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Cyclisme sur route

Cyclisme : La retraite d’Alessandro De Marchi marque-t-elle la fin d’une époque ?

Olivier Dobiezynski

Publié le

Cyclisme La retraite d'Alessandro De Marchi marque-t-elle la fin d'une époque
Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE 2025 – Il y a quelques jours, l’éternel attaquant italien Alessandro De Marchi, 38 ans, annonçait mettre un terme à sa carrière à la fin de la saison. Retour sur une retraite pas si anodine au sein des pelotons professionnels.

Maitre des cîmes, dompteur de cols, roule-toujours : les qualificatifs ne manquent pas pour louer le comportement en course d’Alessandro De Marchi. Le natif du Frioul, baroudeur infatigable devant l’éternel, aura littéralement marqué son époque par ses chevauchées fantastiques, et son comportement offensif en course. Qui pourrait oublier ses 500 km passés à l’avant lors du Tour de France 2014 et son prix de la combativité bien mérité ? Et voilà que fin 2025, le coureur italien, qui appartient actuellement à la formation Jayco AlUla, a décidé de ranger son vélo au garage, laissant derrière lui une idée romantique d’un cyclisme d’un autre temps.

Sept victoires professionnelles

Malgré tout, Alessandro De Marchi s’est construit un palmarès tout à fait honnête, même s’il apparait loin des lauriers qu’il aurait dû récolter eu égard à son caractère irréprochable d’attaquant. Il a obtenu trois succès d’étape sur la Vuelta suite à des échappées au long cours. Toujours désintéressé par les classements généraux, le Transalpin a aussi glané une étape sur le Critérium du Dauphiné en 2013.

En deuxième partie de carrière, grâce à ses solides capacités de rouleur, il s’est offert deux belles classiques italiennes de fin de saison, le Tour d’Emilie en 2018 et les Trois Vallées Varésines en 2021. Un palmarès qui apparait comme relativement maigre si l’on considère les milliers de kilomètres d’effort inutile à l’avant des courses. Cruel métier que celui de baroudeur, qui le rend immédiatement sympathique aux yeux des suiveurs. De Marchi était de ceux-ci.

Le baroudeur grimpeur, espèce en voie d’extinction

Après la retraite de Thomas De Gendt, non officielle, l’an passé, le peloton perdra ainsi en fin de saison un autre de ses coureurs attachants associé à un cyclisme d’antan. Un cyclisme fait de panache, d’effort pur et de grandes chevauchées en montagne. Un rôle d’autant plus glorifiant que De Marchi, comme son homologue belge, produisait à côté, au besoin, un travail d’équipier de très bonne facture.

On peine dorénavant à trouver des noms pour succéder aux légendes du genre. Les frères Mattia et Davide Bais ou encore Samuele Zoccarato souhaiteraient volontiers s’inscrire dans cette tradition, mais ne possèdent pas le niveau physique de leurs aînés. Le néo-pro Français Baptiste Veistroffer (Lotto) semble posséder un tel tempérament, mais dans un registre différent sur des courses moins escarpées.

Le reflet d’un changement d’ère et d’un nouveau cyclisme ?

Difficile dès lors de trouver un successeur à l’attachant Italien, que l’on pourrait porter comme dernier des Mohicans, bien que ses dernières années professionnelles soient plus discrètes en la matière, l’âge avançant inexorablement. Ainsi, sa retraite pourrait bien être perçue comme un véritablement changement d’époque et donc, tel un symbole, un tournant dans la philosophie de la Petite Reine.





En effet, l’éclosion d’une nouvelle génération de plus en plus précoce et ultra-dominatrice ne va pas aider à la survie des baroudeurs romantiques. Tadej Pogacar, Remco Evenepoel jusqu’à Albert Philipsen : autant de noms formés dans des structures très scientifiques, technologiques et mathématisées. Structures calculées pour tout dominer, partout, sans partage.

Il ne s’agit pas de dénigrer ce nouveau cyclisme, simplement différent. Mais force est de constater qu’il ne laisse plus de place aux sentiments et au charme d’antan. Aussi, la retraite de De Marchi, si elle ne bouleverse bien évidemment pas les forces en présence, pourrait symboliser la transition entre deux visions du cyclisme.

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