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Cyclisme : Ces coureurs qui n’étaient pas prédestinés à remporter un Grand Tour

Etienne Goursaud

Publié le

Cyclisme Ces coureurs qui n'étaient pas prédestinés à remporter un Grand Tour
Photos Icon Sport

CYCLISME – Récemment, on a appris que Wout Van Aert serait probablement le leader de la future Visma – Lease a Bike sur le prochain Giro. Le Belge n’était pas forcément prédestiné à briller en Grand Tour. Mais d’autres, auparavant, ont triomphé alors qu’on ne les attendait pas à ce niveau-là en montagne.

Laurent Jalabert – Vuelta 1995

Laurent Jalabert appartient à l’histoire de la Vuelta. En plus de la remporter en 1995, la première année où il a lieu en septembre, le Français y remporte tous les classements annexes. Seul Tony Rominger, en 1993, a réussi cette performance. Et dans les autres Grands Tours, seul Eddy Merckx, sur le Giro 1968 et le Tour de France 1969, y est parvenu. Pourtant, pas grand-chose ne destinait le Français à triompher sur un classement général d’un Grand Tour. Car jusqu’en 1994 inclus, il avait plutôt un profil de sprinteur puncheur. Maillot vert du Tour de France 1992 grâce à cette polyvalence. Mais un évènement va changer sa vie et sa carrière. À Armentières, lors de la première étape du Tour 1994, il est pris dans une terrible chute, lors du sprint massif. Plusieurs fractures du visage. Il frôle la correctionnelle.

Dès lors, il change de profil. Le sprinteur devient un coureur complet. Qui commence par remporter Paris-Nice en 1995. Une course à étapes avec de la montagne. Il prend la 2ᵉ place du chrono du Col d’Eze, devant Alex Zülle. Il remporte Milan-San Remo et La Flèche-Wallonne. Il enchaîne avec le Tour de Catalogne (qui se disputait alors juste avant le Tour). Avant de prendre la 4ᵉ place du Tour de France, remportant un second maillot vert. Quatrième, mais jamais vraiment en mesure de contester la victoire à Miguel Indurain. Mais sur la Vuelta, il impressionnera, avec cinq succès en plus du maillot de oro. Ce sera sa seule victoire en Grand Tour, la suite de sa carrière sera marquée par de grands échecs sur les courses de trois semaines.

Ryder Hesjedal – Giro 2012

Peut-être LA surprise du 21ᵉ siècle, avec Oscar Pereiro sur le Tour de France 2006. Mais à la différence de l’Espagnol, le Canadien va remporter le Tour d’Italie 100 % à la pédale. Présent en montagne, notamment dans le Stelvio, juge de paix de l’ultime étape de montagne, il étonne. Domine Ivan Basso, résiste à Joaquin Rodriguez. Qui perdra le maillot rose à l’issue de l’ultime étape chronométrée.

Difficile d’imaginer tel destin pour Ryder Hesjedal. Oui, il a terminé 6ᵉ du Tour de France 2010. Mais bénéficiant des circonstances de course, mais aussi des disqualifications d’Alberto Contador et de Denis Menchov. Il a néanmoins eu le mérite d’être régulier en montagne, terminant 3ᵉ au sommet du Tourmalet. De jolies performances, pour quelqu’un peu prédestiné à briller en haute montagne. Il prendra ensuite la 5ᵉ place d’un Giro 2015 qu’il termine en boulet de canon. Mais sans jamais retrouver son niveau et son état de grâce de mai 2012.

Ryder Hesjedal vainqueur surprise du Giro 2012

Ryder Hesjedal vainqueur surprise du Giro 2012

Bradley Wiggins – Tour 2012

Cette année 2012 est riche en premières. Après le premier Canadien vainqueur sur un Grand Tour, place au premier Britannique lauréat du Tour de France. Quatre ans avant son sacre, qui aurait pu prédire que l’Anglais, habitué à briller sur les chronos, mais surtout en poursuite sur piste, allait triompher sur la plus grande course à étapes du monde ? Peu de monde et peut-être même pas lui-même.





