Clément Berthet : « J’espère être encore loin de mon potentiel maximum »
CYCLISME – Signé par l’équipe AG2R-Citroën en début de mois, Clément Berthet a effectué d’excellents débuts en prenant la 14ème place du classement général du Tour de Pologne. Une magnifique place pour ce qui constituait alors sa première course sur le World Tour, mais tout sauf une surprise pour un coureur qui impressionne depuis ses débuts sur route il y a à peine un an. Ses performances, sa marge de progression, son calendrier… le jeune coureur français s’est exprimé pour Dicodusport sur plusieurs sujets.
Il n’était pas attendu mais pourtant, sa progression frise la vitesse de la lumière. Encore absent du cyclisme sur route il y a un peu plus d’un an, Clément Berthet est depuis devenu un véritable espoir français qui performe semaine après semaine. A 24 ans, celui qui était jusqu’alors dédié au VTT est en train d’effectuer une inexorable ascension sur route depuis son premier contrat professionnel signé avec l’équipe ProTeam Nippo-Delko.
Une reconversion à la route arrivée par hasard
Tout va très vite alors que tout cela aurait très bien pu ne jamais arriver. En effet, après avoir effectué l’essentiel de son parcours en VTT, le Rhodanien est arrivé à la route l’été dernier par hasard, comme il nous l’explique.
« J’ai eu l’opportunité de passer professionnel chez Nippo Delko. Ça s’est fait grâce à mon entraîneur actuel qui était licencié de base au même club que moi, mais que je ne connaissais pas spécialement. Il venait de signer avec l’équipe Nippo Delko. Il savait que j’avais de grosses données de puissance, du coup il m’a demandé s’il pouvait les partager avec l’équipe, et au final ça leur a bien plu ! J’ai pu signer chez eux ensuite. Je n’avais rien demandé, ça m’est tombé dessus. Comme j’étais dans une période creuse avec le VTT en raison du Covid en 2020, ce nouveau challenge m’a attiré. »
« Il y a une super ambiance chez AG2R-Citroën »
Depuis, la révélation n’a cessé de prendre de l’ampleur malgré les pépins. En avril dernier, il se fracture la clavicule et doit donc prendre du recul durant plusieurs semaines. Un coup d’arrêt ? Pas vraiment puisqu’à son retour, il enchaîne les performances de haute volée en accumulant les Top 20 sur des courses de haut niveau comme la Mercan’Tour Classic (20e), le Mont Ventoux Dénivelé Challenges (13e) ou encore la Route d’Occitanie (13e). L’équipe Nippo-Delko étant en difficultés financières, ces résultats tombent à pic, et lui ouvrent alors les portes d’un des cadors français du peloton évoluant en World Tour : AG2R-Citroën. Signé jusqu’en 2024, Clément Berthet est ravi de cette opportunité et du chaleureux accueil qui lui a été réservé.
« J’avais déjà vu le staff avant mais sur le Tour de Pologne, c’était la première fois que j’étais avec les coureurs. Cela s’est très bien passé, c’est ce que l’on m’avait déjà dit avant de venir dans l’équipe. C’est une ambiance qui est restée familiale même si elle s’est pas mal développée. Ça s’est bien vérifié puisque j’ai tout de suite été mis à l’aise, il y a une super ambiance et je suis très satisfait de ce côté là. »
🚨 Nouvelle recrue / New rider
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— AG2R CITROËN TEAM (@AG2RCITROENTEAM) August 1, 2021
Une première course par étapes World Tour bouclée à la 14ème place
Cependant, une fois les présentations faites, les choses sérieuses sont arrivées récemment. Comme dit précédemment, du lourd est rapidement arrivé à son programme avec le Tour de Pologne disputé la semaine dernière. Une épreuve du calendrier World Tour pour se lancer dans le grand bain, rien de mieux pour se tester face au gratin du peloton mondial. Pour une course de découverte, le jeune coureur français a répondu plus que présent en décrochant une solide 14ème place au classement général, confirmant ses excellentes prédispositions sur les reliefs vallonnés.
« Si on m’avait dit avant la course que je terminerais 14e, j’aurais signé de suite. Après, je savais que j’avais des bonnes jambes en arrivant. Je ne suis peut-être pas encore au top mais j’étais pas mal. Je ne savais pas trop me jauger par rapport à un peloton de ce niveau puisque je n’avais encore jamais couru en World Tour, mais ça s’est bien passé. »
Merci @AG2RCITROENTEAM pour cette première ! 👊 https://t.co/gOTz2buDhr
— clementberthet (@clem_berthet) August 16, 2021
« J’espère être encore loin de mon potentiel maximum »
La marge de progression est encore réelle chez un jeune coureur de seulement 24 ans. Encore plus lorsque l’on parle d’un garçon qui continue à découvrir de nombreux aspects de course qui lui étaient encore totalement inconnus il y a une grosse dizaine de mois.
« J’espère être encore loin de mon potentiel maximum, c’est aussi pour cela que je m’étais lancé le challenge de faire de la route. Physiquement, je pense avoir pas mal de marge. La longueur des courses est un facteur encore nouveau pour moi. Tactiquement et en termes d’expérience, j’ai encore des lacunes, donc j’espère pouvoir viser plus haut et gagner, ou viser des Top 10 sur des épreuves en-dessous du World Tour. Par rapport à mon niveau actuel, c’est réalisable. »
L’ambition est donc réelle, motivée par une première année professionnelle réussie en termes de résultats. Le plafond est encore très loin d’être atteint. Le coureur a la tête sur les épaules, et sait que sa progression va également passer par l’accumulation de courses plus ou moins réputées lors desquelles son rôle sera amené à changer en fonction de la startlist de son équipe. Aux côtés de coureurs chevronnés et d’expérience comme Greg Van Avermaet, Benoît Cosnefroy ou Ben O’Connor pour ne citer qu’eux, l’équipe française dispose d’un roster de qualité.
Une nouvelle carte à jouer dans les prochaines semaines ?
Malgré tout, Clément Berthet devrait avoir sa carte à jouer sur de courses de seconde zone. On pourrait ainsi le revoir prochainement jouer les premiers rôles durant les semaines à venir, comme il nous le confie.
« Je connais à peu près mon programme pour les prochaines semaines. La suite n’est pas encore définie précisément. Je vais déjà faire le Tour d’Allemagne la semaine prochaine et ensuite je ferai les courses autour de chez moi comme le Tour du Doubs, le Tour du Jura, la Classic Grand Besançon Doubs. Ça peut être des objectifs pour moi, donc on verra ce que ça donne. »
Un programme qui sera désormais uniquement consacré à la route. Si son parcours en VTT, notamment en Espoirs, était prometteur, le Rhodanien a effectué une transition définitive. Ses objectifs seront dirigés vers la route, même si le plaisir du VTT ne sera jamais bien loin. Des objectifs qui pour le moment n’ont pas de limites tant que le jeune coureur poursuit sa progression éclair et linéaire.
« Le VTT n’est pas au programme, mais si j’ai l’occasion, je ferais une ou deux courses par an pour le plaisir. Cette année j’ai pu faire une Coupe de France, c’était super sympa. J’adore toujours le VTT même si j’en fais très peu maintenant. Ce n’est plus la priorité, désormais je suis payé pour faire de la route et je m’épanouis bien dedans. »


