison au 21ème rang mondial.

2015-2018 : années fastes

En 2015, le site finlandais de Kontiolahti accueille les Championnats du monde. Et c’est encore une fois en relais qu’Anaïs Bescond rapporte non pas une, mais deux médailles. Le relais féminin termine une nouvelle fois deuxième et le relais mixte composé de Marie Dorin-Habert, Jean-Guillaume Béatrix et Martin Fourcade prend aussi l’argent.

La saison 2015-2016 est sûrement l’une des meilleures de sa carrière. Malgré l’absence de podium en Coupe du monde, elle remporte trois médailles aux Mondiaux d’Oslo. En ouverture, le relais mixte français s’impose (Bescond – Dorin Habert – Fillon Maillet – M. Fourcade), le premier titre mondial d’Anaïs Bescond. Elle remporte aussi sa première médaille mondiale individuelle puisqu’elle devient vice-championne du monde de l’individuel. Pour terminer, elle décroche la 4ème médaille d’argent du relais féminin après 2011, 2012 et 2015.

Sa saison 2016-2017 est marquée par quelques ennuis de santé. Malgré trois podiums, dont la 3ème place de la poursuite préolympique de Pyeongchang, elle ne dispute que l’individuel des Championnats du monde d’Hochfilzen (Autriche). Un résultat prémonitoire. L’année 2018 est évidemment ponctuée par les Jeux Olympiques d’hiver en Corée du Sud. Pour ses seconds Jeux, Anaïs Bescond a pour objectif de décrocher une médaille. Sur le sprint, elle termine loin, 19ème et se complique la tâche pour la poursuite. Mais après une folle remontée, elle s’adjuge le bronze et sa première médaille olympique. Première partante du relais mixte avec Marie Dorin-Habert, Simon Desthieux et Martin Fourcade, elle passe tout proche de l’anneau de pénalité. Après son passage, la France se trouve 4ème et les hommes ont réussi à terminer le travail pour s’offrir le titre. Déjà double médaillée avant le relais féminin, Anaïs Bescond conclut en offrant le bronze à Marie Dorin-Habert, Anaïs Chevalier et Justine Braisaz après avoir été dépassée par Hanna Oeberg dans le dernier tour.

Médaille du relais mixte simple historique

L’an dernier, aux Championnats du monde à Antholz, Anaïs Bescond est rentrée dans l’histoire. En compagnie d’Émilien Jacquelin, ils deviennent les premiers biathlètes français à être médaillés sur le relais mixte simple des Mondiaux, en plus d’une victoire sur le même format à Pokljuka. Avec 7 podiums dont 3 individuels, elle termine 15ème au général de la Coupe du monde 2019-2020 et prouve son très bon état de forme et une certaine longévité. Après plus de 10 ans de carrière, 11 saisons de Coupe du monde, 7 Mondiaux et 2 JO,  Anaïs Bescond c’est :

  • 12 podiums individuels (1 victoire)
  • 37 podiums en relais (12 victoires)
  • 8 médailles mondiales (1 titre)
  • 3 médailles olympiques (1 titre)

Maxime Boulard


Journaliste/rédacteur depuis octobre 2020 - Si mon plus vieux souvenir de sport aurait pu m'en dégoûter, la finale de la Coupe du monde 2006 a été tout le contraire. Véritable déclencheur d'une passion qui aujourd'hui ne fait que grandir avec le temps, mon leitmotiv est la France qui brille ! Je relate les exploits passés et présents du sport bleu-blanc-rouge sans ménagement depuis octobre 2020. Sport valide ou handisport, aucune différence, il n'y a que du sport et plusieurs façons de le pratiquer.

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