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Coupe du monde de ski alpin

Coupe du monde de ski alpin : Odermatt, Sarrazin, déceptions, bilan de la saison masculine

Victor Clot-Amiot

Publié le

Coupe du monde de ski alpin Odermatt, Sarrazin, déceptions, bilan de la saison masculine
Photo Icon Sport

COUPE DU MONDE DE SKI ALPIN 2023-2024 – Alors que la saison vient de s’achever, Dicodusport vous dresse un premier bilan, d’un circuit masculin entaché par de nombreuses annulations.

La domination : Marco Odermatt

Imperturbable ? Imbattable ? Indétrônable ? Les superlatifs ne manquent pas pour désigner le Suisse, vainqueur de son troisième gros globe consécutif. Cette saison, Marco Odermatt a tout simplement concouru dans une autre cour ne laissant que des miettes à la concurrence. Au terme des finales, amputées de l’ultime descente, Odermatt a achevé sa saison avec un sacré excédent de bagage : le Suisse a ainsi remporté, en plus du gros globe, ceux de la descente, du Super-G et du géant, autrement dit, ceux de toutes les disciplines auxquelles il a pris part au cours de la saison !

En outre, on pouvait imaginer que deux records allaient tomber au terme de la descente. Celui du nombre de victoires en une saison, qu’il co-détenait avec les légendes que sont Ingemar Stenmark, Hermann Maier et Marcel Hirscher (13) ainsi que le record du nombre de points inscrits en une saison qu’il détient seul (2042 points la saison dernière). La météo autrichienne en a décidé autrement : le Suisse s’arrête donc à 13 victoires à nouveau et un beau butin de 1947 points (le troisième meilleur total de l’histoire). Il a en outre remporté les neuf géants disputés cette saison avant les finales (sorti en deuxième manche à Saalbach) et en prenant en compte les résultats de la saison dernière, a signé douze succès de rang et vingt-six podiums d’affilée dans la discipline. La domination est totale.

La sensation : Cyprien Sarrazin

Son potentiel dans les disciplines de vitesse était déjà connu. La saison dernière, Cyprien Sarrazin avait impressionné déjà. Si son meilleur résultat restait une sixième place à Val Gardena, son engagement total lui avait néanmoins été préjudiciable : il n’avait pas achevé cinq des descentes et Super-G auxquels il avait participé. Semblant plus tempéré cette saison, oscillant entre la prise de risque et le fait de laisser filer les skis en comptant sur son talent naturel, le Français a ébloui.

Il totalise en effet six podiums dont quatre succès en douze courses (sans compter les géants) et surtout un doublé quasi historique à Kitzbühel. Avant lui, seuls huit skieurs avaient réalisé une telle prouesse sur la Streif. Néanmoins, une blessure au mollet l’a tenu éloigné des épreuves de Kvitfjell fin février, réduisant ses ambitions au classement de la descente. À l’aube des finales, le Tricolore restait toutefois un danger pour Marco Odermatt. Alors qu’il pouvait devenir le premier français vainqueur du petit globe de descente, depuis Luc Alphand en 1997, l’annulation de la course a annihilé ses ambitions. La saison prochaine s’annonce donc bouillante !

La confirmation : Manuel Feller

Lui n’était pas un inconnu cette saison. Avant l’exercice 2023-2024, l’Autrichien comptabilisait déjà 18 podiums sur le circuit Coupe du monde, depuis ses débuts en 2018. Pourtant, il a si longtemps traîné la réputation d’un skieur intrépide et risque-tout, partant à la faute très souvent, trop souvent. De fait, il ne comptabilisait que deux succès avant cette saison. Néanmoins, le Tyrolien est devenu maître dans l’art de la régularité. Cette saison, il a achevé l’ensemble des slaloms disputés. Son dernier abandon dans la discipline remonte ainsi au slalom de Kitzbühel en janvier 2023. Naturellement, cela a payé. Manuel Feller a donc remporté, à 31 ans, son premier petit globe de slalom et terminé la saison à la troisième place du général de la Coupe du monde.



