Clémentine Sarlat charge le service des Sports de France Télévisions
Dans un long entretien accordé à nos confrères de L’Équipe, Clémentine Sarlat, ancienne journaliste au service des Sports de France Télévisions, a vidé son sac. Elle évoque notamment son passage douloureux sur le service public.
Clémentine Sarlat n’y va pas par quatre chemins. Après son départ (surprise) du service des Sports de France Télévisions à l’été 2018, la journaliste était restée silencieuse sur les raisons de sa démission. Dans les colonnes de nos confrères de L’Équipe, elle est revenue sur son passage douloureux sur le service public, chargeant par la même occasion les journalistes sportifs du groupe.
Avant d’évoquer le harcèlement moral dont elle a été victime, Clémentine Sarlat est revenue sur la vraie raison de son départ. Nommée co-présentatrice de Stade 2 en mai 2017 avant son congé maternité, la journaliste a vite déchanté. À son retour en janvier 2018, la direction des sports lui annonce qu’elle n’occupera pas le poste. Mais la goutte d’eau est arrivée plus tard :
On m’a mise en RTT sur mes jours de télétravail demandés pour m’occuper plus facilement de mon bébé, ça a été la goutte d’eau. Je leur ai dit : « Vous ne sanctionnez pas les trois quarts des vieux qui ne viennent jamais au boulot. Moi, je bosse de chez moi, j’ai des preuves, et vous me posez des jours dans mon dos ? » J’ai décidé de partir.
Clémentine Sarlat victime de harcèlement moral
Mais le mal est plus profond. Durant son passage sur France Télévisions, celle qui occupait le terrain (de rugby) lors des matchs du XV de France et de Champions Cup a été la cible de nombreuses remarques déplacées, synonymes de harcèlement moral :
J’allais à Stade 2 en pleurant. Pour la préparation de l’émission, personne ne me parlait. Ils m’avaient mise dans un bureau à part, loin des rédacteurs en chef. Je devais prendre mon ordi portable pour me rapprocher et comprendre de quoi on allait parler. Du coup, je n’étais pas impliquée, c’est vrai. Mais j’avais l’impression d’un coup de poignard dans le dos. Surtout que le retour d’un congé maternité est une période fragile pour les femmes…
Un harcèlement qui ne s’était pas cantonné à la fin de son aventure sur France Télévisions. Ses débuts sur le service public ont également été compliqués :
Plus jeune, j’ai travaillé à l’info de France Télé. Un jour, lors d’un duplex, j’ai entendu dans l’oreillette un homme en régie dire : « Tu crois qu’elle suce elle aussi ? » C’est violent.
« Je ne supporte plus ce milieu… »
Désormais indépendante et concentrée sur les podcasts (La Matrescence, un podcast traitant des changements engendrés par la maternité), Clémentine Sarlat ne se voit plus retourner travailler au sein d’une rédaction à plein-temps. « Plus jamais dans une rédac au quotidien ! Je ne supporte plus ce milieu où on te dit : « Arrête de te plaindre, t’as la chance d’être mise en avant » et où, en même temps, on te discrédite en permanence en t’expliquant que tu n’es pas assez compétente, que t’es là seulement parce que t’es blonde aux yeux verts. », déclare-t-elle.
Plus que jamais, le harcèlement moral et la pression exercée sur les femmes dans le milieu de la télévision persiste en coulisses. Contacté par nos confrères de L’Équipe vendredi, le service des Sports de France Télévisions n’a pas souhaité réagir.


