Cian Uijtdebroeks : Un transfert, un imbroglio et une dérive
CYCLISME SUR ROUTE 2024 – Visma – Lease a Bike a annoncé la signature de Cian Uijtdebroeks pour la saison 2024. De son côté, Bora – Hansgrohe affirme qu’il est toujours sous contrat. Un transfert et un imbroglio qui confirment la dérive vers laquelle de nombreux sports professionnels prennent la direction.
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Cian Uijtdebroeks a signé son premier contrat professionnel avec la Bora-Hansgrohe en 2022, et ce, pour trois saisons. La pépite belge était donc, a priori, liée à son équipe jusqu’en décembre 2024. Mais ce samedi, Visma – Lease a Bike a annoncé sa signature pour les quatre prochaines saisons, 2024 inclus. Alors que des rumeurs de départs avaient circulé, ce transfert n’est pas vraiment surprenant.
La réplique de la Bora-Hansgrohe
Mais quelques minutes après l’annonce du transfert, l’affaire prend une nouvelle tournure. La Bora – Hansgrohe publie un très court communiqué qui met en doute le transfert. L’équipe allemande n’aurait donc pas donné son accord et le changement d’équipe n’aurait pas été approuvé par l’employeur actuel. On peut lire sur ce communiqué :
Cian est et restera membre de BORA – hansgrohe la prochaine saison. Il est contractuellement lié avec nous jusqu’au 31 décembre 2024.
Statement concerning today’s news from Jumbo – Visma regarding our rider Cian Uijtdebroeks
Cian is and will remain a member of BORA – hansgrohe, also in the coming 2024 season. He is contractually bound with us until 31 December 2024.
— BORA – hansgrohe (@BORAhansgrohe) December 9, 2023
Pas le temps de respirer, que c’est au tour des agents de Cian Uijtdebroeks de communiquer à leur tour. Ils expliquent que le contrat de leur coureur a pris fin au 1er décembre 2023, que l’UCI est au courant de la situation, et que son arrivée chez la Visma – Lease a Bike est dans les règles. Mais alors, comment un coureur peut-il mettre fin à son contrat le 1er décembre de manière unilatérale ? Sans avoir le contrat sous les yeux, c’est difficile de répondre à cette question. De plus, les deux parties semblent être sûres de leur fait.
On peut aussi se poser des questions quant à la position de l’équipe néerlandaise qui officialise un transfert alors que la situation contractuelle du coureur semble complexe. Cédric Vasseur, patron de la formation Cofidis, s’en est d’ailleurs pris au patron de la Visma – Lease a Bike sur les réseaux sociaux, en lui demandant de démissionner de son rôle de président de l’Association Internationale des Groupes Cyclistes Professionnels. Le groupe vit bien.
What is that again for the @AigcpOfficial president ??? You have to respect the rules and resign immediately !!! Get out
— Cédric Vasseur (@cedvasseur) December 9, 2023
Une dérive, et un silence de l’UCI
Quelles que soient les raisons et les modalités, que nous finirons par connaître un jour, Cian Uijtdebroeks ne devrait pas aller au terme de son premier contrat professionnel. Si le procédé est devenu monnaie courante dans le football, il touchait encore peu les autres sports il y a quelques années. Les transferts, les fins de contrat anticipés ou les imbroglios, comme celui dont il est question ces derniers jours, sont de plus en plus fréquents dans de nombreuses disciplines.
On peut par exemple citer le rugby. Melvyn Jaminet, international français du Stade Toulousain, encore sous contrat jusqu’en 2025, a été transféré en pleine saison au RC Toulon. L’hiver dernier, Jay Vine a signé chez UAE Team Emirates malgré un bail avec Alpecin – Deceuninck. Si dans le football, la pratique est courante, elle est surtout encadrée, avec notamment des dates de mercato pour effectuer ces transferts.
Cette dérive qui touche donc d’autres sports professionnels, suit une certaine logique, mais elle manque à ce jour d’encadrement. Au-delà des mesures à prendre pour clarifier les choses et éviter que cela devienne le cirque, le silence de l’UCI dans cette affaire pose aussi question, alors que les agents de Cian Uijtdebroeks ont expliqué que l’Union Cycliste Internationale était au courant depuis un moment du processus. Les instances ne vont pas pouvoir tourner la tête bien longtemps, et vont devoir reprendre le pouvoir, en sifflant la fin de la récréation. En attendant, ce genre de cas n’a pas fini de se multiplier.


