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Chronique tricolore : Tessa Worley, tout d’une géante

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Chronique tricolore : Tessa Worley, tout d'une géante
Photo AFP

SKI ALPIN – Pure spécialiste du slalom géant, Tessa Worley a pratiquement tout gagné dans sa carrière. Si son talent est connu et reconnu de tous, ses blessures et la malchance ne l’ont cependant pas épargné. Entre succès et désillusions, retour sur la carrière d’une grande dame du ski français.

Née sur des skis

D’origine australienne par son père et française par sa mère, Tessa Worley est née à Annemasse en Haute-Savoie. Si une carrière dans le ski n’était pas une évidence pour certains, pour elle, c’est tout l’inverse. Mise sur des skis dès l’âge de deux ans, elle a pu vite progresser grâce à ses parents, tous deux moniteurs. Régulièrement en déplacement entre la France et l’Océanie, elle rentre finalement avec sa mère où elle rejoint le club du Grand Bornand.

En parallèle de son début de carrière en Coupe d’Europe, elle continue ses études et obtiendra en 2008 son baccalauréat. C’est cette même année qu’elle obtient ses premiers gros résultats au très haut niveau. Après avoir décroché la médaille de bronze des mondiaux juniors en 2008, elle signe sa toute première victoire en carrière lors du géant d’Aspen (Etats-Unis) le 29 novembre de la même année. De plus en plus régulière, Tessa Worley décroche la saison suivante sa seconde victoire sur le géant d’Are (Suède). Elle participe alors à ses premiers Jeux Olympiques à Vancouver en 2010, où elle prendra la 16ème place du géant.

Un nouveau statut à assumer

Egalement membre de l’équipe de France militaire de ski, Tessa Worley remporte le bronze en slalom et le titre par équipes aux mondiaux militaires en 2010. Désormais prétendante au globe de cristal du géant, elle échoue de peu lors de la saison 2010-2011. Malgré trois nouveaux succès en Coupe du monde, c’est l’Allemande Viktoria Rebensburg qui s’adjuge le globe de la spécialité. L’Allemande et la Française qui, pour l’anecdote, partagent le même jour de naissance de la même année.

Très attendue pour les Championnats du monde de Garmisch-Partenkirchen (Allemagne), elle prend une médaille de bronze inespérée après une 19ème place en première manche. Une troisième place derrière Federica Brignone et Tina Maze. Lors de l’épreuve par équipe mixte, elle participe au tout premier succès mondial de la France dans cette épreuve.

Championne du monde et forfait pour les JO

Deux fois victorieuse en 2011-2012, elle continue sur sa lancée avec une belle régularité. Trois fois troisième, en début de saison 2013, elle ne parvient toutefois pas à s’imposer. Objectif principal de la saison, les Mondiaux de Schladming (Autriche) en tant qu’outsider. Dossard 1, elle signe le meilleur temps de la première manche avec plus d’une demi-seconde d’avance. En totale maîtrise, la Française crée des écarts stratosphériques. Lauréate également de la seconde manche, elle remporte son premier titre mondial individuel avec 1.12 d’avance sur la favorite Tina Maze.

Forte de ce titre mondial, Tessa Worley peine cependant à confirmer l’année suivante. Après sa 8ème victoire en Coupe du monde elle prend part au slalom de Courchevel, mal lui en a pris. Après une grosse chute en première manche, on lui diagnostique une rupture du ligament croisé du genou droit. Une terrible nouvelle puisque cela la prive des Jeux Olympiques de Sotchi où elle pouvait croire à la médaille. Une blessure dont elle mettra du temps à se remettre, puisqu’elle ne retrouvera le podium qu’en 2016.

Second sacre mondial et présente à Pyeongchang

Après cette longue traversée du désert, la Haute-Savoyarde est revenue au bon moment. La saison 2016-2017 est sans doute la meilleure de sa carrière. Avec déjà trois victoires cet hiver-là, elle arrive pleine de confiance à Saint-Moritz (Suisse) pour ses cinquièmes Mondiaux. Après une excellente 8ème place en Super-G, Tessa Worley devient la première Française double championne du monde de géant. Elle devance l’Américaine Shiffrin et l’Italienne Goggia. Un site qui lui réussit particulièrement bien puisqu’elle s’était déjà imposée deux fois en Coupe du monde de géant en Suisse. En compagnie, entre autres, de son compagnon Julien Lizeroux, elle participe une nouvelle fois au second titre mondial par équipe, quatre ans après le premier.

En plus de ses trois victoires et de ses deux nouveaux titres mondiaux, elle remporte son premier globe de cristal en géant, avec une 6ème place au général qui parachève sa saison. C’est une saison en demi-teinte qui suit : quatre podiums dont une victoire en Coupe du monde, avant de partir pour ses seconds Jeux à Pyeongchang. L’espoir d’enfin conjurer le sort aux Jeux s’envole encore une fois. Après une vingt-huitième place en super-G, elle ne termine « que » 7ème de son épreuve de prédilection, le géant. Elle terminera la saison au deuxième rang de la spécialité.

Une médaille pour l’histoire

Alternant les bonnes et les moins bonnes saisons, Tessa Worley revient au plus haut niveau depuis décembre 2020. Troisième à Courchevel puis deuxième à Kranjska Gora (Slovénie), elle retrouve le succès en s’imposant à Kronplatz (Italie). Cette victoire intervient plus de deux ans après la dernière, à Sölden, en octobre 2018. De retour en forme, elle aborde les Championnats du monde de Cortina avec l’objectif de se faire plaisir. Elle s’aligne sur la toute nouvelle épreuve du slalom parallèle et remporte la médaille de bronze. Elle fait donc partie des toutes premières médaillées de l’histoire de l’épreuve aux Mondiaux.

Tessa Worley en chiffres

Avec 14 victoires en Coupe du monde, elle est la troisième Françaises au nombre de victoires derrière Perrine Pelen (15) et Carole Merle (22).

  • 32 podiums en Coupe du monde (14 victoires)
  • 6 médailles mondiales (4 titres)
  • 5 médailles aux Mondiaux militaires (2 titres)

Maxime Boulard


Journaliste/rédacteur depuis octobre 2020 - Si mon plus vieux souvenir de sport aurait pu m'en dégoûter, la finale de la Coupe du monde 2006 a été tout le contraire. Véritable déclencheur d'une passion qui aujourd'hui ne fait que grandir avec le temps, mon leitmotiv est la France qui brille ! Je relate les exploits passés et présents du sport bleu-blanc-rouge sans ménagement depuis octobre 2020. Sport valide ou handisport, aucune différence, il n'y a que du sport et plusieurs façons de le pratiquer.

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