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Champions Cup 2020-2021

Clermont – Toulouse : un classique pas encore européen

Alexandre Jeffroy

Publié le

Clermont - Toulouse - Un classique pas encore européen
Photo Icon Sport

CHAMPIONS CUP – Cette année, les quarts de finale de Champions Cup nous offrent quelques affiches alléchantes. Parmi elles, Clermont – Toulouse (dimanche 16h), qui fait figure de classique du championnat de France. Si leur histoire commune en championnat de France est riche, elle est quasiment inexistante au niveau européen. Ce sommet du rugby français a pourtant toutes les armes pour devenir un grand rendez-vous du rugby européen…

Un bilan équilibré

Entre ces deux grosses cylindrées, l’histoire a débuté en 1927. C’était dans le cadre du championnat de France que ces deux équipes s’étaient affrontées pour la première fois (victoire de Toulouse 3-9). Depuis, 92 affrontements ont eu lieu entre les clubs des préfectures de Haute-Garonne et du Puy-de-Dôme. Le bilan est, d’ailleurs, plutôt équilibré puisque Toulouse s’est imposé à 48 reprises et Clermont 43 fois, pour un seul match nul.

En phases finales, les confrontations sont également récurrentes. Ce sont deux équipes qui jouent clairement les premiers rôles, surtout depuis que le rugby est passé professionnel. Depuis 1994, les deux clubs ont disputé 11 matchs de phases finales. Toulouse en a remporté sept et Clermont quatre. En revanche, depuis le passage au Top 14 en 2005, c’est bien plus équilibré, avec trois succès de chaque côté. Pour ce qui est des finales, l’avantage du Stade Toulousain est certain puisque le club a remporté ses cinq finales face à l’ASM. La dernière en date, c’était en 2019 et Toulouse l’avait emporté sur le score de 24 à 18.

Même si la dernière finale n’a pas laissé un souvenir impérissable du point de vue du contenu, de nombreuses rencontres entre Clermont et Toulouse restent en mémoire. En avril 2019, les deux clubs s’étaient affrontés au Stadium, à Toulouse, pour une orgie de jeu avec un score mirobolant : 47 à 44 pour les locaux ! Il y a huit mois, c’était une des rencontres qui avaient lancé la saison pour le retour tant attendu à la compétition, après six mois d’arrêt. Le Stade Toulousain, qui avait passé une bonne partie du match en double infériorité numérique, avait failli créer l’exploit sur la pelouse auvergnate (33-30).

Un seul affrontement en Coupe d’Europe

Malgré tout, le choc Toulouse – Clermont n’a pas une grande histoire en Coupe d’Europe. En effet, la Coupe d’Europe a été introduite en 1995. Seul un match s’est joué. C’était en 2000, dans le cadre d’un quart de finale que Toulouse avait remporté (31-18). Depuis, aucune rencontre entre ces deux équipes n’a eu lieu. Si Toulouse a fait partie des toutes meilleures équipes à la fin des années 1990 et dans les années 2000 (titré en 1996, 2003, 2005, 2010), Clermont a commencé à s’imposer au cours des années 2010 sur la scène européenne. En effet, les Jaunards ont joué trois finales en moins de cinq ans (2013, 2015, 2017). Après le dernier titre européen en 2010, Toulouse a traversé quelques années compliquées sur la scène continentale. Néanmoins, depuis deux ans, les Toulousains sont redevenus favoris de la compétition, avec deux demi-finales jouées en 2019 et en 2020.

