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Coupe du monde de rugby : L’Italie peut-elle faire trembler les All Blacks ?

Etienne Goursaud

Publié le

Coupe du monde de rugby L'Italie peut-elle faire trembler les All Blacks
Photo Icon Sport

COUPE DU MONDE DE RUGBY 2023 – L’Italie et la Nouvelle-Zélande s’affrontent le 29 septembre prochain. Un match sans doute décisif pour la qualification en quarts de finale. Les Italiens aborderont la rencontre devant les Néo-Zélandais au classement. Peut-on assister à une gigantesque surprise ? On pèse le pour et le contre.

L’Italie est en progrès

Longtemps nation un peu risée du Tournoi des 6 Nations, avec 36 défaites de rang dans le tournoi, jusqu’à ce succès de prestige, à Cardiff, face au Pays de Galles (22-21). Un succès arraché dans les derniers instants, avec un rush d’Ange Capuozzo et l’essai d‘Eduardo Padovani. Un succès fondateur, puisque les Italiens avaient déjà fait une bonne prestation contre les Écossais et une défaite 22-33. Cela avait alors lancé une dynamique. Car ensuite, pour la première fois de son histoire, la Squadra Azzurra s’est offerte un succès contre l’Australie (28-27), le 12 novembre 2022. Si ce n’est pas la meilleure période de l’histoire de l’Australie, cela reste une victoire fondatrice.

Et pendant une mi-temps, les Italiens ont contrarié les champions du monde sud-africains, avant de s’écrouler après la 50ᵉ minute (21-63). Mine de rien, si l’Italie a terminé le Tournoi des 6 Nations 2023 avec la cuillère de bois, elle a embêté toutes les équipes. En particulier la France, lors du match inaugural (24-29). Pour des défaites de 5, 17, 14, 12 et 12 points durant cette édition. Et les matchs de préparation ont confirmé la tendance, avec des défaites honorables (26-14 et 25-13 contre l’Écosse et 33-17 contre l’Irlande). Avant de dominer largement le Japon (42-21) et la Roumanie (57-7).

Cette équipe s’est solidifiée, avec un bon buteur en la personne de Tommaso Allan, une belle charnière, avec le jeune Paolo Garbisi (23 ans), titulaire à Montpellier, et Stephen Varney (22 ans), qui joue à Gloucester en Premiership. Sans oublier le détonateur toulousain Ange Capuozzo (24 ans). Mais, l’Italie peut aussi s’appuyer sur des avants solides. À l’image du duo Michele Lamaro et Lorenzo Cannone. Meilleurs plaqueurs du match contre la Namibie (19 et 13 plaquages réussis et 100 % de réussite pour les deux). Lorenzo Cannone a également battu quatre défenseurs namibiens, avant de régner également dans le domaine défensif face à l’Uruguay. Une très grosse activité pour le numéro 8. Qui peut rappeler celle d’un certain Grégory Alldritt.

Les Blacks peuvent avoir la pression

Contrairement aux Al Blacks, l‘Italie a fait le sans-faute en cette entame de Coupe du monde. Évidemment, la Namibie, défaite par les Italiens (52-8), n’est pas du standing – loin de là – des Bleus, sur lesquels se sont cassés les dents les Néo-Zélandais (13-27). Les Transalpins ont ensuite disposé de l’Uruguay (38-17), avec un deuxième acte de qualité. Mais, cela place l’Italie en tête de la poule, avec 5 points, contre 0 pour la Nouvelle-Zélande. Entre-temps, la Nouvelle-Zélande s’est en partie rassurée face à la Namibie (71-13).

On se retrouve ainsi dans une configuration assez limpide : l’Italie défiera la Nouvelle-Zélande avec cinq points d’avance sur cette dernière. Et, pour la première fois de leur histoire en Coupe du monde, la Nouvelle-Zélande pourrait jouer avec la peur au ventre en phase de poules. Et c’est là qu’on se souvient que cette Italie a tenu la dragée haute à l’Afrique du Sud, pendant près de 50 minutes. Si les Italiens ont ensuite explosé, c’est évidemment physiquement. Mais aussi parce que les Sud-Africains n’avaient pas la pression d’un match à enjeux. Imaginons un scénario dans lequel, à la 45ᵉ minute de jeu, les Italiens sont dans la cadence des Néo-Zélandais. Que peut-il se passer dans la tête des All Blacks, qui ont souffert physiquement face aux Bleus, après la 50ᵉ minute de jeu ? Là où les Italiens ont encore progressé dans ce domaine.





La Nouvelle-Zélande toujours impériale contre l’Italie

Ceci dit, l’Italie peut se heurter à un plafond de verre. Jamais ils n’ont battu la Nouvelle-Zélande en match officiel. Pire encore, le plus petit écart est de 14 points, le 14 novembre 2009 (6-20). Jamais, dans leur histoire, les Italiens n’ont pu espérer, ne serait-ce qu’une minute, remporter un match face aux All Blacks. Et les derniers matchs ne tendent pas vers l’amélioration. Les trois derniers affrontements ont été douloureux : 10-68 en 2016, 3-66 en 2018 et 9-47 en 2021. Autant dire que les Néo-Zélandais vont aborder la rencontre dans la peau de grand favori, et avec ce sentiment d’être capable de maîtriser les Italiens.

L’Italie a toujours failli en Coupe du monde

Positionnés dans la poule de la mort en 2019, avec la Nouvelle-Zélande (déjà) et les futurs champions du monde sud-Africains, les Italiens ne sont pas sortis de la phase de poules, comme à chacune de leurs participations en Coupe du monde. Si le match contre les Néo-Zélandais a été annulé (match nul) à cause du typhon Hagibis au Japon, la Squadra Azzurra a subi la loi des Sud-Africains (49-3). Dans la poule de la France et de l’Irlande en 2015, les Italiens n’ont pas plus pesé. S’inclinant 32-10 face à une très faible équipe de France, qui se fera rouster en quarts de finale contre la Nouvelle-Zélande. Les Italiens avaient manqué l’opportunité face à une équipe d’Irlande crispée (16-9).

En 2011, les Transalpins, positionnés avec l’Irlande (encore) et l’Australie, ne pèsent pas bien lourd. Ils s’inclinent 32-6 contre les Wallabies avant de subir une nouvelle grosse défaite, 36-6 contre le XV du Trèfle. Pour l’heure, l’Italie n’a jamais vraiment eu l’occasion d’espérer renverser un gros en Coupe du monde. Et c’est ce qu’il faudra faire contre la Nouvelle-Zélande. Où contre la France. Mais ça, c’est un autre débat.

 

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