La métamorphose intervient en 2009. Il perd du poids et étonne sur les routes du Tour de France. Il s’accroche en montagne et prend la quatrième place du classement général. Il sera même troisième après la disqualification d’un certain Lance Armstrong. L’année 2010 sera plus dure, mais il poursuit sa progression en 2011, épinglant le Critérium du Dauphiné à son palmarès. Avant d’être hors-jeu dès le début du Tour de France, sur chute. L’année 2012 sera parfaite, avec Paris-Nice, et le Critérium du Dauphiné. Avant de dominer le Tour, remportant le contre-la-montre et profitant du travail de son surpuissant équipier Christopher Froome en montagne. Ce Tour sera le seul Grand Tour de son palmarès. Il abandonnera le Giro 2013.

Tom Dumoulin – Giro 2017

Une métamorphose qui rappelle un peu celle de Bradley Wiggins. Mais qui est intervenue plus jeune, et un peu moins brutale que l’Anglais. Ce qui classe Tom Dumoulin un peu moins au rang des surprises. Mais c’est vrai que c’était difficile de l’imaginer, en 2014, comme un futur vainqueur de Grand Tour, malgré une 17ᵉ place sur un Tour de Lombardie très montagneux. Mais 2015 donne déjà le ton. Une 4ᵉ place sur le Tour de Catalogne, une 3ᵉ place sur le Tour de Suisse, avec une 10ᵉ place au sommet de Sölden. Surtout, il manque de très peu la victoire finale de la Vuelta. Malade, il ne s’effondre que lors de l’ultime étape de montagne, alors qu’il portait le maillot rouge. Pour terminer finalement 5ᵉ du classement général. Les bases sont posées.

En 2016, il remporte une étape de montagne sur le Tour de France, en échappée sur les hauteurs d’Arcalis, sous la grêle. En 2017, il l’annonce, il vise le classement général du Giro. Fort de ses capacités en contre-la-montre, il prend le maillot rose très tôt. Et va étonner en s’imposant au sommet d’Oropa, dominant tous les grimpeurs. Malgré une fin de Giro plus difficile, il parvient à reprendre le rose, lors de l’ultime chrono de la dernière étape. En 2018, il prendra la 2ᵉ place du Giro et du Tour de France, étant le seul coureur au 21e siècle, avec Chris Froome (la même année), à terminer sur le podium du Giro et du Tour la même année. Sa fin de carrière sera plus compliquée, marquée par un certain dégoût du vélo. Aujourd’hui, il boucle des semi-marathons en 1h10. Preuve de ses capacités.

Tom Dumoulin entouré de Nairo Quintana et Vincenzo Nibali sur le podium du Giro 2017

Tom Dumoulin entouré de Nairo Quintana et Vincenzo Nibali sur le podium du Giro 2017

Geraint Thomas – Tour 2018

D’abord spécialiste de la piste, où il a remporté deux titres olympiques en poursuite par équipes, en 2008 et 2012, Geraint Thomas, s’est ensuite spécialisé sur route. Notamment sur les classiques pavées. Il remporte le GP E3 en 2015, l’une des grandes répétitions avant le Tour des Flandres. Il terminera dans le Top 10 de cette épreuve, mais aussi de Paris-Roubaix en 2014. Mais c’est aussi en 2015 qu’il commence à étonner en montagne. Sur le Tour de France, il accompagne très longtemps Chris Froome son leader. Il est même 4ᵉ du général au matin de la 19ᵉ étape. Avant de craquer.

En 2018, après quelques échecs en tant que leader unique, il se retrouve leader-bis, après sa victoire sur le Dauphiné, avec Froome, qui vient de remporter le Giro. Ses victoires sur les pentes de La Rosière et de l’Alpe d’Huez, le propulsent en jaune. Il ne lâchera plus ce beau maillot. Impérial dès que la route s’élève et disposant d’un jeune Egan Bernal pour emmener le tempo. Et d’un Chris Froome pour l’aider. Depuis, il montre une certaine constance en Grand Tour, malgré un creux en 2020 et 2021. Il termine 2ᵉ du Tour 2019, 3ᵉ du Tour 2022. Et est passé à une étape de remporter le Giro cette année, craquant dans les derniers hectomètres du Monte Lussari, juge de paix de ce Giro.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Avatar

    Le Roux

    2 novembre 2023 à 14h05

    Il ne faut pas oublier que Laurent Jalabert dans les catégories jeunes et amateur se distinguait sur tous les terrains….C’est chez les professionnels qu’ on l’a orienté comme routier sprinter….

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