Cinq athlètes à suivre lors des championnats de France Elite indoor
ATHLÉTISME – Les championnats de France Élites en salle ont lieu samedi et dimanche à Aubière (Puy-de-Dôme). Focus sur cinq athlètes à suivre durant la compétition.
Léonie Cambours (Pentathlon)
Elle a battu son record le 29 janvier dernier, à l’occasion des X-Athletics, avec 4 490 points au pentathlon. Elle retrouve la piste d’Aubière pour défendre son titre de championne de France en salle. Qui l’avait ensuite propulsée aux Mondiaux en salle de Belgrade. Comme en 2022, les France Élites 2023 pourraient être un tremplin pour les championnats d’Europe d’Istanbul. Pour le moment, la Normande est quatrième européenne. Et Saga Vanninen est troisième avec 4 541 points. Évidemment, ce bilan est à prendre avec des pincettes, car l’échéance est encore lointaine et certaines athlètes pourront obtenir une qualification exceptionnelle, grâce à leurs résultats la saison passée. Mais Léonie Cambours pourrait bien être une outsider à la médaille.
Pour cela, casser la barrière des 4 500 points peut permettre de marquer les esprits. Elle est encore perfectible au poids, où elle a lancé à près de 70 cm de son record, le 29 janvier. Mais aussi à la hauteur, où elle a passé 1,79 m contre un record absolu à 1,86 m, dans une discipline qui rapporte énormément de points. Il y a également des points à aller chercher du côté de la longueur. Si tout se met en place, on pourrait assister à une vraie grande performance !

Alice Finot (3 000 m)
Retour à la salle cet hiver pour la recordwoman de France du 3000 m steeple, après une saison indoor blanche en 2022, la faute à une blessure. Alice Finot a fait sa rentrée à Liévin, avec un chrono de 8:52.32, qui la laisse sur sa faim, comme elle l’a confié sur les réseaux sociaux. Elle est la grande favorite de la course et la seule Française sous les neuf minutes en 2023. Cependant, il lui sera dur de réaliser les minimas pour Istanbul (8:48).
N’étant pas parmi les huit meilleures mondiales sur 3 000 m steeple ni ailleurs, Alice Finot n’a pas encore la certitude de pouvoir défendre sa très belle médaille d’argent européenne, obtenue en 2021 au terme d’une course de folie, où elle avait battu son record personnel (8:46.54). Ceci dit, le ranking devrait jouer en sa faveur. Et avec sa performance à Liévin, elle a marqué de gros points.
Azeddine Habz (1 500 m)
Il a littéralement changé de dimension cet hiver ! Avec ses 3:35.27 sur 1 500 m réalisés à Liévin, pour une magnifique deuxième place dans l’une des courses indoor les plus relevées au monde, Azeddine Habz sera le grand favori du 1 500 m des France Élites. Une course qui sera intéressante, non pas d’un point de vue chronométrique, mais pour savoir comment il se comporte dans les courses tactiques. Jusque-là, il a surtout couru sur des courses rapides, avec lièvres.
Mais un championnat est totalement différent dans la manière d’aborder la course. Pas de lièvre et une vraie bataille d’athlète à athlète. Avec parfois des rythmes lents et une course qui s’emballe dans les 500 derniers mètres. Remporter le titre permettrait de renforcer ses certitudes, lui qui est actuellement quatrième européen, derrière l’intouchable Jakob Ingebrigtsen. Il représente donc une vraie chance de médaille pour l’équipe de France.
Makenson Gletty (Heptathlon)
Il avait fait les minimas pour Munich en 2022, mais avec une performance réalisée trop tard, il n’avait pas pu être du voyage en Allemagne. Cependant, Makenson Gletty n’est pas abattu et est reparti au combat cet hiver. Il a battu son record personnel sur l’heptathlon, avec 5 926 points. Ce qui le place à la 11e place européenne. Encore trop bas pour espérer une qualification pour Istanbul, le Français doit encore améliorer son record personnel et franchir la barre des 6 000 points, voire des 6 060 pour se replacer à la sixième place.
Pour cela, il peut gratter des points à la longueur, où il a bondi à 32 cm de son record (7.41 m), mais surtout à la hauteur, où il a sauté à 1,91 m contre un record à 2,05 m. À la perche, il a sauté 4,41 m contre 4,80 m. Tout cumulé, cela pourrait lui rapporter près de 200 points et le faire changer de dimension.
Dimitri Bascou (60 m haies)
À près de 36 ans, Dimitri Bascou, recordman de France du 60 m haies (7.41) est encore là. Il s’entraîne désormais seul, fort de sa longue expérience sur les haies. Et sera un sacré challenger pour un Pascal Martinot-Lagarde ou un Just Kwaou-Mathey, dans une discipline à la densité toujours aussi incroyable en France. Il a couru 7.63 cette saison, preuve de sa compétitivité toujours intacte, malgré les années qui passent. Un chrono qui est d’ailleurs synonyme de minima pour Istanbul.
Pour le moment, il serait du voyage en Turquie, car trois athlètes ont réalisé les minimas. Mais gare à la mauvaise surprise d’un quatrième athlète qui viendrait entrer dans la danse. Dans ce cas-là, celui qui termine le plus loin se verra privé de championnats d’Europe. La dure loi du sport, dans une discipline très relevée. Mais voir le médaillé olympique à Rio continuer à être au niveau européen après des saisons compliquées, est déjà une formidable victoire pour le hurdleur.