Avec 952 points, il surpasse son meilleur total qui datait de la saison 2021-2022 (687 points). Mieux, il porte ainsi son total à six victoires en carrière dont quatre rien que cette saison ! En géant, le bilan est un peu plus contrasté puisqu’en dépit de deux podiums, il achève sa saison à la neuvième place au classement de la discipline.



L’éclosion : Steven Amiez

Alors qu’il n’avait marqué des points qu’à une seule reprise en Coupe du monde, Steven Amiez a passé un cap cet hiver. Avant et depuis sa dix-septième place à Garmisch en 2022, le Français comptabilisait 17 échecs en slalom : à chaque fois, il était soit sorti, soit il n’était pas parvenu à se qualifier en deuxième manche. Pourtant, en 2024, la situation est tout autre. En sept slaloms disputés avant les finales, le fils de Sébastien Amiez, vice-champion olympique en 2002 et vainqueur du petit globe de slalom en 1996, a réalisé la performance de se qualifier à chaque fois en deuxième manche. Mieux, il a achevé toutes ses courses et signé trois top 10 dont une sixième place.

Résultat des comptes ? Le skieur de Courchevel pointe désormais à la treizième place à la WCSL qui détermine l’ordre des dossards, alors qu’il s’élançait bien au-delà du top 30 en début de saison. Sorti lors des finales, le Français achève sa saison à une prometteuse quatorzième place au classement du globe de slalom.

Au rayon des satisfactions françaises, on peut également mentionner Léo Anguenot qui a suivi à peu près la même trajectoire. S’il n’a pas encore de résultat référence (une treizième place cette saison comme meilleur résultat), le Français s’est fait une place régulière parmi les trente premiers en géant. Sur le slalom, le constat est moins saisissant puisqu’il n’a bouclé qu’une de ses sept courses de la saison. En géant, il a terminé huit de ses neuf géants (trois top 20) contre un sur dix en Coupe du monde avant cette saison. Malheureusement pour lui, il terminait sa saison aux portes des finales, réservées aux 25 meilleures pour une petite place, étant vingt-sixième.

Les déceptions : Les blessures et annulations

On regrettera néanmoins les annulations à la pelle et les nombreuses blessures qui, si elles n’auraient sans doute pas empêché Marco Odermatt de remporter un deuxième gros globe, ont inévitablement réduit à néant le suspense déjà faible au début de la saison. La saison a d’ailleurs débuté par l’annulation du géant de Sölden en octobre, alors que les premiers concurrents avaient déjà pris le départ. Pire encore, sur les neuf premières courses, seules deux ont été disputées. Les quatre premières descentes n’ont pas fait exceptions puisque là encore, les annulations ont été légion jusqu’à l’annulation de l’ultime course de la saison. Le choix d’étaler les finales sur deux semaines (contre une auparavant) pour des arguments liés à la diffusion télé, a fait polémique. De nombreuses voix estimaient ainsi que les condenser en une semaine, comme à l’accoutumée, aurait permis de rattraper quelques courses annulées.

Par ailleurs, en l’absence de Lucas Braathen, qui a annoncé, juste avant le début de la saison, qu’il se retirait suite à un conflit avec sa fédération, les outsiders ont été nombreux à devoir mettre un terme à leur saison de manière prématurée. D’abord, Marco Schwarz a vu ses espoirs de gros globe s’envoler fin décembre, lors de la descente de Bormio. Alors qu’il en faisait un objectif et avait prévu de disputer toutes les courses de la saison, il laissait finalement la voie libre à Odermatt.

Ensuite, Alexis Pinturault et Aleksander Aamodt Kilde, respectivement vainqueurs du gros globe en 2021 et 2020 ont, eux aussi, fait face à la blessure. Le Français est actuellement en rééducation à la suite d’une grave blessure au genou subie lors du Super-G de Wengen mi-janvier, alors que le Norvégien a quant à lui subi une terrifiante blessure au mollet lors de cette même étape en Suisse. Alors que le cirque blanc vient de tirer le rideau dans les prochains jours, les regards, pour eux, sont déjà tournés vers la saison prochaine.

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