Pourtant, cette absence de confrontations franco-françaises prestigieuses ne manque pas forcément aux acteurs concernés. C’est ce qu’expliquait Morgan Parra au micro de RMC Sport après le match face aux Wasps. « Tu sens le parfum de la Coupe d’Europe quand tu joues des clubs anglais, irlandais, gallois. C’est sûr que j’aurais préféré une équipe étrangère mais c’est comme ça. Il n’y a pas le choix ». En face, l’entraineur du Stade Toulousain, Ugo Mola, en a rajouté une couche en conférence de presse, dans la semaine. « Personne n’est fan de ces chocs franco-français, parce qu’on se côtoie et se rencontre beaucoup. Cette compétition t’amène un peu « d’exotisme », une autre manière de penser ou d’être arbitré. »

Un match de très au niveau attendu

Pour leur deuxième affrontement en Coupe d’Europe donc, Clermontois et Toulousains devraient offrir un spectacle digne de ce nom. En Top 14, ce sont tout simplement les deux meilleures attaques du championnat. Cependant, en huitièmes de finale, les deux clubs n’ont pas autant convaincu l’un que l’autre. Clermont est allé s’imposer chez les Wasps (25-27), dans les derniers instants, au terme d’un match très compliqué lors duquel les Anglais ont dominé la majorité du temps. Mais pour Franck Azéma, le coach clermontois, qui s’est exprimé chez nos confrères de La Montagne cette semaine, cette qualification difficile n’entrave en rien la préparation. « Il y a beaucoup d’imperfections mais on travaille depuis le 1er juin (2020) pour jouer ces matchs-là. »

Pour ce quart de finale, Franck Azéma mise sur l’agressivité face à une équipe qui possède peu de points faibles. « Les agresser physiquement ? C’est la base du rugby. C’est vrai pour toutes les équipes, plus particulièrement sans doute face à Toulouse. » Du côté du Munster, le Stade Toulousain a livré une énorme performance pour prendre son ticket pour les quarts de finale (33-40). D’ailleurs, ce n’était que la première fois que les Rouge et Noir s’imposaient sur la mythique pelouse de Thomond Park. Le coach Toulousain revient sur ce huitième sans oublier l’essentiel. « C’est un match qui marque, mais à condition seulement qu’il y ait une suite derrière. Si on s’arrête là, ça restera un joli match, mais pas plus… ».

Un favori en déplacement

Le Stade Toulousain parait donc favori, notamment pour l’entraineur de l’ASM, Franck Azéma. « Toulouse ? C’est l’équipe en forme du moment. Toulouse est la seule équipe à avoir gagné à La Rochelle par exemple. Quand tu vois toutes les stars qui composent son effectif, tous les internationaux, c’est logique de les retrouver là. » D’ailleurs ce statut de favori fait l’unanimité, même du côté d’Ugo Mola. « Je veux bien endosser n’importe quel rôle, et je laisse d’ailleurs à nos amis clermontois le statut d’outsider qui leur va si bien… ».

Pourtant, Ugo Mola a bien conscience qu’il y a également plusieurs éléments en faveur des Clermontois, comme le privilège de recevoir. « On n’a pas gagné au Michelin depuis 2002. Cela fait presque 20 ans ! Et en moyenne, il n’y a que 25 % des quarts qui sont gagnés par une équipe jouant à l’extérieur… Le tout mis ensemble, statistiquement, ça réduit les chances.» Effectivement, depuis 19 ans, le Stade Toulousain cherche un succès au Michelin. Même si les deux acteurs préfèrent se rencontrer en championnat de France, on ne peut pas imaginer qu’ils ne se retrouvent pas à nouveau dans le futur, lors de matchs couperets de Champions Cup. Ce quart de finale peut lancer une rivalité européenne entre ces deux clubs.

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Alexandre Jeffroy


Journaliste/Rédacteur depuis octobre 2020 - Bolt qui foudroie le record du monde du 100 mètres, les derniers essais de Dominici, les premières charges dévastatrices de Bastarocket... de beaux souvenirs pour une grande passion, celle du sport. L’histoire du sport aussi. Comprendre le rôle qu’il a eu, celui qu’il a et celui qu’il aura dans notre société. Le sport au passé, au présent, au futur. Le sport tous les jours, matin, midi et soir. A défaut d’être un grand sportif, je suis et je raconte l’actualité et l’histoire des championnes et des champions qui savent se dépasser pour accomplir des merveilles.

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